PIE IX OU LA GRANDEUR CHRÉTIENNE
Contemplons un lac où l'aurore Réfléchit sa douce clarté, La vertu du Pape est encore Au-dessus de tant de beauté.
Ni les eaux, ni leur harmonie, Ni le cap des autans battu, Ni les chefs-d'œuvre du génie N'ont l'humble éclat de la vertu.
Mais la vertu, dont le Portique
Avait fait le souverain bien.
Loin de l'idéal catholique
N'offre qu'un songe au vrai chrétien.
L'orgueil aveugle en est l'essence.
L'ombre éclipse la vérité.
Le cœur humain n'a de puissance
Qu'en s' aidant de l'humilité.
Le Pape à nos regards se voile, Pour faire le bien chaque jour.
Se cachant, ainsi qu'une étoile Perdue au céleste séjour ;
Il poursuit en paix sa carrière, A travers l'infini des Gieux, Et sa merveilleuse lumière Ne vient point éblouir nos yeux.
Avoir triomphé de ce globe, En foulant à ses pieds les lois, Pour qu'un froid tombeau nous dérobe, Par les vers allégés de poids, Est-ce donc la peine de vivre?
Yoilà votre gloire, ô Césars ; A ce qui passe il faut survivre, La terre et les Gieux sont deux parts.
Les jours d'un élu sont extase, Calme, espérance et charité ; Sa vie en Dieu n'est qu'une phase Du temps avant l'éternité.
Saint-Ponlife, ta gloire austère, Nos pères la comprenaient mieux ; Plus on s'abaisse sur la terre, Plus on s'élève dans les Cieux!
G. DE KERHARDÈNE.
(diocèse de NANTES)