Psaume
raison? est-ce honnête? Ne pas rendre à Dieu le cuite qui lui est dû, c'est violer une vertu plus sacrée que la justice, c'est violer la vertu de religion. Si nos devoirs envers Dieu ne sont pas réglés par la vertu de justice prise dans son sens strict, ce n'est pas qu'ils ne soient une vraie dette, une dette rigoureuse, mais c'est que, si multipliés et si parfaits que soient les actes du culte, ils n'arrivent jamais ad œqualitatem^ à égaler ce qui est dû; ils restent toujours au-dessous de ce que nous devons à Dieu, si nous en exceptons le sacrifice de la messe. Or, est-ce conforme à la raison de ne pas rendre à Dieu ce qui lui est dû et qu'il exige? Et si celui qui viole les droits de l'homme ne peut plus passer pour qn honnête homme, le pourra-t-il, celui qui viole les droits de Dieu? Dès lors, plus de vraie joie pour la victime de la Franc-Maçonnerie, et si, par intervalle, le sourire effleure ses lèvres et déride son front assombri, ce n'est qu'un sourire contracté, parce qu'il ne vient pas de l'innocence et de la paix du cœur. Ce n'est pas tout : une fois engagé dans le chemin de l'iniquité, on ne s'arrête pas, d'autant moins que l'engrenage maçonnique broie toutes les résistances, et que, de l'extinction de la foi à la haine de la religion, il n'y a qu'un pas. La Maçonnerie étant une atmosphère de haine contre Dieu et ses saints^ comment le maçon qui la respire pourra-t-il préserver son cœur et l'empêcher de s'embraser de ce feu dévorant? Après avoir
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anéanti la foi, le virus maçonnique attaque les qualités naturelles, et celles qu'il ne détruit pas, il les altère toujours. On a beau jouir d'un tempérament robuste, on ne peut pas respirer longtemps un air pestiféré, sans voir sa santé subir de graves atteintes. Il n'eat donc pas étonnant que des francs-maçons, qui avaient la rectitude naturelle, aient fini par n'avoir plus le sentiment de la justice, quand il s'agit de la cause de l'Église et des droits de Dieu. Or, prendre le chemin qui aboutit à un pareil résultat, est-ce conforme à la raison ? est«-ce honnéta?
Est-ce conforme à la raison de s'enrôler dans une société qui a poui^ but la destruction de toute autorité, et qui fait la guerre à Dieu? Est-ce conforme à la raison de s'engager, par d'horribles serments, à obéir à des chefs que Ton ne connaît pas, à exécuter tous les ordres qu'on nous don- ^nera, même les plus pervers, fàb^ce de poignarder notre frère ou notre père? E«t-ce conforme à la raison que le fils désobéisse à sa mère, la méprise et la trahisse, qu'il donne son nom à une société qui a juré sa mort, M qui, pour commettre cet exécrable forfait, ne recule devant aucun moyen et foule aux pieds tous les principes de la justice et de la morale? Pour le catholique, l'Église est sa mère ; elle l'a engendré dans Jésus- Christ et l'a nourri du pain aupersubstantiel de la vérité et de la grâce.
Et quand même ces actions abominables ne
seraient pas imposées à tel ou tel franc-maçon, est-ce conforme à la raison de faire partie d'une secte qui les pratique, de Tappuyer de son crédit et de lui faciliter l'exécution de ses projets criminels en lui donnant son argent? En vain le francmaçon désapprouve les crimes de la Secte; en vain il en répudie la responsabilité : elle pèse sur lui de tout son poids, parce qu'il y coopère moralement. Celui qui fait partie d'une bande de voleurs, est l'associé de leurs crimes ; celui qui fournit des armes à l'assassin, sachant le mauvais usage qui en sera fait, a beau écarter l'assassinat de son intention, et n'avoir en vue que le lucre que lui procure la vente des armes, il est coupable d'homicide, et son front est taché du sang des victimes; car, par sa coopération éloignée, il est vraiment cause efficace des assassinats. Or, tout cela est-ce conforme à la raison? est-ce honnête?
Sans doute la Maçonnerie se garde bien àfi recruter ses membres dans la classe qui a perdu tout honneur et qu'on nomme la canaille ; elle tomberait vite dans le mépris et n'inspirerait que de l'horreur; par suite, elle ne pourrait plus faire de dupes. Il lui faut donc un pavillon qui eoHvre la marchandise. Le pavillon de la Ma- ^anerie, ce sent précisément les honnêtes gens qu'elle enrôle : ils voilent aux yeux des simples ce qu'elle a de noirceur, et ils endorment les w^nsciences ; par l'influence qu'ils exercent autour d*enz, ils lui gagnent des adeptes. Ils prostituent
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ainsi ce qu'ils ont d'honneur et de noblesse à la cause de Satan et en font l'instrument de ses desseins. N'est-ce pas là tout ce qu'il y a de plus contraire à la raison, et, par conséquent, à l'honnêteté?
C'est pourquoi le pape Léon XII, dans sa célèbre encyclique Quo graviora, après avoir fait le plus pressant appel aux princes pour extirper les sectes clandestines, adresse à tous les fidèles les paroles les plus paterneUes et les plus pathétiques : « A vous tous, fils chéris, qui professez la religion catholique, nous adressons aussi une prière spéciale avec nos exhortations. Évitez tout à fait les hommes qui appellent la lumière ténèbres, et les ténèbres lumière. Quelle vraie utilité pouvez- vous tirer de votre union avec des hommes qui pensent qu'on ne doit tenir aucun compte ni de Dieu, ni d'aucun pouvoir souverain, qui font à toutes les puissances une guerre acharnée par leurs embûches et leurs conventicules secrets, et qui, bien qu'ils crient en public et partout leur très grand amour du bien public, de l'Église et de la société, ont néanmoins déjà montré par leurs actions qu'ils veulent tout bouleverser, tout renverser. Ils sont vraiment semblables à ces hommes auxquels saint Jean, dans sa deuxième épître, défend de dire : Salut^ et que nos ancêtres n'hésitèrent pas à appeler les premiers nés du Diable. Gardez-vous donc de leurs flatteries et des discours mielleux par lesquels ils vous persuaderont
de devenir membres de ces sectes dans lesquelles eux-mêmes sont enrôlés. Tenez pour certain que personne ne peut ^ faire partie de ces sectes, sans se rendre coupable d'un très grand crime, et n'écoutez pas les paroles de ceux qui, pour vous enrôler dans les degrés inférieurs des sectes, affirment énergiquement que, dans ces degrés, on ne souffre rien d'opposé à la raison, ni à la religion, qu'au contraire, il ne s'y dit rien, ne s'y fait rien qui ne soit saint, rien qui ne soit honnête, rien qui ne soit pur. Car, ce criminel serment dont nous avons parlé, et qu'il faut prêter dans l'initiation aux degrés inférieurs, suffit, à lui seul, pour que vous compreniez qu'il n'est pas permis de se faire inscrire dans ces degrés, ni d'y demeurer. Ensuite, bien qu'on n'ait pas coutume d'imposer les actions les plus importantes et les plus scélérates à ceux qui ne sont pas dans les degrés élevés, il est cependant de toute évidence que la force et l'audace de ces sectes pernicieuses résulte dé l'adhésion et de la multitude de ceux qui s'y inscrivent. Aussi ceux-là mêmes qui sont dans les degrés inférieurs doivent être regardés comme participant à ces crimes. Et sur eux tombe cette parole de l'Àpôtre aux Romains :
Ceux qui font de telles choses sont dignes de mort ^tnon seulement ceux qui les font^ mais quiconque ^^si approuve ceux qui les font K »
*• Chap. I.