ROME OU LA MORT
Ego sum via, veritas et vits.
Joa., 14, 6,
Rome ou la mort ! . . Tel est le cri sauvage Poussé par le héros, déshonneur de notre âge. Rome ou la mort!., que ce cri, détourné De l'infernal délire Qui l'inspire, En ce jour D'amour, Sainte devise de la France, Cri d'espérance, Soit par nos cœurs vers le Ciel retourné.
Rome ou la mort! Anges du sanctuaire, Oints du Seigneur, Que votre cœur Mêle ces cris à sa prière.
Et vous, des Cieux Hôtes heureux, Dans l'allégresse.
Avec transport Chantez sans cesse :
« Rome ou la mort ! y>
Ils l'ont chanté ces Enfants de la France , De l'avenir nobles aïeux.
Nouveaux croisés victorieux
Dont la vaillance Dit aujourd'hui, comme autrefois Nos fiers Gaulois :
« Ma lance « Soutiendrait les Gieux ! « Elle est debout l'audace héréditaire, De Jésus-Christ protégeant le Yicaire, Gomme autrefois nos pères glorieux.
Accourez donc des plus lointains rivages, Frères aimés du saint Pontife-Roi.
Avec vos cœurs offrez-lui vos courages ; N'êtes-vous pas les juges de la foi ?
Rome a parlé, l'Église vous appelle.
Qu'à sa voix chacun soit fidèle :
Cette heure est solennelle
En ces précieux jours.
Partout l'orage gronde ;
Il sauvera le monde, Votre concours.
Le Ciel obscurci tonne, L'homme égaré s'étonne,
Tâtonne,
Frissonne ;
Loin du chemin De l'espérance,
Il a faim De délivrance, De foi, d'amour et de félicité ; Et dans les fers de l'esclavage Chante avec rage :
« Liberté ! >»
Fille du Ciel, la liberté s'envole Loin des impurs ; Et le monde frivole, De la vertu brisant les murs, Vole A l'enfance L'innocence, A la Vierge la candeur :
Et du vice la laideur, Des blancs cheveux de la vieillesse, Fleur de tendresse, Souille l'honneur.
Eh quoi ! mon Dieu, des hautes cimes Où j'écoutais les sons mélodieux,
Et les leçons sublimes,
Et les accents pieux D'une voix que le Ciel inspire.
Le foudre que l'orgueil attire A renversé l'audacieux.
Où va cette étoile qui file?...
Où va le nuage sans eau?...
A ton tribunal, au Concile Nouveau,
Il en appelle
Moine rebelle !..
Homme déçu, Il tombe!...
Resteras-tu dans la tombe
Ange déchu ?
Tout chancelle, Tout se mêle, Et l'erreur et la vérité.
Et la haine et la charité :
C'est un chaos immonde De hontes, de noirceurs.
D'impiétés, d'horreurs.
Au premier jour du monde.
Flottant sur l'abîme des eaux, Esprit-Saint, à ta voix fidèle.
Le néant s'anima. Qu'ils étaient beaux Les Cieux ! Que la terre était belle ! L'ange sourit au Roi de la création.
L'homme entendi t ce cri : « Tout est beau, tout est bon. >»
Que ta voix créatrice En ce jour D'un pôle à l'autre retentisse, Esprit d'amour !
Fuyez, ténèbres Funèbres Des esprits Que l'erreur a meurtris.
Voici la lumière : Je suis la vérité !
Cœurs attiédis, cœurs morts, quittez votre suaire, Je suis la Charité !
A la vertu je vous convie, C'est moi qui suis la vie !
Vous surtout que le Ciel envie, Chrétiens sans reproche et sans peur, Ennemis du monde trompeur, Espérez ! car je suis la Force !
Vertus du pécheur qui s'efforce, Et du repentir à genoux, Croissez et multipliez -vous !
Prosternez-vous dans la poussière, Vous qui prédisiez l'ouragan Au Concile de saint Pierre, Au Concile du Vatican !
La cause est finie :
Anathème à qui nie !
Honte à qui renie !
Rome a dicté La vérité.
Gloire à la Vierge Immaculée !
Rome, réjouis-toi !
La dernière heure est reculée,
! Pie neuf est gardé par la foi ;
Enfer, Enfer, malgré tes haines acharnées, Nous l'espérons, de Pierre il verra les années .
Crux de cruce
Croix de la Croix, Bien-aimé Père,
Je le vois
Le Calvaire Devient Thabor !
Forte encor, L'Église
Ne connaît plus le vinaigre et le fiel : C'est le lait et le miel De la terre promise, Lumière au Ciel!
« Lumen in cœlo. »
Nations sœurs, les yeux humides, Du bien seul suivez les attraits, Brisez les armes homicides, Donnez-vous le baiser de paix.
Partout relevés s'affermissent
Les trônes abattus; Près des autels qui s'embellissent, Fleurissent
De nouvelles vertus.
Rome, de tes hauts faits ne vante plus la gloire, De l'Église du Christ seule vit la mémoire. Couronne-toi de ces lauriers Que t'offrent nos pieux guerriers.
La foule électrisée, Baise les murs du Golysée.
Le capitole Chrétien Sourit au môle D'Adrien ;
Et des trésors d'amour que le monde accumule A la porte du Vatican, La colonne du Janicule Porte le drapeau triomphant.
Héros des Catacombes, Tressaillez dans vos tombes.
Et vous, triomphateurs, Rois, tribuns, orateurs.
Généraux, Empereurs De la Rome impudique.
Levez-vous, saluez la gloire pacifique
De notre Rome catholique.
De mon cœur attendri partagez le transport; Fils de saint Pierre, Chantez, chantons avec la terre entière : c( Rome ou la mort I »
L'abbé PECH,
Curé de Saint-Jean.
(diocèse de carcassonne)