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i d'interprète à Sylvain
insister et il insista. C'est alors que le Gouverneur de Maurice lui déclara formellement qu'il attendrait de nouvelles instructions «c avant de concourir franchement à écarter les diŒcultés qui pourraient s'élever dans Texécution des ordres qu'il a reçus de son gouvernement ».
Mais déjà il laissait voir qu'en aucun cas il ne
souscrirait h la reconnaissance des droits de la
France sur Madas:ascar. Pour l'instant il deman-
dait que l'on énonçât clairement et spécialement
ce que Ton considérait comme les établissements
appartenant à la France sur la cote de Madagascar
en 1792.
A la date du 3 septembre 1817, l'envoyé français écrivit au gouverneur anglais :
« J'ai pris communication de la dépêche du ' 30 août dernier que Votre Excellence m'a fait remettre pour Messieurs les administrateurs généraux de Bourbon, et j'ai profité d'un bâtiment qui faisait voile le lendemain pour cette colonie pour la leur transmettre; ainsi, il y a tout lieu de croire que Votre Excellence sera fixée sous peu de jours,' quant à la désignation des établissements appartenant à la France dans l'Ile de Madagascar à i l'époque du 1" janvier 1792.
« Sans vouloir moi-même donner une explication décisive sur ce point, je me permettrai néanmoins de rappeler à Votre Excellence ce que j'ai I eu l'honneur de lui dire à ce sujet dans la confé-
l'aimée 1635 i
: le pavillon français fui arboré
pour la première fois a Madagascar, la France a en successivement des établissements plus ou moÎDS considérables sur diSerents points do cette lie. En lti65, le Fort-Dauphin était le chef-lieu de tous les établissements français au delà du Cap de Bonne-Espérance, la Résidence d'un Gouvernenr général et celle d'un Conseil supérieur.
« Depuis ce temps, la France a pris possession de l'ilc Sainle-Maric qui lui fut concédée en toute propriété par un prince malate du nom de Ra- Tsimolok, concession qui fut ensuite confirmée par la fille de ce prince.
« La France a eu à diverses époques des agents à la baie d'Antongil, à Foulpoînte, Mananzary, Sainte-Luce, etc., etc. En 1768, M. le comte de Mandave créa un établissement dans la rivière de Funchave, plus tard le burun de Beniowski en fondu un autre dans la baie d'Antongil.
« Ces établissements n'ont jamais été contestés a la France, et aujmird'huî qu'elle rentre dans tous ses droits à Madagascar, elle doit considérer tous CCS différents points comme lui appartenant uux mêmes titres qu'elle les a possédés antérieurement au 1" janvier 1792.
tt J'ai il regretter que Votre Excellence ne se croie pas autorisée à prendre une décision défîni-
' point jusqu il ce qu
slle ait reçu les
explications qu'elle a demandées à son gouvernement. »
M. Farquhar se borna à répondre qu'il considérait le territoire de Madagascar comme propriété des naturels, qu'il n'avait formé aucun établissement quelconque aux lieux où les Français avaient des postes et palissades en 1792, qu'ainsi il n'avait rien à remettre.
M. Martin de Lacroix, estimant que « toutes nouvelles représentations de sa part seraient inutiles » et que « sa mission était désormais sans objet », rentra à Bourbon.
Quelques semaines après, M. Farquhar se rendait en Angleterre, pour essayer d'y faire prévaloir la politique de souterraines menées qu'il avait introduite à Madagascar. En apparence il n'eut pas f gain de cause, car les anciens établissements fran- ' çais, moins Tamatave, furent rendus à la France. Mais le cabinet de Saint-James ne désavoua pas son agent et même le récompensa de son zèle en le renvoy.int à Maurice avec de nouveaux moyens d'action*.
M. Sylvain Roux, agent commercial à Madagascar, fut chargé de faire la reprise de possession de nos établissements.
1. On retrouvera la main de M. Farquhar dans toutes les affaires de Madagascar. Il y a dans les archives de l'Ile de la Réunion une lettre qu'il adressa a Jean René lors de l'expédition de Sylvain Roux, lettre qui prouve bien que Jean René était l'espion des Anglais.