UN DERNIER MOT
J'ai voulu rassembler, d'après des documents que je possède ou que j'ai puisés parmi les très riches archives de Tîle de la Réunion les éléments propres à l'histoire de nos établissements à Madagascar, depuis la Restauration.
On comprendra que je n'aie fait qu'indiquer le traité de commerce de 1863, la mission Dupré, l'assassinat de Radama. Ces faits sont trop connus, ils ont été trop souvent racontés — ainsi que le rôle des Lambçrt et des Laborde, l'assassinat de Darvoy et d'autres événements plus récents — pour qu'il fût utile d'en parler longuement.
Le but poursuivi a été avant tout de démontrer qu'à Madagascar la France n'a pas seulement des « droits historiques », suivant la formule généralement employée. Elle est chez elle. Les Hovas, inventés de toutes pièces par la politique anglaise, sont des usurpateurs et des oppresseurs. Jusqu'en 1885, la France n'avait jamais reconnu leur
suprématie sur la Grande-Terre, et, même à m époque, nos droits furent réservés.
A cet égard j'aurnis pu citer encore une lettre bien curieuse qui m'a été remise ri^cerament. Elle fut adressée eu 1854 à un négociant de la côte Ouest p:ir le co ut mandant Vincent, chef de la station navale dans la mer des Indes. Le m roi des Hovas u n'y est pas ménagé, pas plus que son entourage, et le brave commandant n'emploie pas de circonlocutions pour dire que ce principicule n'a ni titre ni qualilé pour prétendre à la domination d'une terre qui appartient II la France.
Mais la preuve n'est-elle pas faite? Les documents diplomatiques relatés, cités textuellement au commencement de ce livre, ne sont-ils pas de nalure ii convaincre les plus incrédules et à confondre la mauvaise foi?
Mon collègue et ami, M. Deloucle, très compétent en tout ce qui touche aux affaires coloniales et extérieures, exprime très nettement cette conviction dans la lettre ci-après :
( Mon cher ami,
« Votre étude est complète. Quel malheur pour notre pays qu'elle n'ait point paru avant 18S5I Notre diplomatie y eût trouvé des titres bien faits
pour déconcerter l'intrigue anglaise et pour encourager Tefiort patriotique. II est bon, néanmoins, que votre livre vienne à Theure même où nos troupes partent pour Madagascar. La France et l'Europe apprendront, en le lisant, que nous n'allons pas là-bas à la suite d'un coup de tête, mais bien que nous accomplirons, avec le calme et la volonté du devoir fort, le dernier acte d'une politique séculaire, legs de l'ancienne France, testament de Sylvain Roux et de tant d'autres braves dont vous avez réveillé la mémoire endormie par un demisiècle d'abandon national.
« M. de Mahy et vous-même, mon cher collègue, figurerez dans l'histoire comme les évocateurs de ce grand passé, seul enseignement digne de notre pays, et d'ici quelques mois, nous vous en marquerons toute notre reconnaissance, en vous acclamant tous deux (( députés de Madagascar ».
(( Cordialement à vous,
« François Deloncle. »
L'expédition votée par le Parlement aura-t-elle lieu? A l'heure où j'écris les dernières lignes de ce livre *, des dépêches — de source anglaise, timeo danaos — annoncent que la pseudo-reine de