‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 33 sur 71 · I.A PRISE DE FORT-DAUPHIN PAR LES HOVAS · texte numérisé non relu

I.A PRISE DE FORT-DAUPHIN PAR LES HOVAS

1825. L'ancien çhef-lieu des possessions françaises au delà du cap de Bonne-Espérance. — Acquisition du sol. — - La garnison de Fort-Dauphin en 1822. — Soumission des tribus voisines. — Nouvelles manœuvres des Anglais.

— Une expédition hova contre Fort-Dauphin. — Le général Ramananoulou. — Trahison. — Félicitations des Anglais. — Récit d'un témoin. — Un manuscrit de 1825.

— La fin d'une légende.

Plus eacore que sur tous les autres points de Madagascar, les Français étaient chez eux à Fortl^auphin qui, durant un siècle, avait été le chef- «eu de toutes les possessions françaises « au delà ^u cap de Bonne-Espérance ».

En effet le sol en avait été acquis par la Com-

pagaie (1m ludes, des cbefs de trîbtis qui prétcndaicDl V xToir droit, pcMir ud prix de sis mille piastres. On l'araît morcelé, des ventes et des reventes s^étaient eSectnèes, entre Français, constatées par au répertoire de DOlaire que j'ai vu et compulsé dans les Archives de file de la RéuDÎon. Lursqu'en 1822 Svivain Roux installait une petite garnison â Fort-Dauphin, celle-ci retrouva les traces d'anciennes constractions délniites par les Hovas plus encore que par le temps. Le fort était CD ruines : on le restaura comme on put, •n'ec l'aide de quelques traitants établis dans les

Les tribus voisines se soumirent volontiers â notre protectorat et acceptèrent, demandèrent même l'arbitrage du commandant de Fort-Dauphin dans toutes leurs contestations.

Mais les Anglais ne pouvaient rester indifférents â cette restauration, même partielle, de notre influence. A leur incitation, une expédition fut organisée par Radama contre Fort-Dauphin; elle fut mise sous la direction d'un chef hova, Ramananoulou.

La garnison, composée de trois soldats malades et d'un officier, ne pouvait se défendre.

Le gouvernement anglais ne crut pas devoir moins faire que d'envoyer une lettre de félicitations au roi Radama, â l'occasion de ce haut fait d'armes — Et celui-ci y répondit en rendant un décret pou^

permettre aux navires anglais l'accès de tous les ports de Madagascar et pour autoriser les Anglais à s'installer dans l'île, y faire le commerce et en un mot y être traités en vrais Hovas.

Nos voisins ont célébré en termes dithyrambiques, et avec leur bonne foi ordinaire, la grande victoire de Fort-Dauphin. Et la légende s'est faite, des Français battus par les Hovas.

Je viens de déposer aux Archives du Ministère des colonies un manuscrit dont on lira plus loin le texte *. C'est le récit fait par un traitant français, témoin et acteur dans ces événements. Il raconte simplement à un de ses amis, vieux colon malgache comme lui, ce qu'il a vu, ce qu'il a fait. Les Hovas étaient trois mille, les Français quatre. Les Hovas eurent recours à la trahison pour soumettre ceux-ci:

Il ne fait pas de phrases, l'auteur du récit de la prise de Fort-Dauphin, il regrette « de n'être pas

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