LA TIARE EST BÉNIE
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; elles portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle.
(N. S. J.-C. à S. Pierre.)
Dieu dit : « Pierre, sur toi je fonde mon Eglise. » Les forces de TEnfer contre elles lutteront ; » Mais qu'importe un orgueil que ma puissance brise ? » Ma main renversera ceux qui te combattront. » L'Eglise commença son régne sur la terre, Elle marcha dressant les tentes de la foi ; Et rien n'a prévalu sur le divin mystère, Nul pouvoir n'a brisé les tables de la loi.
Ici-bas, depuis lors, la tiare est bénie : C'est l'anneau nuptial d'un hymen éternel ; C'est le lien d'amour d'une sainte harmonie Entre l'oint du Seigneur et la fille du Ciel. La promesse de Dieu vivra plus que le monde ; Elle est justice, vie, ardeur, force, douceur : La promesse d'en haut est à jamais féconde, Elle est le pacte saint, le serment du Seigneur.
Eclatez, éclatez, doux élan de notre âme! Le Christ est avec nous, il règne, il est vainqueur : Son Vicaire ici -bas, que la justice enflamme. Est témoin d'un concours qui réjouit son cœur : De tous les points du globe à Rome qu'il commande, Des enfants bien-aimés accourus prés de lui Lui portent à l'envi leur amour, leur ofí'rande, Dans la solennité qu'il célèbre aujourd'hui (/).
Oh! qu'ils sont beaux les pieds du Vieillard magnanime Qui tend la main à tous et leur dit: « Suivez-moi! » Les peuples sont émus à cet appel sublime. L'appel du Rédempteur qui nous légua la foi. C'est la voix qui convie, et qui convie encore. Même ceux dont la haine a poursuivi son nom : Sa clémence est pour tous une constante aurore. Un doux soleil toujours brillant à l'horizon Q).
Oui, y un tendre respect environnons ce trône Où de Pierre s'assied la pure Majesté.
La grâce y resplendit, l'héroïsme y rayonne, La vertu le soutient avec la charité;
(1) Le 29 avril 1869, fête dii jubilé du saint Père. Une magnifique chasuble tissue d'or et de soie, travail des artistes lyonnais, était au nombre des présents offerts à Pie IX. Le Souverain Pontife revêtit ce splendide ornement à la messe qu'il célébra.
(2) Au mois d'octobre 1867, Pie IX fit \êtir des prisonniers garibaldiens, et les renvoya dans leurs foyers, leur montrant par là que la religion chrétienne enseigne le pardon. Cet acte généreux mit dans le cœur de ces hommes égarés des sentiments de légitime admiration, et, nous le croyons, aussi de repentir.
0 chaire que Géphas a le premier, dans Rome, Etablie, occupée, au nom du Rédempteur, Nous sommes prosternés, montre-le nous cet homme, L'envoyé du Très-Haut, la force du Seigneur.
Les âges à venir rediront, ô Saint-Père,
Du noble Mastaï quel fut le caractère ;
Et de hautes vertus quel est l'heureux concours
Qui de sa vie entière auront rempli le cours.
Tout jeune encor, déjà prêtre de Rome, Aux malheureux il tendait les deux mains; En le voyant, chacun disait : C'est l'homme Qui se consacre aux petits orphelins.
Avec sa mère il sécha bien des larmes, N'étant encor qu'un tout petit enfant ; La charité pour lui prenait des charmes. Tandis qu'en âge il allait grandissant.
Dieu préparait cette pieuse vie Pour les combats et pour l'adversité ; Il la formait, cette vertu bénie.
Pour l'investir de son autorité.
Celui qui sait les souffrances du monde Supportera la dure adversité, Il acquerra la sagesse profonde Donl a besoin la sainte royauté.
Ainsi, marqué pour le grand ministère Auquel l'Esprit d'en haut le destinait.
Il est celui que sur toute la terre Pour successeur de Pierre on reconnaît.
Qui Ta vu se souvient de son visage auguste, La sainteté rayonne au front de ce Vieillard : La foule en l'admirant se dit : « C'est bien le juste » Qui soutient de sa main le céleste étendard. »
C'est le Pontife aimé, c'est le chef de l'Éghse, Le Grand-Prêtre vengeur du temple et des autels. C'est la force d'en haut que nul effort ne brise, C'est la main qui bénit : prosternez- vous, mortels.
La Barque qu'il conduit résiste à la tempête; Le flot roulant l'atteint, mais ne peut l'accabler; Céleste nautonier, il porte haut la tête ; Le danger le poursuit, mais ne peut l'ébranler.
Sur ce front décoré de vertus, plein d'années, A nos regards charmés brille un rayon des Gieux. Douce est sa majesté, belles ses destinées : Sur lui l'ange a placé son bandeau radieux.
Aussi le visiteur de la Yille-Eternelle, Le lecteur de tout livre où le Pontife est peint, Se disent-ils : En lui le bien seul se révèle, C'est Jean le bien-aimé de Jésus, c'est un saint.
A l'heure où l'abreuvait l'onde de la souffrance, A l'heure où l'accablait le fardeau des douleurs, La Foi l'a soutenu fortement; l'Espérance L'a rendu devant Dieu le modèle des cœurs.
C'est le dispensateur des paroles de vie. C'est l'ange de l'amour, c'est la vive clarté Brillant sur le chemin qui mène à la patrie^ Le rayonnant séjour de l'immortalité.
M"'^ Pauline HENRY, née LEMATTRE,
Mère de famille demandant humblement la bénédiction pontificale t^our les siem et pour elle.
(DIOCfcSE D'ARRAS)