On leur reproche aujourd'hui d*ètre trop madagascariens
tous les habitants de l'isle Bourbon, ainsi que de l'isle de France, ne verront que d'un mauvais œil que l'on s'occupe séiieiisement d'un établissement agricole h Madagascar. Ils ont regardi sans conséquence tous les établissements ciaux qui s'y sont formés, mais ils chercheront toujours k nuire à tout ce qui aura lieu d'un établissement un peu sérieux et vous en avez eu la preuve dans ce qui m'est arrivé par rapport à la demande de Bréoii des baies de girofle : cependant une colonisation li Madagascar oifriia des moyens de tranquillité et de fortune même aux habitants de Bourbon et de Maurice, mais tel est l'empire de l'habitude : ils ont crié et crieront encore longtemps contre tout établis:
ou entrepris i Mad.ig.isc.ir »
En tout eus les habitants de Bourbi rice ne crient plus, au contraire.
Quoi qu'il PU fût, c'est a Paris même, c'est nu ministère que M. Sylvain Roux trouvait des résistances presque insurmontables. Passionné pour l'œuvre qu'il voulait voir entreprendre, hanté par le sentiment d'un grand résultat a obtenir, brûlé du feu sacré qui l'ait les apùtres, notre compatriote, déjà âgé, malade des suites d'un long séjour sur la cote de Madagascar, s'épuisait en démarches infructueuses auprès des puissants. Car cette histoire de Madagascar se réédite tous les vingt
lent formé I 3 et de Mau- |
ans. En face d'un hoi
equi
lia
des administrateurs qui n'ont ni les mêmes espoirs, ni la même ardeur.
Et alors?
Alors ce sont des retards sans fin, des tergiversations, des demi-mesures, qui ne servent à rien qu'à engager et à compromettre le drapeau et à provoquer des reculades.
Comment le découragement ne s'empara-t-il pas de M. Sylvain Roux lorsqu'il vit arriver le mois de mars sans que rien ne fût encore prêt, alors que, selon ses prévisions, il devait être en route depuis le mois de février pour regagner Madagascar. A ce moment (15 mars 1820), le ministère n'a même rien encore décidé : « On me fait espérer, écrit-il, que bientôt je serai renvoyé à Madagascar ». Et c'est tout. Pourtant il n'abandonne pas encore ses projets : « Peut-être, ajoute-t-il, qu'enfui nous pourrons, avec le zèle qui nous anime pour le bien du service, faire quelque chose d'intéressant pour le gouvernement français. C'est sur votre commandement que nous avons trouvé le beau port de Tintingue, ce sera sans doute encore pendant votre administration que nous y poserons les premières assises. Si Dieu protège nos travaux, je ne fais donc pas de doute que, sous peu de temps, nous pourrions offrir à nos vaisseaux un beau refuge contre le mauvais temps. » Ailleurs il manifeste l'espérance de mener à bien une entreprise contrariée sans motifs légitimes. Mais le coura-
geax pionnier sent bien autour de lui des résistances inexplicables, il sent que fatalement il faudra restreindre ses ambitions patriotiques.
« L*isle Sainte-Marie même, écrit-il, qui renferme bien près de cent mille arpents de terre cultivables, suffira pendant quelque temps k tous nos besoins. »
Oui, qu'on l'expédie régulièrement k Sainte- Marie avec le titre et les pouvoirs de commandant particulier des établissements français k Madagascar, et son habileté fera le reste.