‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 55 sur 78 · Ex fructibus eorum cognoscetis eos, S. Matth. xvi · texte numérisé non relu

Ex fructibus eorum cognoscetis eos, S. Matth. xvi

marchent forcément sous une discipline de fer* Quels que soient donc les mérites et les qualités personnelles du candidat ainsi patronné, tenons pour certain que, franc-magon ou non,.ilades affinités et des attaches avec la Franc-Maçonnerie. Elle compte sur lui; et, si elle n'a pas Tespérance de voir tous ses projets appuyés de ses votes, elle sait qu'il ne les combattra pas et qu'il restera muet en la regardant faire. La troisième règle se trouve dans ces paroles de la sagesse : Mon fib ne faites rien sans conseil, et vom n'aurez pas à vous repentir de votre action *. Dans les choses difficiles et douteuses, la prudence nous fait une obligation rigoureuse de recourir aux lumières des personnes plus éclairées que nous. De bons conseillers, des hommes qui ne se laissent pas aveugler parla passion et l'esprit de parti, on en trouve encore, malgré toutes les aberrations de notre époque. Voilà ceux auprès de qui le gros bon sens dit qu'il faut prendre conseil, ceux qu'il faut interroger, pour avoir la vérité. Mais ceux-là sont délaissés, et l'on écoute les hommes que la sainte Écriture dit abominables dans leurs goûts et corrompus dans leurs voies- Aujourd'hui, chose triste à dire et qui fait saigner lé cœuri quand il s'agit d'élections, on voit des catholiques suivre les conseils et obéir au mot d'ordre d'hommes qu'ils méprisent, d'hommes à qui ils ne voudraient pas

1. Fili mi, sine consilio nihil fadas, etpost factum non pomitebis, Eccli., XXXII, 24.

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confier l'honneur de leurs ^M>U8es et de leurs filles, ni même leurs intérêts matéri^s.

Souvent aussi la Franc-Maçonnerie, afin de mieux tromper, a soift d^ se choisir dans chaque localité des mandataires qui passent pour des hommes de probité et soûtji même d'exercer une certaine influence autour d'eux. Je l'ai dit, c'est le pavillon'] qui œuvre la marchandise. Mais il n'est pas nécessaire d'avoir une grande intelligence, pour ne pas se ImssM* prendre à leurs paroles ; il suffit d'avoir le cœur droit et de vouloir sérieusement prendre parti pour la bonne cause» Les accointances de ces hommes avec les hommes de la Franc-Maçonnerie, les journaux qu'ils reçoivent et propag-ent, et beaucoup d'autres signes démontrent qu'ils font les affaires de la Secte. Pour s'excuser, on dit quelquefois : « Ceux qui nous conseillent n'ont pas de religion, il est vrai, mais ils en savent plus que mms. » Ils en savent plus que vous 1 qu'importe? Lucifer a bien phis de science qu'eux : est*ce une raison d'aller prendre conseil auprès de lui? La science de ces conseillers, si science ils ont, leur fournit des moyens particuliers de tromper, et rien de plus, s'ils n'ont pas la rectitude du cœur. On dit encore : « Ils sont riches et puissants. » Raison de plus d'être sur ses gardes et de se soustraire à leurs pernicieuses influences. Satan, lui aussi est riche et puissant; il a même porté l'audace jusqu'à ofl'rir à Jésus-Christ de lui donner tous les royaumes

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du monde, s'il consentait à tomber à genoux et à Tadorer ; et il est si puissant qu'il est la puissance même des ténèbres. Céder devant de pareilles raisons, c'est immoler sa liberté, sa conscience et son âme à un vil intérêt.

Je le dis de nouveau, et c'est ma grande conviction, pour l'ordinaire, il n'y s^ de trompé que celui qui veut être trompé ; et Joseph de Maistre, en parlant des crimes nationaux, dit que a c'esi toujours plus ou moins la faute de la nation, si un nombre quelconque de factieux se sont mis eu état de commettre le crime en son nom. » D'ailleurs, que voit-on ? Souvent des électeurs ne veulent pas voter avec tels et tels, parce que, disent-ils, ceskommes sont blancs, ib sont du café des curés^ c'est-à-» dire qu'ils ne veulent pas voter pour les hommes d'ordre et de paix, ni être du côté de Jésus-Christ. La couleur blanche et la couleur rouge ont ici des significations bien nettes : la première est l'emblème de ceux qui veulent le progrès en con-^ servant et en améliorant les institutions que nous ont léguées nos ancêtres; la seconde est l'emblème de ceux qui veulent le progrès en renversant ces institutions, en déracinant tout ; de là leur nom de radicaux. Ils affectionnent le dr{^peau rouge de la Marseillaise, S3n[nbole du fratq- <5ide, parce qu'il est V étendard sanglant de ceux qui veulent tremper leurs mains dans le sang de leurs frères, et non l'étendard de ceux qui versent leur ^ang pour le salut de la patrie. Ah ! il est beau et

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éclatant Tétendard de la croix, parce qu'il est empourpré du sang d'un Dieu qui s'est inunolé pour racheter le monde ^ I Elle est belle la robe rouge des martyrs, parce qu'elle est teinte de leur sang versé pour confesser Jésus-Christ ! Elle est belle la pourpre des cardinaux de la sainte Église, parce qu'elle leur rappelle qu'ils doivent défendre les droits du Saint-Siège jusqu'à l'effusion de leur sang! Mais le drapeau rouge delà Révolution a une signification diamétralement opposée; il ne signifie pas qu'on versera son sang pour défendre une noble et sainte cause, mais qu'on versera celui des autres, pour assouvir sa passion. C'est le drapeau de l'égoïsme, de la cruauté et de la lâcheté; c'est le drapeau de celui qui a été homicide dès le commencement.

La politique des curés n'est pas autre que la politique de l'Évangile : elle consiste à rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Pour définir les droits de Dieu et les droits de César, les droits de l'Église et les droits de l'État, le prêtre contemple les âmes et les caractères sacrés imprimés en elles, et, comme le Sauveur, il dit : De qui sont ces images spirituelles et les inscriptions indélébiles qu'elles portent gravées sur leur substance? Cujus est imago haec et super-

Arbor décora et ftolgida, Ornata Régis purpura,

Hym. Vexilla Régis.

scriptio * ? Ce sont les images de Dieu et les inscriptions de Jésus-Christ. L'homme a été créé à l'image de Dieu, et, quand il a reçu le baptême, il a été marqué du caractère de Jésus-Christ. Il lui appartient par droit d'héritage, de conquête et d'élection : par droit d'héritage, parce que Dieu le Père a donné en propriété à son Fils toutes les nations; par droit de conquête, parce qu'il Fa acquis au prix de son propre sang; par droit d'élection, parce que le chrétien l'a choisi pour son Maître et son Chef, au baptême, à la confirmation et à la première communion. De même donc, dit TertuUien, que vous devez payer le tribut à l'État, ainsi vous vous devez vous-mêmes à Dieu '. Voilà la politique des curés. Au milieu des agitations du jour, le prêtre n'a pas d'autre politique que de défendre la dignité et la liberté du chrétien, de protéger ses intérêts les plus chers et de soutenir les droits de Dieu. Comme prêtre, il ne fait pas de la politique dans le sens vulgaire de ce mot : sa mission est plus élevée. Lumière du monde, il doit illuminer la route de Téternité, que l'esprit du mal cherche à couvrir de ténèbres épaisses. Sel de la terre, il doit préserver les fidèles de la corruption des mœurs et les soustraire à l'avilissement du joug de Satan. « N'en doutez donc pas,

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