NOSS'I-BÉ
quelques jours, avait aidé le corps d'occupation à chasser les Hovas du pays des Ântankares, nos alliés. Mais, à un certain moment, Ton avait dû revenir en arrière, parce que le pays oii l'on s'aventurait n'était pas suffisamment connu. C'est alors que Pennequin, avec sa petite troupe, fut chargé de protéger la retraite de nos fantassins et de nos marins.
Les tirailleurs tinrent tête à plus de 2000 Hovas, cantonnés sur les hauteurs, leur infligèrent de grandes pertes et ne se retirèrent qu'après avoir mené à bonne fin leur mission de salut.
C'était là une véritable victoire. On ne devait pas la pardonner à Pennequin. Le mot d'ordre à cette époque n'était-il pas : épargner les Hovas et faire triompher la politique anglaise?
La compagnie « maqoua » formée par Pennequin servit de type a l'organisation des compagnie de Sakalaves. Une récente décision a augmenté le nombre de ces compagnies.
On peut les visiter dans leurs casernements à Nossi-Bé et à Diégo-Suarez. Ce sont des hommes solides, bien bâtis, qui attendent avec impatience que l'heure sonne de leur revanche, a eux.
Aux approches de Nossi-Bé nous nous passions un récent numéro du journal la France^ qui rappelait que le dernier descendant de Jean Bart, lieutenant de vaisseau, avait été inhumé à Hell- Ville, chef-lieu de Nossi-Bé, en 1846. La tombe
de cet officier, disait le journal, était en mines. Les paisogers de YAva ouvrirent immédiate ment une 6ouâcriptioti el je pus remettre en leur nom il M François, le synipatbi4ue ailmiuUtruteur de Nossi-Bi', une somme assez ronde, pour la rtTection du tombeau de Pierre Bart.
Ces noms historiques se retrouvent à chaque ÎDstant dans nos possessions de la mer des Indes; le eapitaine de frt^gate qui, auprès du commandant Bicnaînié, nous faisait les honneurs du Primauguel, porte un nom de bon augure et qui sonne comme un appel de clairon : Surcouf.
les. — Joli BjEtéme. — M. Le MyrG de Vi-
Raucliot. — L'escale nécessaire. — - Noire
colouiser. — Une suggestion. — Fonciion-
iblable. — ChL'z le gouverneur. — L'ul-
II s'agit de savoir si nous serons mis en quarantaine; grosse question, car depuis quelque temps le système s'est introduit ici d'isoler le pays, purée que des cas de variole avaient été observés
r une partie de la population à la Réunion.
Si le paquebot f
.■;iit directement de la Réujrait libre pratique, le temps
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écoulé depuis le départ pouvant largement représenter la période de quarantaine d'observation.
Mais comme il a touché Tamatave, Diégo- Suarez, Nossi-Bé, c'est contre ces divers points, ou à proprement parler contre Nossi-Bé, qu'il faut se mettre en garde.
Il y a là un petit système sanitaire très intelligemment compris sans doute, et supérieurement appliqué, mais qui ne doit pas faire la richesse de Mayotte.
En ces matières, l'île Maurice nous rend encore des points. C'est elle qui, après avoir introduit l'influenza à la Réunion, et alors que cette vraie peste battait son plein à Port-Louis, mettait néanmoins en quarantaine les navires venant de la Réunion parce que Tinfluenza y existait.
Pour cette fois, nos appréhensions ne devaient pas se réaliser, fort heureusement, et VAça allait pouvoir communiquer.
Un vapeur entre en même temps que nous dans la rade de Mayotte et vient, comme nous, mouiller en face de l'îlot de Dzaoudzi : c'est VAmazone, des Messageries maritimes, avec le courrier de France.
Comme nous, V Amazone arrive avec un certain retard. A bord se trouve M. Le Myre de Vilers, qui se rend h Tananarive, porteur de l'ultimatum. Cette coïncidence permettait à M. Larrouy, le résident général rentrant, et h M. Le Myre de Vilers
d'éfihangcr leurs impressions. Je me borne à sou- Ii.iîl<^r le bonjour à ce dernier, qui s'esl nvancé avec M. Liinouy jusqu'à rarriêre rlu bnteau au moni>-nt où je passe, avec ma famille, dans l'emburcation que nous a envoyée M. Lacascade, le trèa aimable gouverneur de Mayotte.
M. Ranchot est aussi à bord de l'Amazone et sa présence ne contribue pas médiocrement à nous donner l'espoir d'une situation très nette. On se loue beaucoup à Tamatave de l'énergie de ce résident, qui a su trouver le moyen de parler aux Hovas comme il convient.
On cite de lut des traits de fermeté — et c'est une expression atténuée — de nature à faire frissonner d'horreur l'ombre de l'amiral Miot, qui, à Farafale, fut vainqueur par contumace.
Quand j'-;cris ombre, je n'entends pas dire que le signataire du traité du 17 décembre 1885 soit tout à fait pas^é de vie à trépas.
I! n'est jamais question de Mnyotte sans que l'on cite l'opinion de M. Botet, qui déclare qu'aucune colonie n'est mieux placée pour devenir en quelques aunées le centre d'un commerce considérable , il cause de sa situation au milieu du canal de Mozambique , à mi-distance de Madagascar et du littoral africain et formant l'escale nécessaire de tous les caboteurs.
A Mayotle, comme à Nossi-Bé, à Sainte-Marie, un peu partout chez nous, une sorte de découra-
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gement se lit sur la physionomie des colons.
Depuis cinquante ans qu'elle est a nous, cette île a déjà connu son apogée et sa décadence. Plusieurs de nos compatriotes y ont apporté leur fortune, leur intelligence, leur jeunesse. Aujourd'hui ils sont usés et ruinés, la désespérance est en eux.
C'est en vain qu'ils tournent les yeux vers la mère patrie, à eux si chère : elle ne fait rien pour eux. Les colons c'est l'ennemi.
Faut-il accuser les administrateurs? Ils ne sont ni meilleurs, ni pires. En ce qui concerne le gouverneur de Mayotte, il faut reconnaître qu'il est plutôt bienveillant et désire donner satisfaction à la population. De M. Lacascade personnellement, il n'y a que du bien à dire; mais c'est le système qui est déplorable.
On ne fait rien pour faciliter l'agriculture, qui ne trouve pais chez les indigènes le concours des bras nécessaires; les impôts sont considérables, bien trop lourds pour l'industrie et le commerce ; on éloigne les capitaux et les bonnes volontés par un ensemble de mesures politiques et administratives qui tuent la colonisation.
11 y a tout à refaire dans nos possessions de la mer des Indes et ce ne sont pas les rapports officiels qui indiqueront le remède au mal. J'ai eu souvent la pensée que, de ce côté-là aussi, le Parlement devrait diriger ses enquêtes. Le jour où une commission de la Chambre sera nommée pour
se trnnsporter sur les lieux, entendre les doléances de nos nationaux, sonder la plaie, peut-être arrîvera-t-on à une solution pratique. On déplace les députés pour compléter sur Ips lieux un dossier d'élection et on ne le ferait pas pour assurer la prospérité de notre immense empire d'outre-mer! Les gens sensés et sages hausseront les épaules devant cette suggestion : qu'ils proposent autre
chose aloi
î nos compatriotes
sachent qu'ils ne sont pas décidément condamnés.
Que dire de l'histoire de cet invraisemblable fonctionnaire qui, occupant par intérim et par hasard les fonctions de procureur de la République, fait passer à tabac un citoyen honorable qui s'est permis dans la rue de le regarder de travers? Les Français de Mayotte ont dû recourir au gouverneur pour obtenir la mise en liberté de leur compatriote; ils ont adressé ii leur délégué un mémoire très complet de cette affaire, destiné il un certain bruit dans le Landerneau coIoniaL
Revenons à des idées plus riantes.
Le gouverneur avait ouvert tout grand son hôtel à ceux des passagers de VAt'a désireux de rester un moment à terre. Sa charmante famille en faisait les honneurs avec beaucoup d'aménité et de grâce. Bientôt même le piano et les chants
Cependant une chaleur torride emplissait la salle de ses ondulations suffocantes, Éventails et casques — j'ai lais écrire claques — s'agitaient ner-
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veusement dans l'air alourdi et pesant, se heurtant dans la fraternité de communes préoccupation : l'asphyxie k conjurer. M. Lacascade invite ses hôtes h se promener sous les larges vérandas de l'hôtel. Un peu de brise et la glace à profusion dans les coupes de Champagne donnent un moment l'illusion du froid.
On rentre à bord où les nouvelles circulent.
Chacun se prétend au courant du but de la mission Le Myre de Vilers; mon voisin donne même le texte de l'ultimatum : deux mille hommes h Tananarive en garnison, sinon l'expédition immédiate.
M. Larrouy, à qui j'en parle, est beaucoup moins avancé que mon voisin.
Ces diplomates!
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