‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 37 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'EXPEDITION GOURBEYRE

1829. Mort de Radama I®'. — Ranavalona la Cruelle. — Nos nationaux spoliés. — M. de Cheffontaines et le Conseil colonial de Bourbon. — Envoi de Gourbeyre. — L'ultimatum. — Il est rejeté. — Prise de Tintingue. — Proclamation du premier ministre. — Devant Foulpointe.

— A Tamatave. — Le corps de débarquement. — Terreur des Hovas. — Prise de Tamatave. — A Ambatoumanoui.

— Retour à Foulpointe. — Bombardement. — Héroïque conduite du capitaine Schoëll. — Prise de la forteresse de Pointe-Larée. — Retour à Bourbon.

Radama P% celui-là même que les Anglais affectèrent d'appeler « roi de Madagascar » et avec qui Sylvain Roux avait tenté à plusieurs reprises de nouer des relations amicales *, était mort le 24 juillet 1828.

L'une de ses femmes, Ranavalona, fut proclamée reine à la suite d'une révolution de palais, et inaugura dans le sang le long règne qui lui valut,

parmi les peuplades niiilgiiches, une effroyable célébrité.

C'est à ce monieDt que la France, pour tirer vengeance de la spotinliou et du meurtre de plusieurs de nos nationaux, se décida à envoyer une expédition h Madagascar. Le capitaine de vaisseau Gourbeyrc en lut charge, sous les ordres immédiats

du

gouvei

? de Bourbon, M. de ChefTontain

Voici le programme qui fut arrêté par ce gouverneur, en Conseil Privé :

L'expéditioa n'aurait recours k la Ibrce que si la reine n'acceptait pas les conditions de la France. L'ultimatum porterait l'occupation par les François du port de Tintingue; il exigerait la reconnaissance des droits de la France sur Fort-Dauphin et le rétablissement sous son protectorat des anciens chefs nialates et betsimïsaracs. Le chef de la députatiou devrait demaciJer une réponse nette et prompte. Passé le délai de huit jours, il se retirerait sous la protection du commandant de l'expédition, qui prendrait alors des dispositions pour

appuyei

indications de la France.

Le 16 juin 1829, le capitaine de vaisseau Gourbeyre partit de Bourbon. II avait sous ses ordres : la frégate Ter/isichore, la gahare Vfnfaligable, le transport le Madagascar; k l'île Sainte-Marie il ralliait les corvettes la Chevrette, la Nièvre et le Colibri; et le 9 juillet, dans l'après-midi, il mouillait en rade de Tamatave.

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Le corps de débarquement se composait de 427 hommes.

Gourbeyre remit au gouverneur de Tamatave, André Soa, l'ultimatum destiné à la cour d'Emirne, et se dirigea sur Tintingue dont il s'empara le 2 août et qu'il fortifia.

C'est là que lui parvint la réponse de la reine, ainsi conçue :

« Je recevrai avec plaisir les ambassadeurs du roi de France, mais je ne consentirai jamais à ce que vous vous établissiez sur mon territoire; si c'est parce que je suis femme que vous m'avez écrit sur un ton arrogant et que vous croyez me faire la loi dans mes Etats, je vous montrerai que vous vous êtes trompé. »

En même temps le premier ministre répondait à la prise de Tintingue par une proclamation interdisant h tout Malgache de vendre des vivres aux Français, sous peine de mort.

De son côté, le gouverneur de Foulpointe refusait d'admettre un navire français sur cette rade, sous le prétexte que nous étions en guerre avec « sa nation ».

Aussitôt le commandant Gourbeyre fait voile pour Tamatave, où il mouille le 10 octobre 1829. Le 11 au matin, il dépêche vers le gouverneur de Tamatave un messager pour demander à ce fonctionnaire hova s'il consent à traiter. Sur la réponse négative de celui-ci, le commandant Gourbeyre

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