‹ La France a RomeChapitre 61 sur 177 · IM · texte numérisé non relu

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On vit, pour arracher à la Ville éternelle Son diadème saint, courir d'impurs soudards ; Ceux-là prétendaient rendre à la Rome nouvelle Le bonnet de Brutus, le laurier des Césars.

Tout en se dispersant, la horde frémissante Jura de revenir dans les murs convoités, Et la haine à l'écart veille encor menaçante, L'espoir survit toujours aux complots avortés !

Dans Rome, cependant, la Croix plus rayonnante Va grouper autour d'elle un auguste congrès De sages,de docleurs,comme aux grands jours de Trente, Ils viendront, confiants, délibérer en paix.

Du Nord et du Midi, des confins de la terre, Ils viendront, croix en mains, tutélaire drapeau! Qu'importe que les loups hurlent dans leur tanière, A r abri le berger réunit son troupeau.

0 Croix, salut! Salut, notre seule espérance ! Car, en ces jours de deuil, tu donnes le signal D'une tranquille, sainte et ferme résistance Aux courants du souffle infernal.

Et silence aux damnés dont la rage ricane! La foudre va gronder en haut du Sinaï ; Ils entendront bientôt la voix qui les condamne, La grande voix d'Adonaï !

Elle parle plus haut que le canon qui tonne, Aucun bâillon ne peut étouffer cette voix; Qu'on brise, si l'on veut, la terrestre couronne, Toujours debout sera la Croix.

Aux clartés des éclairs on pourra voir la fange Des égoùts débordés et sonder ces limons, Et comme aux anciens jours, par le glaive d'un Ange Seront dispersés les démons.

Croix! ton pieux fardeau fat la rançon du monde, Arbre saint, puisses-tu, sauvant l'humanité, Ainsi qu'un fruit béni, d'une branche féconde Faire tomber la liberté !

Pas cette Liberté, qui, terrestre déesse. Sous un masque imposteur dicte d'injustes lois. Mais l'effluve du Ciel, rayon de la Sagesse, Qui met d'accord peuples et rois.

Il faut au bord des mers de salutaires phares Versant sur les écueils une clarté qui luit, Lorsque le brouillard monte ; ainsi quand les Barbares Dans le monde vieilli vinrent porter la nuit,

Rome seule suffit pour chasser les ténèbres, Seule, elle sut vivant maintenir le ûambeau ; Et l'Église sortit de ces ombres funèbres Gomme le Christ, son chef, avait fait du tombeau.

Ce que vit le passé, nous le verrons encore, Dieu peut paralyser les serres du vautour ; Voyez à l'horizon les lueurs d'une aurore. Confiance, Chrétiens ! Voici venir le jour !

— Et toi remets ton front sur le chevet de pierre, Les échos restent sourds à ton rire moqueur, Tu peux te rendormir, Spectre du vieux Voltaire, Le Christ règne, et toujours il commande en vainqueur.

Marquis Louis de LAINGEL.

(oiecÈsE DE valence)

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