‹ La France à Madagascar, 1815-1895Chapitre 47 sur 71 · Il est mort à la peine, il y a trois ans · texte numérisé non relu

Il est mort à la peine, il y a trois ans

gronde qu'ils sont moiDS fuvorïsi^'s soua le rapport de lu rortuno. Nous avons vu, dans des colonies étrangères, venir se fixer et travailler des métropolitains déjà riches, ou du moins aîs^s. Ceux-ci ne sont pas condamnés a consacrer toutes leurs forces à la conquête pénible du pain quotidien; et àifs lurs le résultat de leurs cflorts, toujours puissamment secondés par l'autorité, profite autant à la chose publique et à lu colonie qu'a eux-mêmes.

Mais placez sur un sol inconnu nn homme qui ne compte, pour vivre le lendemain et peut-être le jour même, que sur le produit de sou travail. Que fera-t-il, sinon absorber toutes ses forces vives dans une tâche ingrate? Pour coloniser fructueusement, l'homme doit posséder les premiers éléments de la colonisation; or non seulement les colons de Diégo-Suarez n'ont obtenu du gouvernement métropolitain aucun avantage, mais même les secours médicaux, qui leur avaient été promis formellement, ne leur sont pas accordés — -àmoins qu'ils ne viennent se faire traiter à l'hôpital, moyennant 1 fr. 50 par jour.

La colonisation d'un pays a été comprise autrement' par les administrateurs du xvii" et du xviu" siècle, qui favorisaient de toutes les manières les pionniers allant s'établir à Madagascar et ailleurs.

Et même dans la première moitié de ce siècle, le gouvernement do la Restauration, désirant fonder

sur un point de Madagascar un établissement agricole, n'hésitait pas h faire aux colons de sérieux avantages (voir les instructions données à M. Roux, commandant particulier des établissements français à Madagascar).

Non seulement on a renoncé à ces pratiques excellentes, mais encore on a entendu demander à une colonie naissante de se suffire à elle-même :

D'où l'obligation pour les administrateurs de cérer des impôts tellement lourds qu'en une seule année (1888) on a pu à Diégo-Suarez constater l'exode de plus de 700 indigènes et colons.

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