‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 52 sur 78 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le premier moyen à employer contre la Franc-Maçonnerie est d*emp6cher son recrutement.

Le premier moyen pour voir s'éteindre la Franc-Maçonnerie avec les membres qui la composent est de ne jamais s'y affilier. Le but exécrable qu'elle poursuit et les moyens criminels qu'elle emploie pour l'atteindre, sont bien de nature à inspirer a toute âme honnête une grande répulsion ; et cependant, telle est la puissance de l'attrait du mystère, que ni la religion, ni la raison, ni le sacrifice de sa liberté, ni les noirs forfaits auxquels il sera associé, rien n'est capable d'arrêtt^r l'homme qui a la curiosité de voir de près les mystères de la Maçonnerie et qui ne se soustrait pas au souffle et au regard fascinateur de ce monstre. Je vis un jour, sur un buisson, cinq petits oiseaux qui poussaient des cris de détresse ; ils voltigeaient et paraissaient lutter contre une force insurmontable qui les faisait descendre de branche en branche par petits bonds. Étonné de ce phénomène, je m'approche pour en découvrir

la cause ; el les oiseaux continuent leur mouvevement de descente, en poussant les mêmes gémissements, san^ paraître effrayés de ma présence : je tends la main pour en saisir un, lorsqu'un énorme serpent sort du buisson et glisse précipitamment à travers les grandes herbes. Au même instant, les oiseaux s'élèvent dans les airs en faisant enteodre le dàsxii de la délivrance. Voilà la peinture de ce qui se passe quand un malheureux se laisse prendre aux filets de la Maçonnerie. Les innocents oiseaux voyaient le serpent, ils savaient qu'il se préparait à les dévorer, et ils avaient des ailes pour fuir; comment donc, «u lieu de le fuir, s'approchaient-ils de plus en plus de lui? C'est par la vertu de la fascinaiioB: c'était Teffet du regard du 'seq>ent sur le regard des oiseaux. Si T oiseau ne regarde le serpent que de loîti., omne k regwrde pas du toot., fût-il deva&t lai, il échappe à cette inâisieBce natystérieuse, et il fuit le 'Serpent avec la rapidité de l'éGlair. Le càirétien a les lumières de la raison et les ailes puissantes de la foi, pour «échapper à la Maçonnerie; il peiiit impunément «la regarder de loin, il peut B3^me se trouver près d'elle, à côté d'elle, sans qu'elle ait 4a vertu de l'attirer ; mais s'il la regarde de trop près et si i»an regard rencontre le sien, c'«st-à-dire, s'il fréqaente le franc-maçon, s'il éeoute volontiers ses suggestions, s'il devient son ami, il finit par être «Easciné, et, malgré les résistances de sa jconscience et l'espèce de terreur

dont il est saisi, le mouvement de l'orgueil fortifié par l'attrait du mystère le pousse dans l'antre du monstre. Les engagements sacrés de son baptême, qu'il va violer; l'amitié d'une épouse, qu'il va plonger dans les larmes et la tristesse ; l'inno* cence de ses enfants, dont il va empoisonner la joie, rien ne l'arrête ; il cesse d'être le membre de Jésus-Christ et se fait membre ide Satan, et il scelle cette horrible union par d'exécrables serments.

Dès ce moment, le franc-maçon, non seulement ne participe plus à la vie de l'Église, mais il en est encore séparé corporellement. L'Église, avec le glaive de l'excommanioation majeure, a coupé lous les liens visibles qui le rattachaient à son corps : il ne peut plus participer à ses sacrements, ni à ses cérémonies, ni à ses bénédictions ; ses cendres sont indignes de reposer dans le cimetière chrétien, à l'ombre de laiCroix, de ce gage sacré de notre glorieuse résurrection et de nos éter*nelles espérances K.

1. Le pape Clément XII, en 1738, a «oûiiaauié solenneUemaut toutes les sociétés secrètes, et a défendu, sous peine d'excdœ* munication à encourir par le seul fait, de s'y faire abréger, BOUS quelque prétexte qu« ^e soit. 11 a frappé de la même peine tous ceux qui favorteôut ces sociétés de quelque manière que ce soit, secrètement on ouyertement, directement ou .indirectement, en leur donnant conseil, en les protégeant, en assistant à leurs assemblées. Les mômes peines ont été cohfirmées par tous les successeurs de Clément XII, particulièrement pw Benoît XIV, Pie VII, Léon XII, Pie IX et Léon XIII. Pie VU avait en outre imposé à tons les fidèles, sous la même peine d'excommunication, l'obligation de dénoncer à ceux qui ont

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Ce n'est pas toujours â*une maniëre consciente que rhomme devient franc-maçon. Il y en a qui le sont, et qui croient n'appartenir qu'à une société philanthropique. La Secte infernale est habile à tendre ses pièges; la chasse à la pipée surtout lui réussit admirablement. Avec la glu des secours, avec la glu de la protection, avec la glu des emplois et des dignités qu'elle promet, elle fait d'innombrables victimes; car rien ne manque à son appât, pas même la voix de la chouette, qui trompe les imprudents oiseaux. La Maçonnerie a ses embaucheurs et ses brillantes promesses; elle sait distinguer ceux qui peuvent servir d'instruments pour la propagation de son œuvre, et à ceux-là elle montre la prospérité et l'avancement que sa protection assure; elle sait que les ouvriers des villes et ceux qui travaillent dans les usines et les industries sont plus faciles à gagner et plus faciles à devenir révolutionnaires que les ouvriers des champs ; c'est donc principalement dans les rangs

une charge pastorale selon la rigueur du droit, c'est-à-dire, aux évéques oa à ceux qui exercent une charge quasi-épiscopale, tous ceux qui se sont affiliés à la Maçonnerie, ou se sont rendus coupables de quelqu'un de ses forfaits. Par sa constitution Apostolicx Sedis du 4 des ides d'octobre 1869, Pie IX a confirmé les peines portées par ses prédécesseurs contre les affiliés aux sociétés secrètes et contre ceux qui les favorisent d'unie manière quelconque, mais il a restreint l'obligation de la dénonciation. Il n'oblige pas à dénoncer ceiix qui se font les instruments de la maçonnerie et commettent ses crimes, ni même tous ceux qui lui sont affiliés; il oblige seulement à dénoncer leurs coryphées et leurs chefs occultes.

des premiers qu'elle fait ses recrues. L'émigrant est pour elle une proie facile à saisir; elle le sait trop bien. Hélas ! à peine le voyageur est-il arrivé dans la ville ou le département où il est allé exercer son industrie et se procurer quelque gain, que l'émissaire de la Maçonnerie, sous le masque de la bienfaisance et de la fraternité, s'empare de lui et l'attire dans la Secte par les promesses les plus mielleuses. Une fois enrôlé, il remplace peu à peu ses croyances et ses pratiques religieuses par les doctrines et les rites maçonniques, et, en peu de temps, il devient un homme nouveau, l'homme de Satan, prêt à faire activement son œuvre. Il devient embaucheur à son tour, fait de la propagande, et ceux qu'il ne peut gagner de vive voix, à cause de la distance qui le sépare d'eux, il tente de les gagner en leur envoyant les livres et les journaux consacrés à la défense et à la propagation de l'impiété et de l'immoralité. C'est ainsi que certaines J)aroisses de Dion diocèse qui, de prime abord, paraissent devoir le plus échapper à k contagion, sont inondées d'écrits maçonniques. En traçant ces lignes, mes yeux se mouillent de larmes et mon cœur se brise, à la vue des ravages que la presse ïnaçonnique a déjà faits en Savoie, cette terre 3^utrefoissi catholique! C'est un déluge dont les ^^ux fangeuses remplissent les vallées et s'élèvent s^r les montagnes, au-dessus de toutes les habitations, et arrivent aux dernières cimes, où elles

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atteignent et étouffent la foi du pâtre comme celle de l'ouvrier des villes.

Pères et mères qui entendrez ce cri d'alarme, je vous conjure par tout ce que vous avez de plus cher et de plus sacré, par Thonneur et Tàme de vos enfants, préservez-les de la Franc-Maçonnerie. Quand la triste nécessité les oblige à quitter le foyer domestique pour aller gagner quelque chose loin de vous, ah I ne les laissez pas partir, «ans qu'ils vous aient promis d'une manière formelle et absolue de ne jamais, sous aucun prétexte, entrer dans les sociétés secrètes, et que, si, par l'effet des pièges tendus à leur inexpérience, ils avaient le malheur de descendre dans une Loge sans le savoir, ils en sortiront aussitôt et n'y remettront jamais les pieds. Prenez leurs mains dans les vôtres et faites-leur promettre de garder la foi de leur baptême, de ne jamais lier leur liberté d'hommes et de chrétiens par les serments exécrables de la Maçonnerie.

Pour excuser les francs-maçons, on dit et on répète qu'ils sont d'honnêtes gens. Que plusieurs d'entre eux soient d'honnêtes gens, sous certains rapports , secundum quid, commes'exprime l'école, ce serait une grande injustice de le nier. Comme je l'ai déjà dit en commençant ce livre, il est constaté que l'homme est souvent meilleur que ses principes; les mauvaises doctrines dont il est imbu et les pernicieuses influences du milieu où il vit n'arrivent pas à effacer totalement la loi

naturelle que Dieu a gravée dans sa raison, ni à déraciner la bonté qu'il a mise au fond de son cœur en le créant. Ainsi il y a des francs-maçons qui respectent le bien d'autrui, qui ont le mensonge en horreur, qui entourent leurs parents de respect et d'affection, qui chérisisent leurs épouses et qui tâchent de procurer une bonne éducation à leurs enfants, qui ont compassion des pauvres et soulagent leur misère, qui désapprouvent et condamnent la persécution faite à TÉglise et les attaques dirigées contre ses institutions, qui, en un mot, ont quelque chose de cette beauté spirituelle qui fait Thonnête homme ^ Mais qu'ils aient tout ce qui constitue Thonnéte homme^ savoir, toute la clarté de la raison et la proportion exacte, Tharmonie parfaite des actes de la volonté avec la raison*; en d'autres termes, qu'ils soient honnêtes simplement, sans restriction, je le nie. La philosophie comme la théologie enseigne que l'honnête procède essentiellement de deux principes, de la rectitude de la raison et de la rectitude de la volonté : « Omne autem bonum honestum ex his duobus procedit, scilicet ex rectitudine rationis et voluntatis'. » La conformité de la vie et des actions avec la droite raison est la condition première et fondamentale du

^* « Honestum voco intelligîbilem pulchritudinem, quam Jpiritualem nos proprie dicimus. » S. Augustin, lib. Lxmii, W-, quœst. 30.

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bien honnête, puisque la raison est la règle de la volonté ; par suite, les actions, fussent-elles faites avec de bonnes intentions, ne peuvent plus s'appeler simplement honnêtes, dès qu'elles ne sont pas conformes à la raison. Il leur manque la base et la racine de l'honnêteté. Or, est-ce conforme à la raison d'entrer dans un milieu délétère, où la foi fera naufrage et la raison elle-même finira par s'obscurcir? Telle est cependant la condition du chrétien qui se fait franc-maçon. Si des motifs d'intérêt exigent qu'il conserve certaines pratiques de religion, la Secte ne les lui interdit pas; mais le doute ne tarde pas à ébranler ses croyances, et s'il les laisse exposées à ses coups, s'il ne brise pas sa chaîne de fer pour reconquérir sa liberté d'enfant de Dieu, ses croyances sont bientôt renversées. On commence par laisser de côté le devoir pascal, ensuite l'assistance à la messe les jours de précepte cesse d'être régulière, pour devenir rare, et enfin elle cesse tout à fait. Et cet homme baptisé et confirmé, ce chrétien, membre du corps de Jésus-Christ, qui a pris part au banquet eucharistique , ne met plus le pied dans la maison de son Seigneur et de son Dieu ; mais il va au cojiseil des impies^ s'arrête dans la voie des pécheurs etj peut-être, s'assied dans la chaire de pestilence^. Et le voilà devenu renégat et traître à ses serments! Est-ce conforme à la

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