‹ La France a RomeChapitre 115 sur 177 · PSAUME · texte numérisé non relu

PSAUME

Misericordia et \eritas obviaverunt sibi ; Justitla et Fax osciiintai sunt.

fPsalm.)

Que la Miséricorde et la Vérité sainte Marchent l'une vers l'autre en se tendant la main ; Que la Paix, la Justice, en une heureuse étreinte, S'embrassent aux regards charmés du genre humain.

Je chantai, quelque temps, des hymnes séraphiques; Mais, quoique jeune encor, je vois à l'horizon Le nuage doré des rêves poétiques Disparaître au soleil de la pleine raison.

Pourtant, quand j'ai connu les trésors d'espérance Que Rome, en ce moment, répand sur l'univers; Quand j'ai su le projet des poètes de France, En moi, l'enthousiasme a retrouvé des vers.

Quand le Seigneur voulut que la Bonne Nouvelle Par de pauvres pêcheurs fût portée en tout lieu, La divine colombe, en les couvrant de l'aile, Toucha leurs fronts penchés d'une langue de feu.

Depuis ce jour heureux, lorsque l'Erreur superbe Souffle partout le doute et la perversité, Et sous son pied maudit séchant la fleur et F herbe. Fait pleurer de douleur la douce Vérité ;

Quand on voit sur le Ciel passer ces grandes ombres Qui voilent un moment la splendeur de l'azur ; Quand les fronts abattus s'inclinent froids et sombres, Et quand des cœurs flétris s'envole l'amour pur;

On se souvient alors du successeur de Pierre; Et dans ce trouble immense on voit bien des regards Se tourner anxieux vers Timmohile Pierre Qui domine aujourd'hui la cité des Césars.

Un grand appel alors est jeté dans le monde ; Les disciples encore arrivent de tous lieux ; Et du Trône Eternel la sagesse profonde, L'Esprit de Vérité descend au milieu d'eux.

Ces rudes travailleurs de l'œuvre apostolique Aux gouttes de leurs fronts mêlent parfois des pleurs; Mais la terre où s'étend leur course évangélique Se couvre abondamment et de fruits et de fleurs.

Et la Miséricorde et la Vérité sainte Marchent Tune vers l'autre en se tendant la main ; La Justice et la Paix, en une heureuse étreinte, S'embrassent aux regards charmés du genre humain.

Rattachez-vous au tronc, ò branches séparées. Dissidents qui portez le grand nom de Chrétiens; Revenez au Pasteur, ô brebis égarées, idolâtres du monde et modernes païens !

Et vous autres, Raison et Sciences humaines, Vous, Progrès, Avenir, toi, noble Liberté, Gomment pourriez-vous donc des Assises romaines Redouter un instant la grande autorité ?

Dieu, comme à l'Océan, vous marqua des rivages: Jusqu'à ce point pour vous sa main les recula; Soyez libres, ô flots, jusque dans vos orages ; Mais, en touchant au bord, n'allez pas au-delà !

Dans l'espace une étoile apparaît radieuse, L'Espérance est son nom; bien des maux vont finir; Et l'Eglise une fois de plus victorieuse, Après avoir parlé, n'aura plus qu'à bénir.

Pontife bien-aimé, si le Ciel favorable

Trou ve|r humanité digne de ces destins

Que prépare aujourd'hui votre main secourable,

Quelle gloire pour vous quand ils seront atteints î

Seigneur, comme au Cénacle, envoyez la lumière Sur tous ces fronts sacrés qu'on verra tour à tour Eclairés par la foi, courbés dans la prière ! Embrasez tous ces cœurs des feux de votre amour !

— 348 ~ Et la Miséricorde et la Vérité sainte Iront Tune vers l'autre en se tendant la main ; La Justice et la Paix, dans une heureuse étreinte. S'embrasseront alors aux yeux du genre humain.

Armand GRANEL.

(diocèse D'ACEm)

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