LETTRE DE M. DE MÀHY. XXI
qui rayonneraient de là sur les différentes autres provinces de l'île pour y exercer leur industrie ou accroître leurs premières épargnes » *.
Est-ce assez clair?
La différence entre le régime du protectorat et la Souveraineté est que le premier oblige à subir la réalisation de ces convoitises. Le second ne la tolérerait que si tel était notre bon plaisir.
Et sur quelles raisons péreraptoires se fonde-t-on pour donner la préférence au protectorat ?
1® On prétend que Texercice de la souveraineté favoriserait davantage Tabus du fonctionnarisme. On s*écrie : Ne nous en parlez pas I avec la souveraineté on ferait de Madagascar une colonie de fonctionnaires. Où a-t-on vu cela ? Pourquoi l'administration d'une colonie exigerait-elle plus de fonctionnaires que l'administration d'un protectorat? Pourquoi serait-il moins facile, dans un cas que dans l'autre, de recourir à ce que l'on pourra utiliser des éléments locaux ?
2" On excipe de l'esclavage. On dit : avec la souveraineté Madagascar deviendrait forcément terre française. Or, terre de France affranchit tout esclave. C'est contraire à l'organisation de la société hova.
Mentionner ces objections n'est-ce pas les réfuter? En vérité, se peut-il que des considérations de cet ordre entrent dans la balance d'une si grande affaire ? La peur chimérique de compter quelques fonctionnaires de trop et l'intérêt de quelques propriétaires d'esclaves empêcheront la France orientale d'être terre française!
1. Citation de M. le consul Maigrot et M. ringénieur Cortese, dans le Boletlno conaulare. — Extrait du Bulletin des rensei' gnemenis coloniaux de M* Gaston Laforest.
Eli bien ! n'en déplaise à nos rivaux et à leurs amis» ce n'est pas pour revivifier l'institution pourrie de l'esclavage à Madagascar, ni pour consolider le lypc social anglo-hova, ni pour augraenler la puissancB iP l'Italie et de l'Angleterre en les aidant à caser cheK nous leurs émigranls et leurs colons [ennemis introduis dans la place), que la France a manifesté sa volonté )l que le Parlement a volé à la requête du ministère UDB expédition de quinze mille hommes et une dépense ifô soixante-cinq millions. Nous avons meilleur usag* à^ faire du territoire superbe que l'ancienne France noill|| a légué. I
Nous aussi nous avons des émigrants à placer, ^ iniérËts à sauvegarder, un idéal de civilisation à ittm dier, et ce que l'on disait à la Chambre des députàfl en 1885, vrai à cette époque, l'est encore plus aujouH d'hui. Il nous semble utile de mettre ces quelques pagW sous les yeux du lecteur.
a D'ores et déjà, disions-nous, un grand nombre 4 Français quittent chaque année la France et se dispen sent dans le monde entier. La plupart périssent mirf rablement. Parmi les cinq à six mille ' qui font la dëd* ration officielle de leur exode, une partie dans l'Amérique du Sud, à La Plata. Le reste se à la masse énorme des populations du globe raît comme une goutte d'eau dans l'Océan, en f sans proQt pour la nation. Que de forces vives gaspillées, qu'il est d'un intérêt suprême, d'un i. urgent pour la France de recueillir précieusemi sans tarder davantage !
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a instinct profond les porte à se l'inslinct de la conservation, qui i
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i pénétre aussi les e certains moments décisifs le d'Etat doit savoir saisir
i ces forces,
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seiileinent les ^ouiélés, et se [iiif <!es indice
« C'est vers Madagas iiiiqu'à présent perdues, leodenl à '[ai se rendront cette foule de gens, nos frères, cpje la lutte pour la vie élimine et étouffe, ou déclasse et pousse au crime sur le sol natal trop fDcombré! C'est à Madagascar qu'une partie des capitaux que les Français jettent dans des spéculations ruineuses iront fructifier, quand on saura que dans ce gruad pays qui est à nous, et où tant d'espace reste à iiccupcr par nos nationaux, nos gouvernants sont enfin l'^silus à ne plus se départir des faciles devoirs d'une pulilique fertne et nette.
<f Sur toute la surface du globe, Madagascar est la ?nile terre disponible où la France puisse se dével')p|)er et faire de la vraie colonisation. Madagascar, iV'Si deux fois au centuple les îles de France et de litiLirbon, à l'époque de leur découverte. Et la fortune .1 loulu que ce domaine de si rare valeur soit notre propriété I Pour la grandeur et la beauté, elle est semljlal)Ie à la France même. C'est une France nouvelle, la France orientale restée jusqu'en plein xix" siècle à |ieu prés inhabitée, à peu prés inexploitée, et toute iin'le h recevoir le trop plein de notre vieille Franco, .1 l'éd-oit aujourd'hui dans ses limites continentales.
■■ Ce que Madagascar vous offre n'existe nulle autre .' ! 1 au monde. Vous le chercheriez vainement ailleurs; ' (iiut ailleurs vous vous heurtez ou vous pouvez vous
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on b>«i xaas stsz a |N>|ici]altufu> d'une densilc excessive, imiréce daH^ vinille civiLÎMiliiiu. pwa aasimlUtilea, {iresquc il tniblu» Â nnir« stuig. a nits mcrurs
■ur uii fiul Âtrutt. doni la moaidrc p •occujiani , non prn{irî«uirc indmilBel- l'a I peuvent preudn- b direction du pa^ Il placcF, drvnnir roociimiiaires. explotier )t <( in«rc« et l'industrie, un profit. Je le recomiaia, 4 iDae»e cntièrp de la nation, ei tdos a:vez U n>rtlri- votre draficau. Maie là vous ne pom esKiûiiier. tcdonifetr réeBemeat.
■ A Mada^ecar nous sommes seuls -. noss ovci fr«nlii-re l'Océan; le rivage oGre h notre mari péebeiieB, des aLris, dts rades, des ports, 1 luaKnîtiqueK du globe, d des conditions locales ■< gucf â celles qui donnent anx arsenims de TA une «i grande eupériorité sur les nittres : la htm fer, le luîvrc, le bois, Teaa profoni de tMBstructioa, la facilité des approvisioni loulea sortes.
• lia vous avez nne position stratégique ii rallie, nécessaire à la France poor la sai ffC« pciflBeBsîona, de son commerce, de sa «hanile et milHaîre, de ses intérêts, de ■ éinu l'Esirôrue-Orientci dans l'hémisphèr
* Ui, voua ave» la terre nourricière qni cow ifi iiKrticntc louies les Iles et toute la navigation di
pÉl>llft1c l'océan Indien.
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î you* tiVèt tin mil pli ' lii'rê»,' tàtttilU âh '
m honorable ami M. ] nntureux, propre à ton IroupoBux de bélail ei