LE PORT
Travaux exécutés et à exécuter.
Les seuls travaux existant sont un pont débarcadère, et à droite et à gauche de ce pont, une sorte de jetée en mauvais état, le tout créé par l'administration militaire qui l'a ensuite cédé au service local moyennant 30 000 francs.
Cet appontement ne sert à personne qu'au gouverneur et aux personnages officiels. Le transport des voyageurs et des marchandises se fait au moyen de bateaux qui sont halés sur le rivage. Il semblerait naturel d'autoriser l'accès de ce pont à tous, car on ne comprendrait pas autrement l'utilité de l'acquisition qu'en a faite la colonie.
Dès le mois d'avril 1887, le gouverneur a demandé au département la construction d'un phare à la passe de Diégo-Suarez. En effet les
MADACASCAK.
voiliers qui arrivent de nuit ou par les temps de brume, en face de celte passe, sont obligés de piquer au large et de se laisser entraîner par les courants violents qui portent vers le nord. Il leur faut des journées et même quelquefois des semaines pour regagner l'alignement de l'enlrée.
Tout le monde est d'accord pour reconnaître la nécessitii d'avoir des feux de direction pour l'entrée de la rade. Les marins qui fréquentent ces mers pensent que le réseau serait complet au moyen des travaux ci-après.
Un phare d'une portée de 15 milles sur l'ile de Nossi-Valona; un feu de port, d'une portée de 3 oa 4 milles, à une dizaine de mètres au-dessus de l'ile ou il l'accore nord du cap Frédéric; un simple famil à pétrole, entretenu par le poste du cap Frédéric serait suffisant et peu onéreux. Ce fanal pourrait n'être allumé que lorsque le poste de signaui de télégraphe optique, établi dans le voisinage du cap Frédéric, constaterait l'approche d'un navin manifestant par ses manœuvres son intention àt donner dans la passe.
Un phare serait indispensable sur le cap d'Amhre (portée, 20 milles).
Un petit feu fixe blanc sur Nossi-Hao (portée, 12 milles).
A l'intérieur delà baie de Diégo-Suarez, il faudrait uu fanal rouge de 4 il 5 milles sur Nossi.
Enfin un fanal rouge de portée sur l'accore est
tin cap Diego, et un fjinal vert de 3 milles de portée sur la petite pointe nord-ouest d'Aotsiranc. 1 est le réseau tjue In maFioe da commerce et ut les Messageries voudraient voir élaldîr.
l'adiuÎDistratioD de la colonie estime t^n'avec sur l'ile aux Aigrettes et on plure a IVutrce, on pourrait toujours péDétrer de nuit à Diégo-Suarez.
IMPOnXATIOS ET EXPOBTATIflX
Si l'on excepte quelques boutres veunut de Zaoou d'AuJouan, on peut dire que la rade de
égo-Suarez n'est visitée que par les paquebots Messageries maritimes et par des bateaux de
Station navale.
Les commerçants et même le service local Subissent souvent des retards considérables et très préjudiciables, surtout pour les premiers, à raison du peu d'heures pendant lesquelles les paquebots des Messageries maritimes doivent séjourner dans la baie (huit heures ou dix heures au plus). Or jusqu'ici c'est le service local qui fait lui-même, par ses propres forces, le déchargement des marchandises portées par les Messageries, car la compagnie n'a encore fait rîcn installer ii cet eil'ct : d'oii Une autre cause de retard.
MADAGASCAD.
Les exportations sont ù peu près nulles. Enjtin-' vier, février 1889, elles n'avaient porté que sur les spiritueux, pour une somme repr<^sentnnt environ 4 250 fruncs. Il n'est parlé que pour mémoire de peaux de Lœufs représentant 250 francs.
Cette constatation, pénible à faire, prouve qu'il n'existe aucune relation commerciale entre les tribus indigènes, notamment les Hovas, et nos nationaux de Diégo-Suarez; or rien ne serait plus facile, à notre avis, que d'entretenir ces relations qui, il l'origine, avaient paru devoir se créer. Mais d'une part le mauvais vouloir du gouvernement hova, d'autre part les entraves apportées par notre gouvernement (sous forme d'impôts), ainsi qu'on l'expliquera dans un autre chapitre — tout a contribué à créer la Bitiiation actuelle, déplorable U tous les points de vue. On espérait beaucoup du commerce des bœufs, de l'écaillé, de la corne, du caoutchouc, etc. — et aussi de celui des grains que fournissent les terres de l'intérieur. Mais c'en est fait pour le moment de ce commerce.
Est-ce à la certitude de ne pas avoir de fret au retour qu'il faut attribuer la persistance avec laquelle les navires de commerce s'éloignent de Diégo-Suarez? Faut-il croire, par réciprocité, que c'est la crainte de ne pas avoir de débouchés qui contribue à arrêter les transactions entre nos nationaux et les indigènes?
Quoi qu'il en soit dc-ccs considérations, il en
est deux autres qui assurément ne sont pas étrangères à l'état de choses actuel, si elles n'en sont pas la cause la plus directe. C'est d'abord et surtout la difficulté où, pendant une partie de l'année, se trouvent les navires à voile de doubler le cap d'Ambre pour pénétrer dans le port de Diégo-Suarez. Même les navires à vapeur ne peuvent pas entrer de nuit dans le port, à cause de l'absence de phares et autres feux dont l'instiillation est réclamée depuis longtemps.
D'autre part, comment concentrer à Diégo- Suarez le commerce de cette partie de Madagascar, si les denrées de l'extérieur sont assujetties à rimpôt? si les naturels, de passage sur notre territoire, se voient soumis à une lourde taxe de prestation (9 francs par tête), plus élevée que dans toutes nos vieilles colonies ?
N'avons-nous pas oublié, dans cette colonisation de Diégo-Suarez, les principes posés par nousmêmes. Français, en matière de colonisation? Ces principes sont ainsi formulés dans les instructions données au commandant de Madagascar, par le ministre secrétaire d'Etat à la marine et aux colonies, baron Portai :
« Tenir, jusqu'à nouvel ordre, le port ouvert à tous les pavillons, et en toute franchise, et, à cet effet, entretenir les apparaux les plus nécessaires aux bâtiments de commerce. »
On allait jusqu'à accorder des primes à l'impor-
Uitinit cl à l'esportalton, système assurément condamnable, mais dont l'emploi montre bien avec quelle sollicitude le pouvoir poussait au déveluppcinent de la colonie.
Eniin, pour parer à toutes les éventualités et dispenser le gouverneur de recourir h des impôts, on asEurait la marche de la colonie pour cguatre iinnécs, parce cpi'il ii importe an succès de l'étnhlissement de pouvoir se passer pendant les premières années de secours directs de la métropole, soit parce que les expéditions peuvent éprouver des retards, soit parce qu'il peut arriver tel évt^ncment qui suspende les relations de la colonie ».
Assurément l'auteur de ce mémoire ne préconise pas l'application de telles mesures, qui seraient les unes — comme les primes — mauvaises et peu en rapport avec les idées économiques modernes, les autres — comme rapprovislonnement de quatre années — inopportunes, inutiles et impraticables. Mais du moins pourrait-on affranchir les colons de Diégo-Suarez des Impôts qui pèsent sur eux et faciliter le transit des marchandises en réglant les droits d'entrée.
Il n'existe a Antsirane aucune industrie; toute industrie qui s'y installerait serait immédiatement assujettie a l'impôt'. Au reste le défaut d'eau nuit
a tout essai de ce genre, de même que l'absence de routes est une entrave au commerce avec Tintérieur.