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ROME. — LE PAPE. — LE CONCILE

A SA SAINTETÉ LE PAPE PIE IX

yisum est Spiritui Sancto et nobis.

ROME

Longtemps, symbole de la haine, Symbole du glaive abhorré, Rome sous une lourde chaîne Tint le monde deshonoré.

Elle contempla des rois braves Enchaînés comme des esclaves Derrière son char odieux, Et de ses mains déifiées, Aux nations terrifiées Imposa son joug et ses dieux.

Mais comme un flot loin de sa source, Gomme un astre loin du matin.

Sa gloire s'accrut dans sa course, Et la croix grandit son destin.

La déesse de Tépouvante

Trop longtemps marcha la suivante

De cette reine des combats;

Usé par sa longue victoire,

Le glaive sanglant de la gloire

Enfin s'échappa de son bras.

Depuis cette heure solennelle, Rome est un bienfaisant séjour ; C'est une maison paternelle.

C'est le symbole de l'amour.

C'est, à l'heure de la souffrance.

Un chant d'invincible espérance, Un regard de fraternité, C'est la mère qui s'ingénie A panser de sa main bénie Les douleurs de l'humanité.

C'est l'arche unique, l'arche auguste, Sur les flots mobiles du temps, Qui porte la race du juste Parmi tous les débris flottants.

C'est un chêne dont la tourmente, Autant que la brise clémente.

Etend les bras mieux reverdis, Et qui recueille sous son ombre, L'hiver, lorsque le jour est sombre, Les colombes du Paradis.

Oui, le Ciel t'a marqué d'un signe, Ville, sommet de l'univers, Et tu tiens de l'aigle et du cygne Aux yeux des bons et des pervers.

Dieu t'a laissé tous tes prestiges :

Tes champs marqués de grands vesti D'un charme étrange sont parés ; Dans les oreilles attentives, La voix de tes brises plaintives Éveille des échos sacrés.

Quel sol est plus aimé des lierres?

Est-il ailleurs d'humbles hameaux, Où dorment tant de nobles pierres Dans les ronces, sous les rameaux ?

Là le ciel pur, le doux zéphyre Respectent l'airain le porphyre.

Les chefs-d'œuvre sont immortels ; Là, comme des ombres divines, Veillent les marbres en ruines.

Là, les tombeaux sont des autels.

0 Rome, ô l'illustre, ò la sainte, Touchant berceau, vaste cercueil.

Quel pied franchissant ton enceinte Ne fut ému d'un noble orgueil ?

Qui donc, lisant ta vieille histoire Sur les colonnes de ta gloire Et les tombeaux de tes aïeux, Plus fier d'être chrétien qu'être homme, N'a, sur tes murs croulants, ô Rome, Déposé des baisers pieux ?

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