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GLOIRE A PIE IX, A ROIE ET AU CONCILE

Diligam te, Domine, fortitudo mea, (Ps. xvm.)

La paix va refleurir dans la ville éternelle,

Le Vatican orné d'éclatantes couleurs,

Elève dans les airs sa tète solennelle.

Peuple chrétien, cueillons à pleines mains des fleurs.

L'hôte de ce palais en a franchi l'enceinte : C'est le Pontife-Roi ! de ses pieds triomphants Baisons avec amour l'ineffaçable empreinte. Quel moment fortuné, Rome, pour tes enfants !

Devant les saints autels il vient courber sa tête, Vénérable vieillard si longtemps éproüvé, Et la foule le suit empressée et muette : Seul, le remords au cœur, gémit le réprouvé.

De la robe du Christ il voulait le partage ; Arrière, vil tyran vomi par les enfers! 11 n'est pas fait pour toi cet antique héritage, Un monde s'est levé pour repousser tes fers.

Non, ils ne craignent point les tempêtes horribles, Ces jeunes, mais vaillants et robustes soldats ; Ils sont là tous debout, menaçants et terribles, Prêts à voler encore à de nouveaux combats.

Leur cause est noble et sainte, et leur mâle courage

En a fait en un jour d'intrépides guerriers.

Aux sommets de l'histoire ils vivront d'âge en âge,

Nous, redisons bien haut : qu'ils sont beaux leurs lauriers!

Dieu le veut ! fut aussi le cri sorti de l'âme De nos nouveaux croisés ; que le monde envieux S'écrie en admirant leur superbe oriflamme : Ils sont par leur valeur dignes de leurs aïeux.

Plus de vents en courroux, plus de cris, plus d'alarmes: Le salut c'est le port, il est là grand ouvert ; Mortels inconsolés, séchez vos chaudes larmes, La colombe à son bec porte le rameau vert.

Devant l'oint du Seigneur va tomber le vampire; La colère de Dieu contre lui s'arme enfin. Déjà Rome triomphe et l'univers respire : C'est l'aurore d'un jour sans nuage et sans fin.

L'air s'emplit de parfums, l'horizon de lumière, La terre a retrouvé ses chants harmonieux, Hâtons-nous d'embellir l'autel de la prière, Qu'en flots épais l'encens inonde les saints lieux.

Acclamons le vainqueur et publions sa gloire, Que nos pieux transports s'élèvent jusqu'au Ciel, Unissons tous nos voix pour chanter la victoire : Ils ne sont plus ces jours empoisonnés de fiel.

Il a jusqu'à la lie épuisé les calices Lâchement préparés par ses persécuteurs.

Il a souffert pour Dieu les plus cruels supplices : Opprobre à l'insensé, honte aux spoliateurs !

Toute sa force à lui c'est son ardeur divine, C'est son front pacifique et son austérité, C'est cette croix qui fait jaillir de sa poitrine Les sources de la grâce et de la charité.

0 mère des Beaux-Arts, des Princes de la lyre, Je vois d'ici passer le cortège pompeux De tes nobles enfants qu'enflamme le délire ; Sois fìère de ton nom plus que jamais fameux !

Mais pour rendre ta gloire encore plus féconde, Tu sais changer d'armure et d'intrépidité, Et ta voix va tonner pour conquérir le monde, Contre l'erreur funeste et l'incrédulité.

Et nous verrons par toi, reine des catholiques, Bientôt nos saints drapeaux flotter de toutes parts,. Les temples de Sion élargir leurs portiques Et des Gentils crouler les orgueilleux remparts.

Et la paix en tous lieux régnera sur la terre ; Les peuples désormais goûteront ses douceurs ; Ils seront tous unis. Loin du bruit de la guerre, Les nations vivront s'aimant comme des sœurs.

Pour cet œuvre si grand qui pour nous se prépare. En haut nos cœurs, chrétiens, intercédons lesGieux; Que ceux que leur raison si follement égare A la lumière vraie ouvrent enfin les yeux.

France, enorgueillis-toi ! car cette ère nouvelle Te devra les trésors de sa félicité; Le sang de tes martyrs fume encore pour elle, Pour elle quel grand cœur n'a-t-il pas palpité?

Paul RAYNAUD.

(diocèse de carcassonne)

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