Ramallfoy. princesse malgache, dévùxée h la Fran.P, qui
nitre bord de la rivière : ces derniers oe se soufrent pus longtemps, cur les troupes de Radaina, pmme vous le savez, se battent avec méthode et assez bien disciplinées; elles n*eurent pas icoup de peine à les débusquer de la petite rèt oii ils s'étaient nichés. Les Antanossys des ilvirons du Fort-Dauphin furent poursuivis jusque la raonlagoe voisine, il y eut plusieurs de i et de blessés; le combat ne dura que deux |Cures environ. Dans la crainte que les Hovas ne ■tirèrent des coups de fusil sur nous, nous qous ntii-ànies dans une petite habitation qui se troU' vait cachée par la forêt et là nous tînmes conseil. Ne voulant pas nous en retourner au Port-Daupliin sans savoir ce que venaient chercher les
s cette
lartie de Maduf
, et comme
nous avions laissé nos camarades dans les plus grandes perplexités, nous nous décidâmes à pusser
Ravaa de Ramalifoii
qui
fut envoyée
part de Rabéfagoien en dépulalion prés 1 chef commandant l'armée de Radama, et qui ous servir d'interprète, ne voulut pas »« indre à nous dans la crainte, disait-elle* <!"* ^*'
letf
ompagnons < t arrêtés, coc
vler la luogue de;
Ifid MADAHASCAII .
servir d'interprète, et leur crainte n'était que des ii coups (le riisil,(]iii pouvaîfnl partir du camp ennemi. I| C'est alors que je m'ofTiis, parlant assez passable- k ment l'idiome du pays; je pris une grande gaule Jj avec laquelle j'attachai un morceau de toile blanche jj et me mis en roule en engageant un marmitte ■ k venir avec moi. M. Poireau et le soldat Roger % me voyant décidé, dans la crainte qu'on ne se 1 moquât d'eux h notre retour au fort Dauphin, me I suivirent. Nous eûmes bientôt traversé la foret pour arriver à la rivière; maïs quelle fut ma surprisequandje vis cetteétendue d'eau, avec un courant , rapide ? je ne pus m'imaginer qu'il y eût un moyen | pour pouvoir la passer; j'étais indécis de savoir si je devais ta traverser ou m'en retourner, quand le Malgache qui m'avait suivi s'offrit de me faire monter sur ses épaules, en me disant que je n'avais rien à craindre ; j'aceeptai donc l'offre de
digne I
, et en entrant dans I
eut l'eau au cou. Ce ne fut pas sans peur que Je ■ la passai, car je craignais que quelque caïman ne < vînt me couper les jambes. Rendu sur l'autre rive, il me mit par terre et je rejoignis mes camarades qui avaient passé comme ils avaient pu; nous nous arrêtâmes quelques minutes pour prendre haleine, ensuite nous traversâmes encore quelques murais j pour arriver au bastion qu'avait fait cette avant- J garde, pour se garantir des insultes que venaient! leur faire dans la nuit les gens du chef Ram;
B Qaand nous Tûmes près du posl«, aoesenlîn«Ile cria sur nous ea mauvais anglais; je répuodU en malgache que nous étions des blancs, «t leur fis voir à plusieurs r(;prîses le pavillon que j'avais » la main; nous vîmes de suite nu grand mouveroeot dans le camp et nous entendioies les chefs qui crièrent : II Aux armes ». Dans un îustant ils forent tous sur pied et se mirent en bataille formant \e carré eu dediins de leur bastion. \uus roaiùmes avancer, mais la sentinelle nous retint, en nous disant de rester îi l'endroit où nous étions; mes ciimpagnons craignaient qu'ils ne fissent feu sur DOITS ; je leur persuadai du contraire, eu leur assufADt qu'ils ne se permettraient pas de faire du nul aux blancs et que d'ailleurs nous n'étions paa armés, pour qu'ils pussent craindre quelque chose ue notre part. Je demandai donc à parler au commandant du poste ; après quelques difficultés, un nous le fit venir; il était encore ému du feu qu'il Venait d'essuyer et n osait s'approcher de nous, daus ta crainte que nous ne fussions des Antanossyg déguisés qui venaient pour les surprendre. Je lui lis donc en langue du pays de ne rien craindre, <]uc nous étions des blancs et que nous voulions seulement savoir d'eux ce qu'ils venaient chercher dans cette partie de l'ile Madagascar. Alors il ipprocha, et comme il vint a tomber de la pluie dans le moment, je lui témoignai la crainte que 'avais de me mouiller, en lui disant que cela me reu-
draît malade de la Gè%Te; il nous invita de suite à rentrer ilnns lenr camp; dous côines Un peu de peiue û sauter par-dessus les branches d'arbres qu'ils araient jetées au delh du bastion qui était à peu près de la hauteur de quatre pieds, alors Rafitle, car cVst ainsi que se nommait le capitaine qui commandait cette avant-g-arde, fit (aire un pas-
sage
ivita à entrer; nous ne fîm
*pa!
de
grandes difBcultés. En entrant il nous fit rendre les honneurs, en faisant présenter l'arme ii toute sa troupe, qui dans un ïnslant s'était rangée en bataillon carré : il appela trois ou quatre capitaines pour faire le cnbarre (qui est, comme vous le savez, ce que nous appelons conseil) en nous disant de rentrer dans sa tente, où il avait fait placer uu tapis du pavs par terre pour nous recevoir ; nous nous assîmes tous comme font les Malgaches quand ils se rassemblent, et là je portai la parole en leur demandant quelles étaient leui^
inteutions en venant dans 1<
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; ils I
■epon-
direiit que c'était pour s'emparer de toute la partie sud de l'ile Madagascar et prîiicipalemeut du Port- Dauphin, sans faire de mal a personne, et qu'ils avaient une lettre de Radama pour les traitants. Je dis donc ti Hafitte qu'il pouvait nous la remettre, il fut la chercher, et quand nous vîmes que la suscription portait : A Messieurs fes traitants du Fort- Dauphin, nous la décachetâmes. Après l'avoir lue
lulurcnt la
udre
que cette lettre nous était adressée et qu'il fallait qu'ils nous la laissassent pour la porter h nos camarades; ils ne voulurent pas et la gardèrent en nous disant que le général commandant la grande armée nous la remettrait lui-même. Comme nous crûmes qu'il n'y avait que cette avant-garde qui n'était composée à peu près que de trois cents hommes, nous leur fîmes quelques questions, ils nous répondirent que la grande armée était à peu de distance, et qu'elle était de six mille hommes et que le lendemain elle serait campée dans la plaine Déhéchall. Voyant qu'il commençait a faire nuit, et qu'il était temps de nous retirer, nous leur dîmes que nous allions partir, parce qu'il y avait un long trajet a faire de l'endroit où ils étaient pour se rendre au Fort-Dauphin ; ils ne nous répondirent pas et sortirent brusquement de la tente. Tous les capitaines se rassemblèrent en groupe et tinrent cabarre; ne sachant pas ce qu'ils voulaient, ce qu'ils allaient nous faire, je les écoutai attentivement et j'entendis qu'ils se disaient entre eux : « devons-nous les garder, ou les renvoyer? » Je répétai à mes compagnons, en français, ce qu'ils venaient de dire, et nous craignîmes pendant un moment qu'ils ne fissent un mauvais parti de nous; alors ils s'approchèrent et nous dirent que nous avions l'air d'être des espions de Rabéfagnien et qu'ils nous garderaient dans leur camp, « surtout celui-là «en me montrant.
ir il a la barbe longue et parle trop bien, pour qu'il ne soit pas un Antiinossy ii ; et, en s'adressant uu Malgache qui nous avait suivis : ii Tu nous Il trompes, ce sont des gens du pays ». Enfin ce Malgache soutint mordicus qu'il disait la vérité, qu'il ne les trompait pas, que nous étions réellement des blancs, que nous demeurions au Fort- Dauphin, où nous étions établis pour acheter du riz et des bœufs; moi, qui certainement n'avais pas envie de passer la nuit dans ce marais, je me défendis le mieux que je pus, en leur assurant que nous étions des commerçants et que nous n'avions nullement l'intention de les tromper; enfin ils finirent par nous laisser partir, mais toujours avec la crainte que nous ne fussions des naturels de l'endroit, qui venaient pour savoir ce qui se passait dans leur camp.
H Nous reprimes donc la route par laquelle nous étions venus et nous arrivâmes au Fort-Daupbin sur les huit heures et demie du soir. Aussitôt notre arrivée nous apprîmes par des courriers, envoyés à Rabéfagnien par les chefs des environs, que la grande armée était campée au milieu de la plaine Déhéchall. Los traitants qui voulurent avoir des nouvelles s'empressèrent de venir nous trouver h la maison de M. Adam, oii noua nous étions arrêtés pour nous rafraîchir. Nous leur dîmes donc ce que nous avions vu et leur fimes connaître U manière dont étaient installées les troupes de
Radama dans lenr camp. Alors M. Tostée, un de mes amis que vous avez aussi connu, désirant voir la grande armée, m*invita et me pria de faire le voyage avec lui de la plaine Déhéchall ; quoique je fusse encore fatigué de celui que je venais de faire, je convins donc de repartir le lendemain. Nous fîmes nos dispositions à la hâte, nous envoyâmes chercher des marmittes au grand village, nous fîmes préparer nos cadres et nos petites provisions. Le soir même, le chef Rabéfagnien, qui désirait qu'il y eût quelqu'un qui allât en ambassade pour lui près du général de Radama, supplia Ravaa de Ramalifois de faire le voyage avec nous; elle se décida, mais avec la condition qu'il paierait des marmittes pour la faire porter, étant fatiguée du voyage qu'elle venait de faire. Nous convînmes donc de partir le lendemain et nous nous séparâmes pour aller nous reposer.
« Nos dispositions étant faites de la veille, nous nous levâmes de très grand matin, nous fîmes appeler nos marmittes qui étaient allés coucher au village de^ Tananaraboni, que vous connaissez bien, nous préparâmes une petite halte, composée de quatre bouteilles de vin et d'une douzaine de biscuits, que nous donnâmes a porter à un marmitte que la curiosité engageait à nous suivre, et nous nous mîmes en route vers les sept heures du nriatin. Nous reprîmes le même chemin de la veille et nous repassâmes par le village de Manchiannac;
T« KAOAGASeUÛT
il serait inutile de vous faire la description des endroits uii nous avons passé; ce serait une répétition qui deviendrait fastidieuse, car tous ceux qui ont voyagé dans l'intérieur de l'île Madagascar diront comme nous qu'ils n'ont vu et traversé que des lacs d'une très grande étendue, des marais, des forêts, des montagnes, des plaines de sable, et quelques petits villages qui ne peuvent attirer l'attention des voyageurs, si ce n'est celui de Tananarive où Ranavalo fait sa résidence, qui se trouve k cent et quelques lieues du Fort-Dauphin.
H Lorsque nous eûmes traversé la rivière de Manchiannac, nous vîmes le village d'Accounde, où nous nous arrêtâmes pour nous reposer des fatigues que nous éprouvions par le balancement des cadres. Nous trouvant dans l'incertitude de savoir quel accueil nous ferait le général de Radama, nous expédiâmes de suite un inarmitte lui annoncer notre arrivée et lui demander s'il voulait nous recevoir. Voyant que ce marmitte tardait à revenir, nous fûmes à sa rencontre. Plusieurs naturels que nous vîmes sur la route nous dirent que le camp des Hovas était à une très petite distance de l'endroit où nous étions. Alors nous gravîmes une petite montagne, qui se trouvait devant nous, et nous vîmes effectivement la plaine Débéchall qui est d'une très grande étendue, entrecoupée de canaux que les habitants font tous
les ans pour donner cours aux eaux stagnantes qui inondent leurs horacs ou champs de riz, dans le temps des avalaisons; au milieu se trouvent de petits villages de distance en distance. Nous redescendions lorsque nous rejoignîmes le marmitte que nous avions envoyé au général de Radama, pour savoir si nous pouvions avoir une conférence avec lui ; ce marmitte nous rapporta que Ramananoulou (nom du général qui commandait l'armée) nous faisait dire qu'il ne pourrait nous recevoir que le lendemain, sur les huit heures du matin. Nous fûmes donc dans l'obligation de rétrograder et de nous en retourner au village d'Accounde pour pouvoir y passer la nuit. Rendus à ce village, nous ne vîmes pas un seul Malgache et personne qui pût nous recevoir; les Antanossys, qui craignaient que les soldats de Radama ne leur fissent du mal, abandonnèrent leurs cabanes et se retirèrent dans les montagnes ; nous choisîmes la case la plus propre du village et nous nous installâmes le mieux que nous pûmes. Comme nous étions poussés par la faim, nous nous mîmes a manger le biscuit et à boire le vin que nous avions portés; un Malgache, qui k notre arrivée s'était caché, sortit des brousses et vint a nous en disant qu'il nous avait pris pour des Hovas qui venaient pour le tuer. Ce Malgache, qui me reconnut, me demanda si je voulais manger du miel; je lui répondis qu'il nous ferait plaisir s'il pouvait
UB MADAGASCAR
nous en procurer, Il fut donc chercher un grand pint de bois dans lequel il y avilit une douzaine de ravons d'un miel très épais et, tout en mangeaut, je lui fis quelques questions et lui demandai ce qu'étaîrnt devenus les haliîtants de ce village; il m'apprit qu'ils s'étaient retirés dans une caverne à l'approche des troupes de Radama, avec leurs femmes et leurs enfants.
<c Si vous avez été dans cette partie de l'île Madagascar, vous devez savoir que ce village d'Accounde est situé sur le bord de la rivière de Manchianoac, à quelque distance dans l'ouest du Fort-Dauphin et que tout près de là, sur la gauche, se trouve \c beau lac de Fannezaïre que les voyageurs regardent avec extase lorsqu'ils arrivent sur la petite montagne qui sépare Âccouiide des villages situés dans la vallée Déhéehall. Lorsque noua eûmes pris notre petit repas, un peu remis de nos fatigues, nous allâmes parcourir le village afiu de trouver une case assez propre pour y passer la nuit; nous en choisîmes une qui venait d'être bâtie et qui n'avait
pas
encore été habitée. Nous comm
installer lorsque le Malgache dont Je vous ai déjà parlé nous dît qu'il ne consentirait jamais que des blancs logeassent dans la case d'un simple naturel et qu'il fallait nécessairement que nous prissions possession pour la nuit de celle du chef; que d'ailleurs les blancs ne devaient loger qu'en Donac (Palais du roi) et ce palais, mon ami, n'était qu'une
LA PRISE DE i^ORT-DAUPHIN. 169
mauvaise baraque tout enrumée dans laquelle il était impossible de pouvoir se tenir debout.
« Je ne chercherai pas à vous faire la description de tous les endroits par lesquels nous. avons passé, il faudrait pour cela que j'eusse la plume d'Alexandre Dumas; mais seulement je vous dirai que cette nuit a été pour nous la plus horrible qui soit possible; nous avons été obligés de rester assis jusqu'au lendemain, ayant nos porteurs autour de nous, munis de branches et de feuillages pour chasser les cousins qui nous dévoraient malgré le feu que nous faisions dans la baraque.
« Dès le grand matin nous levâmes le camp et nous nous mîmes en route. Nous eûmes bientôt traversé les marais qui séparent Accounde de la plaine Déhéchall; aussitôt rendus sur le petit monticule, nous vîmes les tentes des Hovas et, une fois dans la plaine, nous rencontrâmes quelques soldats qui étaient à fourrager : nous marchâmes encore quelques minutes et nous arrivâmes au premier poste, où on nous fit descendre de nos cadres sous prétexte qu'il fallait qu'on prévînt le général en chef et, de corps de garde en corps de garde, nous étions arrêtés et obligés d'attendre que la même formalité fût remplie.
« Arrivés au dernier poste, nous fûmes retenus plus longtemps; cet ordre avait été donné par Ramananoulou, pour qu'il eût la facilité de faire rassembler toutes ses troupes qui se trouvaient
(^'pnrsRS dans la plaine; et aussitôt qu'elles furent n'unies, il nous envoya un de ses aides de cnnip pour nous conduire jusqu'il sa tente qui était pincée au milieu du camp. Je ne saurais vous peindre, mon ami, quelle fut la terreur des Antanossys qui nous avaient suivis, lorsqu'ils virent les deux chevaux du général ; ils ne purent s'empêcher de jeter un cri; il semblait que c'était pour eux une armée de cavalerie; ils restèrent tous ébahis et ne voulurent plus continuer à porter nos cadres qu'ils avaient déposés par terre; cependant, après toutes les représentations que nous leur fîmes, ils se décidèrent à les reprendre et à nous suivre. Cela doit vous donner une idée de la pusillanimité de cette peupliide, qui s'effraye pour la moindre des choses et qu'un coup de canon ferait fuir jusqu'à Cianneballab. Lorsque nous eûmes appi'oché de la tente du général, on nous fit encore attendre quelques minutes pour donner le temps de faire e, car il faut vous dire que l'armée, qu'on i de 6 000 hommes, n'était tout au plus composée que de la moitié, et le bruit qu'ils avaient répandu sur leur nombre ne fut que pour donner l'épouvante aux Antanossys et à la garnison du Fort-Dauphin. Le général, pour nous recevoir, avait fait prendre les armes à toute sa troupe; elle était sur 7 rangs, formant le carré et commandée par un major qui fit rendre les honneurs à notre entrée dans cette espèce de muraille composée de
disait étr
baïonnettes, et c'est ce qui fit dire à mon ami Tostée, en regardant derrière lui, que nous étions perdus. Il était assis dans un grand fauteuil, deux autres se trouvaient placés devant, et, au milieu, une natte étendue par terre; son costume attira notre attention : il avait un habit rouge doublé de soie, un pantalon de drap vert, des bottines à Tanglaise, des épaulettes d'or en grosses torsades, un chapeau bordé d'un galon en argent large de trois doigts, des gants jaunes qu'il tenait k la main et un beau sabre placé entre ses jambes; h quatre pas derrière lui se trouvaient tous les officiers supérieurs, en grande tenue, sur deux rangs, leurs sabres dégainés; un domestique le couvrait d'un parasol rouge; enfin, mon ami, Ramananoulou, fit tout ce qui dépendit de lui pour nous recevoir de la manière la plus imposante qui soit possible. « En approchant de ce groupe d'officiers hovas, l'envie de rire me prit; leurs costumes hétéroclites et le sérieux de Ramananoulou me firent rester immobile pendant plus de 10 minutes ; après l'avoir abordé et salué, sans proférer une parole, il nous fit signe de la main de nous asseoir; Tostée et moi nous nous assîmes; ne voyant pas Ravaa, je portai la vue derrière moi et je vis qu'elle était debout; alors je me levai et lui donnai mon siège : je fis cela pour faire apercevoir au général en chef que Ravaa était une femme considérée parmi nous. Voyant que personne ne cherchait à rompre le
silence, je dis a un CLipitnine de Rubérngaien, qui se trouvait avec nous, de porter la parole. Alors la conversation s'engagea : le général nous parla do la lettre qui nous avait été adressée par Radama, ; demanda si le commandant du poste du Fort-Daupliiii était un officier et s'il y avait beaucoup de troupes; nous fîmes répondre par Ravaa, qui nous servait d'interprète, parce qu'aucun de nous ne connaissait l'idiome des Hovas, que la garnison du Fort-Dauphin était assez forte et qu'elle était commandée par un olBcier de mérite; nous lui dîmes cela pour chercher à l'intimider, car vous devez vous rappeler que le pauvre M. de Grasse n'avait avec lui que les soldats Roger, Gérard et Milliam, quelques traitants qui ne pouvaient se tenir debout avec les fièvres; voilà, mon ami, les forces qu'avait cet officier pour défendre le pavillon français qui flottait sur le portique du fort, qui n'était qu'un endroit clos de murs où nous avions installé quelques mauvaises pièces de canon prises sur la plage et établies sur des piquets en bois : ce qui aurait pu tuer nos pauvres hommes en faisant feu sur l'ennemi. Après nous avoir fait connaître le temps qu'il avait mis à se rendre de 'l'ananarive à la plaine Déhéchall et la maladie de l'une de ses femmes qui avait la fièvre du pays, il appela un de ses valets et demanda la lettre qui lui avait été adressée par M. de Grasse, en noua priant d'en faire la lecture pour que le contenu lui
soit rendu en sa langue, ce que son secrétaire n'avait pu faire. Alors je pris cette lettre, je la lus en français et la fis interpréter par Ravaa; arrivé il un paragraphe où le commandant du Fort-Dauphin lui disait que le gouvernement français ne renoncerait jamais aux droits qu'il avait sur la province d'Anossy, parce que cette propriété appartenait à la France non par droit de conquête, mais bien pour avoir été acquise par la compagnie des Indes-Orientales, 6 000 piastres d'Espagne, des anciens chefs du pays, il prit la parole et nous dit : « Ces chefs-là n'avaient pas le droit de vendre « une terre qui avait été donnée par Dieu au grand (c roi Radama ». Ensuite il me demanda s'il était écrit dans le pavillon qui flottait au Fort-Dauphin que cette terre était la propriété du roi de France. Je ne pus répondre dans le moment tant j'étais ému, je tremblais de colère, je craignais de ne pouvoir me retenir, et aussitôt m'ètre un peu remis je lui dis que le roi de France n'avait pas besoin d'écrire dans son pavillon pour faire connaître que cette terre lui appartenait, qu'il suffisait q;;'il flottât dans l'endroit pour prouver que cette propriété était celle de la nation française; que d'ailleurs, il avait dû voir dans les ports et rades de Madagascar des navires français, que le pavillon était le même et qu'il n'était pas écrit que ces navires appartinssent à une autre nation.
a Voyant que nous ne pouvions rien tirer de ce