CHAPITRE VIII
rrivée h Saiiile-Maric de Sylvain Roux et d'une parti de l'expédition. — Lo flûte la Normande, capilaine Vm goz. — Les appréhcDsimis du commnndant Roux. - Préventions de M. de Freyciuet. — luatuUolion ù Saioh Marie. — Diiriculti*s de toutes sortes. — T-es Anglarai Tanaufirive pI à Tumutaïe. — La corïPlli; anglaise 1 Menay devant Sainte-Marie. — Fière réponse de Sylvail Roux, — Appel à M. de Freycinet. — Annonce de I venue prochaine de Radumo. sur la cûte Est. — L'Rl^ d£re. — Négociation aveo les rhefa de Saiute-Marie de Tintingue.
La flAte du roi la Normande, sous le dément de M. Jean-Baplisle-Adolphe Vergoz, lieutenant de vaisseau, mouilla en rade de Saiote- Marie le 30 octobre 1821. Elle avait quitté Brest avant la Bacchante, commandant Frappas ; ces deux biltimeuts portaient le personnel et le matériel de l'expcditiou dont, en vertu des. ordres du ministère, M. Sylvain Roux prit, dès le mouillage de la Normafide, le commandement supérieur.
Il régnait à bord de ce navire un esprit d'insu-' bordinalion, dont les officiers eus-mème3 avaient
donné maintes preuves pendant le voyage, ainsi qu'il résulte des communications adressées par M. Roux au gouverneur de Bourbon le 17 septembre 1821, par lettre datée de Table-Bay, ville du Cap. Que sera-ce lorsque ces officiers, qui rêvaient une campagne glorieuse, verront leur navire transformé en hôpital flottant et eux-mêmes condamnés à Tinaction? Le commandant de Sainte- Marie avait bien pressenti ce qu'il résulterait d'un t tel état de choses, il l'avait dit et écrit à maintes - reprises au ministère : l'avenir devait justifier ses appréhensions.
Sylvain Roux rencontrerait-il dans M. de Freycinet un supérieur décidé à le seconder de toutes ses forces dans la tâche entreprise ? Il est permis d'en douter. Non que le patriotisme du gouverneur de Bourbon ne fût pas à la hauteur de tous ses devoirs, mais M. de Freycinet arrivait de Paris et en rapportait des impressions peu favorables au projet de colonisation de Madagascar. Bien loin de partager l'enthousiasme de Sylvain Roux, il avait pour mission, semble-t-il, de refréner les ardeurs du commandant de Sainte-Marie. A peine installé dans son gouvernement de Bourbon, il avait chargé la goélette la Vénitienne, sous le commandement de M. Imbert, d'aller explorer la baie de Tintingue et le petit port de Sainte-Marie, et le rapport fait par M. Imbert * était loin de donner