PROVINCE ECCLESIASTIQUE DE BORDEAUX
EMITTES SPIRITUM TUUM ET CREABUNTUR, ET RENOVABIS FACIEM TERR/E
Rien n'existait encor. .. Dans un concert intime Exprimant son bonheur, sa gloire, son amour^ L'Auguste Trinité, sur un trône sublime,
Régnait dans l'éternel séjour. Une nuit sans aurore et d'horribles ténèbres
Étendaient leurs voiles funèbres
Sur l'immensité du chaos... .
Mais la bonté divine enfin se manifeste, Et, prenant son essor, la Colombe céleste
S'abaisse, en volant, sur les eaux.
0 prodige ! Du sein de l'élément liquide. Que son souffle fécond a mis en mouvement. Se dégage une masse inerte, froide, aride,
Produit informe du néant.
« Que la lumière soit! )> dit une voix puissante,.
Et la lumière obéissante
Gomme l'éclair jailht soudain.
Jehovah se complaît dans ce premier ouvrage ! Du Jour et de la Nuit il fixe le partage,
Entre le soir et le matin.
Ainsi, dans notre siècle où rugit le blasphème, Où tout est confondu, les devoirs et les droits, Où, dans son fol orgueil, s' attaquant à Dieu même
L'impie ose élever la voix, On voit régner partout le doute et la licence... D'audacieux tribuns frappent avec démence
L'aulel et les trônes croulants...
Les ombres de la mort couvrent la terre entière, Les peuples éperdus attendent la lumière
Qui doit guider leurs pas tremblants
Paraclet ineffable, ò don par excellence, Que dispense aux humains l'éternelle bonté, Fontaine dont les eaux coulent en abondance,
Foyer brûlant de charité, Venez... Un froid mortel s'est emparé des âmes... Tout souffre, tout languit, .. De vos divines flammes
Faites-nous ressentir l'ardeur.
Sur sa base ébranlé, le monde est à refaire. . . Ouvrez sur ce chaos votre aile tutélaire,
Descendez, Esprit créateur.
Il va venir... Déjà l'horizon se colore...
Des signes précurseurs annoncent son retour...
Bientôt va se lever cette brillante aurore
Dont l'éclat présage un beau jour.
Du Concile sacré l'heure est enfin venue... La prière des saints, en pénétrant la nue.
Du Ciel a vaincu le courroux.
La justice de Dieu fait place à sa clémence... Gage consolateur de l'antique alliance,
L'arc-en-ciel rayonne sur nous...
Le Saint-Père a parlé... Des quatre coins du monde, Pontifes du Seigneur, confesseurs de la foi, Sans craindre la fureur des autans et de Tonde,
Venez auprès de votre Roi.
Venez des bords heureux où le soleil se lève, Des rivages lointains où sa course s'achève.
Venez du nord et du midi...
Vaisseaux, appareillez et déployez la voile Pour ces Mages nouveaux, car les feux de l'étoile
Au Vatican ont resplendi.
Là règne, couronné du triple diadème, Que la terre et le ciel vénèrent à la fois. Ce débile vieillard, dont la faiblesse même
Désarme la force des rois.
Du juste et de l'injuste il trace la limite... Contre son trône en vain l'impiété s'agite
Et brandit un fer menaçant...
C'est le phare établi, pour éclairer nos âmes, Sur ce roc immuable où se heurtent les lames.
Pour se briser en mugissant.
» Pierre, avait dit le Christ, je veux sur cette pierre » De l'Église à venir poser le fondement ; » Je veux être avec toi jusqu'à l'heure dernière » De mon suprême Avènement... »
Et le Pontife-Roi représente dans Rome L'Apôtre qui reçut des mains du Fils de l'homme
Les clefs de la sainte Cité.
Le Christ, par son Esprit, le dirige et l'inspire, Le Christ triomphe et règne, au Christ revient l'empire
Du temps et de l'éternité