ROME CATHOLIQUE
La Rome des Césars, la Rome des conquêtes,
Où le fer était souverain, Yit le sang des martyrs ruisseler à ses fêtes.
Comme le ûeuve du Jourdain.
A la voix de l'Apôtre on vit le Paganisme, Gomme l'hydre aux hideux contours,
Lancer son noir venin sur le Catholicisme, Qui comptait alors peu de jours.
Le temple des faux dieux pierre à pierre s'écroule :
Des chrétiens écoutez la voix !
Jésus parle en leur cœur, et l'on voit de la foule
Surgir les soldats de la croix.
Les tenailles de fer, les chevalets, la ûamme,
Les dents du lion rugissant, Rien ne peut ébranler leur courage, leur âme :
Pour le Ciel ils versent leur sang !
Durant un siècle entier, ô Rome, que de crimes !
Tes vieux palais en ont horreur !
Tes bourreaux ont trempé dans le sang des victimes
Leurs mains tremblantes de fureur.
Et c'est après ce temps, que dans Rome l'antique, A la place où trônaient les dieux,
On vit briller la croix sur une basilique Dont la coupole touche aux cieux.
Depuis dix-huit cents ans les successeurs de Pierre,
Ces flambeaux de la chrétienté.
Ont fait germer la foi par des flots de lumière ,
Leurs vertus, et leur charité !
Dignes représentants du Dieu qui s'est fait homme, A vous le sceptre, à vous la croix ;
Vous êtes souverains de l'EgUse et de Rome : Pepin-le-Bref vous a faits rois.
A vous de commander, à nous l'obéissance :
Votre sagesse vient du Ciel !
Les clés que vous tenez prouvent votre puissance
D'ouvrir le royaume éternel.
Les révolutions peuvent briser un trône, Un sceptre d'or, mais non l'autel :
L'Eglise est une reine, il lui faut la couronne, Gomme la gloire à l'immortel !
A. Hector BERGE,
Membre des académies impériales de Reims et de Poitiers.
(diocèse de bordeaux)
SURGE ET LOQUERE
-^A/AAIWA.
L'heure esl venue, ô Rome, agrandis ton enceinte : L'univers dans tes murs vient saluer son roi... Debout! guerriers du Christ, pour la croisade sainte Aux tombeaux des martyrs retrempons notre foi.
Revêts-toi de splendeur, ville aux gloires antiques, Pour un nouveau triomphe ouvre-nous tes portiques: Au temple de ton Dieu des peuples vont monter.
Et vous, hérauts vieilhs des victoires latines. Élevez votre voix, échos des sept collines : La terre est à genoux prête à vous écouter.
La haine sans merci contre nous se déchaîne, Mais de ses flots impurs qu'importent les fureurs. . . ! Le devoir et l'amour ont d'une double chaîne Aux branches de la croix déjà fixé nos cœurs. 0 Pie Neuf, lève-toi ! ta main de la tourmente Arrêtera soudain la vague frémissante, A ta voix s'enfuiront les horreurs de la nuit; Ta barque séculaire ignore le naufrage : Nous, passagers, des flots craindrions-nous l'orage, Quand Dieu veille sur nous, quand Pierre nous conduit !
0 terre, qiïk tes bruits succède le silence, Vers les rives du Tibre entends-tu cette voix? Un vieillard couronné proclame sa puissance. Et contre le mensonge affirme tous ses droits.
Parle, ô Pontife aimé, si les rois te délaissent, Qu'importe. . . ? Tes enfants par millions se dressent : Leurs cœurs sont plus aimants, leurs bras plus vigoureux. Tu n'as qu'à le vouloir pour triompher encore : Que craindrait le guerrier que ton amour dévore... ? Parle ! des Francs sont là fiers comme leurs aïeux !