‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 14 sur 71 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Sylvain Roux. ^ Sim ndmîuiBlrutioii à Mndagnscar .Bvsat'ii' l'occupation nnglaiHc, — Relalioiis qui exislnient à celte époque entre Madiignsrnr elles colunifs de l'Ile de France et Bourbon, — Prise de TamatavL- en 1811 par les Anglnis, — Période d'occupation.

Né à rile de France le 5 juin 1765, du niitringe de Jean-Bnptiste Roux et de Françoise Coaardelle, Jean-Bnptiste-Sylvain Rnux élail venu se fixer, jeune encore, ii la Grnnde-Terrc où il avait fait, comme on disjiit alors, la traite des riz. En 1806, il est nommé agent commercial du gouvernement français h Madagascar et se fixe k Tamatave. Il crée des sous-agences sur divers points de la côte, notamment à Foulpointe où il installe nu traitant, M. Jean-Baptiste Gémin, auprès de qui il place l'ofScier de santé Bernard Lattes. Un autre chirurgien, M. Rondeau, s'était fixé li Tamatave. Les fonctions de ces deux médecins n'étaient pas des sinécures, à ce moment oii la variole régnait à l'état endémique à Madagascar. Par eux, Sylvain

Roux entretient des rapports constants avec les naturels de Tlle, dont un grand nombre s'accoutument dès ce moment à le considérer comme leur ami et leur protecteur; par eux aussi il assure la sécurité des Iles de France et de Bourbon, qui alors étaient en relations continuelles avec Madagascar, d'où elles retiraient leurs approvisionnements en riz et en bœufs. Aucun navire ne peut être expédié sans un certificat en règle et, à cet effet, I l'agent commercial se fait rendre compte hebdo- ; madairement de l'état sanitaire de toutes nos rési- ' dences.

Rien de plus saisissant que ces rapports où Ton voit quelques Français, oubliés et perdus au milieu de peuplades sauvages, affronter les plus grands périls et la mort, une mort obscure et ignorée, en vue du devoir à accomplir. Et rien ne montre mieux quelle organisation existait déjà à cette époque, dans nos établissements de Madagascar. Voici l'un de ces rapports : « Nous, Jean-Baptiste Gémin, délégué de l'agent commercial à la résidence de Foulpointe, et Bernard Lattes, chirurgien reçu, faisant la traite de ce pays, certifions et attestons ce qui suit : qu'ayant la coutume de faire faire tous les jours la visite des esclaves, pour voir s'il n'y aurait aucun attaqué de la petite vérole, le matin du 4 de juillet, uu petit noir mozambique se serait plaint de souffrir de tout le corps; l'ayant regardé de très près nous nous

mmençait à se faire UD^ petilo éruptiun sur les lèvres; de suite et par précaution il a été fait porter à deux lieues sous le vent du village et dans le milieu des bois, daos l'intérieur, où l'on a Li'iti un lazaret.

« Le 5, j'ai été avec l'oiEcier de santé, en pre- , nant les plus grandes précautions pour notre retour, pour le voir; l'érupticm était beaucoup plus forte, mais il n'était pas encore décidé que ce fût la variole ; le 6, l'éruption était plus forte ; le 7, tout le visage était pris ; le 9, le corps, les cuisses, les jambes et le visage étaient pleins ; le 10 el le 11, tout le corps généralement était plein de boulons plats et de la plus mauvaise qualité, la tête même était enflée. L'oÛieier de santé m'a dit alors que ! cet iodividu était en danger; enfin, le 12, il ne pou- : vait pas avaler, mais toute l'éruption était totale- ! ment faite; le 14 au matin, le petit noîr boit et avale i

nfin le ^

:age commence a se nettoyer, ;

de sorte que je crois sauver cet enfant, lorsque dans la nuit du 15 au 16 il est mort. J'ai de suite donné ordre de l'enterrer au milieu des bois, comme font les naturels en pareille circonstance, de faire faire quarantaine aux personnes qui le gardaient, de brûler leur habillement, de se bai-' gner dans la dernière rivière, ensuite les faire laver avec du vinaigre. Fait à Foulpoinle, le 16 de juillet 1808, et avons signé : Jean-Baptiste GémÎD, Lattes. 1)

ï II suffit de lire ce docament^ qui honore granl dément le médecin et Tadministrateur qui, pendant dix jours, n'ont pas discontinué leurs visites m « petit noir mozambique » atteint de variole, il suffit de suivre le détail des soins donnés et des précautions prises, pour se rendre compte qu'il existait à ce moment^ dans nos établissements de Madagascar, une organisation complète, une véritable administration, dont M. Sylvain Roux et, au-dessus de lui, le général Desbrulys à Bourbon, et le capitaine général à Maurice tenaient tous les rouages et centralisaient tous les actes.

Malheureusement dès l'année 1808 les communications devinrent rares avec les deux îles et, comme l'écrivait Sylvain Houx au général Desbrulys le 25 octobre 1808 : « Depuis longtemps nos communications sont interrompues par les maudits Anglais, qui tous les jours nous assiègent de leurs visites sur nos côtes ». A ce moment même une corvette ennemie « prenait et détruisait sur nos côtes six ou sept bâtiments de commerce ». La croisière française , arrivée h Tamatave le 27 octobre, se mettait vainement h la poursuite de la corvette anglaise : « Nos frégates ont appareillé le 28 de grand matin et ont aperçu la corvette ennemie le même jour à trois lieues dans le N.-E. de Tamatave. Après vingt-deux heures de chasse, cette corvette s'est échappée et sans doute va revenir entraver encore notre commerce. »

HADACASCAB.

En août 1810, Sylvain Roux refusa de nouer des reintions avec l'Ilf Bourbon, alors un pouvoir

des Anglais, procurer des

qui

Loyon <

bœufs et des salaisons, pour l'approviBionnement des vaisseaux de guerre et dos nombreuses troupes qui y étaient momentanément stationnées ' n.

El le 19 février 1811, « doux fortes corvettes de 24 caronades de 36 et 2 transports armés, ayant à bord 120 hommes de débarquement formés du 22' régiment de ligne et du bataillon africain, se présentèrent sur la rade de Tamatave h.

Le chef de l'escadre anglaise, H. Lyme, capitaine de frégate, adressa à Sylvain Roux la lettre suivante: H A lord de la corvette de S. M. B. VEclypae, en rade de Tamatave, ce 19 février 1811, — A Monsieur Sylvain Roux, commissaire du gouvernement Français à Tamatave, etc., etc. — Monsieur, je suis chargé de vous annoncer la prise de l'Ile de France, tombée au pouvoir des troupes de 3 décembre 181U et en même temps nme de me rendre le fort de Tamaque toutes les autres places sous audement. Je me permets, pour votre

tave ail votre COI

1 copie, cer-

gouverne, de vous adresser ci-inclui

tifiée véritable par M. le général en chef des

troupes Britann tiques, des articles de la capitula-

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