‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 18 sur 71 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Nouveaux retards. — L'expédition est enfin décidée. — Sylvain Roux nommé commandant particulier des établissements français à Madagascar. — Trop tard. — M. de Freycinet, gouverneur de Bourbon. — Intrigues des Anglais à Madagascar. — Leurs projets. — Instructions remises au commandant particulier.

Il fallut attendre encore plus d'un an. Enfin l'expédition fut résolue. On devait partir le 15 mai, mais l'on ne put quitter le port de Brest que le 8 juin 1821. Il y avait deux ans que Sylvain Roux était à Paris !

Et combien réduite était la portée de l'expédition, combien faibles ses ressources! Du grand but à atteindre — et dont Sylvain Koux et un vieux colon de Madagascar, M. Barthélémy Hugon, avaient séparément développé les plans au gouvernement français, — de la colonisation de la Grande Terre il n'était plus question ou si peu!

Aussi le commandant particulier — tel sera désormais le titre de M. Sylvain Roux — laisse-

t-il, dans sa corresponJance avec le gouverneur de Bourbon, voir la déception qu'il éprouve et percer lin véritable découragement.

« Jamais, écrîl-il, je n'ai vu vouloir faire une expédition comme la nôtre avec aussi peu de moyens!

rt Comme vous l'aviez pressenti, je crains de ne pas trouver autant de ressources dans notre flûte comme j'avais le droit de m'y attendre. J'ai eu beau insister auprès du ministère pour que cette flûte, ainsi que vous vous en étiez expliqué a Paris, restAt k ma disposition, aussi quelques hommes pour la faire manœuvrer, je n'ai rien pu obtenir de tout tela, et je pars avec un bâtiment qui, malgré les ordres bien formels de Son Excellence, présente un armement presque en guerre et une tenue militaire, contrastant bien singulièrement avec la situation où il va se trouver à Sainte- Marie, oii il doit servir d'hApital, de magasin et de fort flottant, jusqu'à ce que nous soyons solidement établis il terre. Heureusement que mes instructions me donnent le droit de disposer de cette flûte et que celles dernières adressées par le ministère au capitaine Vergoz, qui la commande, lui prescrivent positivement d'exécuter mes ordres en tout ce que je pourrai lui commander. Sans cette précaution, et votre assistance, M. le Gouverneur, ïrrais hors d'état de pouvoir exécuter ce que

i promis à Son Excellence de lui offrir de résul-

lats dans l'expédition qu'elle a bien voulu me confier,

« Au surplus, quels que soient les inconvénients et les difficultés de ma situation, je ferai tout le possible pour les vaincre, et j'espère y parvenir avec l'aide de Dieu et votre assistance particulière.

« Je regretterai toujours d'être parti si tard. Malgré tout ce que je pourrai faire, je crains bien de ne pouvoir aller voir Radama cette année et sonder ses dispositions à notre égard. La démarche que lui ont fait faire les Anglais, la mise h disposition de son frère, me fait craindre de ne plus trouver chez ce prince les bienveillantes dispositions pour notre pays. »

Oui, il* partait trop tard. D'abord c'était un autre gouverneur que M. Milius qu'il allait avoir pour son supérieur direct à Bourbon : c'était M. de Saulses de Freycinet, récemment nommé commandant et administrateur pour le roi des isles Bourbon et dépendances. Ce gouverneur, il l'avait vu à Paris, s'était entretenu avec lui, et il avait pu se convaincre qu'en ce qui concernait la question de Madagascar il y avait là toute une éducation, sinon une conversion à faire.

Puis l'on approchait de la mauvaise saison. Il ne fallait songer a rien entreprendre. Remis, le voyage chez Radama, « car les grandes rivières de l'intérieur de Madagascar sont tellement gonflées dès la première quinzaine de novembre, qu'il

est presque impossible aux Européens de se rendre de la côte chez ce prince n.

liélas! il était trop tard de toutes les façons; pendant les deux années du séjour de M. Sylvain Roux k Paris, la place avait été prise, et prise par les Anglais.

Et, d'autre part, le commandant particulier allait avoir à en rabattre singulièrement de son opinion relative à la salubrité de l'île de Sainte-Marie.

Mais comme compensation il portait un volumineux cahier d'instructions, rédigé avec le plus grand soin par des personnages compétents , aprcs rapporta divers et minutieuses enquêtes.

Oh! ces missions à Madagascar! Combien n'en a-t-on pas envoyées! Combien de rapports et de statistiques rédigés ! Combien d'expéditions! Combien de minutieuses instructions!

Tout était prévu, dans les instructions remises à M. Sylvain Roux, hormis les moyens d'exécution '.

niitruclians a été dépoaé parmi les

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