TRAVERSANT LA FRANCE POUR SE RENDRE AU CONCILE
Il vient de retentir, sur vos plages lointaines, Du Pasteur des pasteurs le signal solennel; Et voici qu'à travers les mers, les monts, les plaines^. Nous vous voyons courir, voler à cet appel !
Salut, beaux pèlerins, qui traversez le monde. Pour assister demain à ce grand rendez-vous! Pieux distributeurs de la grâce féconde, Etendez votre main, Pères, bénissez-nous !
Bénissez en passant les enfants de la France... Agréez notre accueil filial et joyeux... Voyez-nous toujours prêts, pour l'Eglise en souffrance, A verser notre sang comme ont fait nos aïeux.
Dieu vient de vous charger de son plus beau message : Raviver sa lumière en l'humaine raison ; Et rien ne vous retient ni le fardeau de l'âge, ^ Ni le troupeau chéri, ni la rude saison.
Il vous faut raffermir la chaîne vénérée, Aux siècles primitifs liant les temps nouveaux. Chaîne d'or dont l'erreur, de sa lime acérée. Tente plus que jamais de rompre les anneaux.
Contre cet ennemi la lutte est éternelle... Mais de la Vérité, vous, la garde d'honneur, Vous êtes, tour à tour, l'ardente sentinelle, Ou la grande réserve aux combats du Seigneur!
Allez! je vois demain, sur sa chaise curule. Chacun de vous assis à ce sénat de Dieu. Allez ! que son Esprit sur vous plane et circule En effleurant vos fronts de ses langues de feu.
Là, de Jérusalem, de Nicée et de Trente, En leurs Conciles saints, suivant les errements. Je vous entends chanter, d'une voix pénétrante^ Le symbole fixé par leurs enseignements.
De leurs anciens décrets, répertoire sublime, Vos décrets tout récents grossissent le trésor ; Ce qu'ils ont affirmé, d'une voix unanime, Devant le monde entier, vous l'affirmez encor.
Et vos arrêts nouveaux, en formules divines, S'imposent désormais comme règles de foi ; Et deux cent milHons de ferventes poitrines Vont, en les acclamant, battre d'un même émoi !
Dans ce temple fameux qui prête son enceinte. L'abri de sa coupole à voire Haut Conseil, Le regard est frappé d'une inscription sainte, Que l'on dirait gravée en rayons de soleil
Non, l'artiste n'a point, sur ce beau tabernacle, Ecrit en vain ces mots avec l'or et l'airain ; L'incroyant qui les lit, ébloui par l'oracle, Dit : Dieu seul put dicter ce texte souverain,
Lève-toi, radieuse et pleine d'allégresse, Sainte Eglise de Rome î oui, triomphe en ce jour ! Car en faisant à Pierre une telle promesse, Le Sauveur à jamais te vouait son amour !
Lève-toi dans ta force ! un mot impérissable Est de ta vérité l'invincible argument : C'est sur le roc vivant, et non point sur le sable Que le- Christ est venu fonder son monument.
Il l'a juré : L'Enfer, avec ses noirs orages, Ne fera jamais brèche à ta solidité.
Toujours, phare brillant, sur l'océan des âges. Toujours tu guideras vers Dieu l'humanité.
A.-J. CHARTIEZ.
Hôpital (lu Tondu, près Bordeaux, le -4 novembre 1869.
(1) TU ES PETRUS, etc., éciiten cnractères qui ont deux mètres et demi de
ÎVdUt.