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CHAPITRE II

PRAIRIi:S — CULrTURRS ÉLÉMEllf TAIRKS

Praipiefl natopelles et praipies artificielles. —

Les prairies naturelles sont des terres suffîsamment fertiles pour se peupler de plantes fourragères variées et la grande étendue qu'elles occupaient autrefois en France indique l'excellente qualité du sol ; aujourd'hui, l'exploitation des céréales leur ayant été substituée peu à peu en maints endroits, elles sont réduites à 4.115.424 hectares* .

D'autre part, depuis le commencement de ce siècle, les prairies artificielles, soit permanentes, soit surtout faisant partie de l'assolement, ont pris une grande extension : on évalue leur superficie à plus de 2 millions d'hectares.

Ce grand développement est motivé par leur rendement de fourrage très-élevé (37 quintaux par hectare) comparé à celui, des prairies naturelles (32 quintaux par hectare).

La qualité et la valeur des prairies varient selon les régions: en Normandie, l'humidité du climat et la richesse du sol favorisent les gras pâturages propres au gros bétail; dans les montagnes, au contraire, l'herbe maigre et plus rare ne convient qu'aux races ovine et caprine.

Les départements qui renfermaient en 1883 le plus de prairies étaient :

Le Cantal 201.381 hectares 0,35 de la superficie.

Le Puy-de-Dôme. 180.821 — 0,22 —

Saône-et-Loire . . 172.025 — 0,20 —

Le Calvados.... 162.305 — 0,29 —

4. En 1862, leur étendue était éraluée à5.d2G.246 hectares, mais ce chdffre jMinitt tropéleTé; toutefois, il e^l probable qu*ene9 ont notablemeot dinmiué

depuis cette époque.

f 8 PREMIÈRE PARTIE.

Ceux qui en renfermaient le moins :

Vaucluse 9.042 hectares 0,025 de la superficie.

L'Aude 10.856 — 0,03 —

Le Var 14.987 — 0,025 —

Eure-et-Loir.... 19.471 — 0,033 —

Ces comparaisons ne sauraient d'ailleurs éclairer sur Timporlance véritable du département à ce point de vue. La Seine-Inférieure, TEure, la Marne, TAube, qui n'occupent que des situations moyennes sous le rapport de l'étendue en prairies sont néanmoins parmi les centres d'élevage les plus renommés.

Liandes et PÀtis. — Sous la dénomination de « Landes, pâtis et bruyères, » la statistique de 1882 réunit 3.889.171 hectares dont une bonne partie peut être considérée comme servant à Télevage du petit bétail dans les départements pauvres. Le Mor bihan en contient 209.000 hectares et les Basses-Pyrénées 224.000.

Les prairies & l'étranger. — On peut les évaluer comme il suit :

Suisse 35 pour 100 de la superficie totale.

Hollande 30 — —

Iles Britanniques. 29 — —

Autriche-Hongrie. 27 —

France * 15 — —

Belgique 13 — —

Les chiffres de 34 0/0 pour l'Italie et 11 0/0 pour l'Allemagne qui résultent de la comparaison entre plusieurs statistiques sont très- vraisemblablement exagérés, l'un par excès, et Tautrc par défaut.

La France qui, d'après ce qui précède, n'occuperait qu'un rang médiocre, est en réalité, par la qualité de ses herbages, dans une excellente situation.

La sollicitude du gouvernement pour les questions d'élevage dont j'aurai à parler plus loin me dispense d'insister sur son rôle dans la question des prairies.

PommeN de terre. — Lit pomnio de terre a joui en France, depuis sa vulgarisation par Parmoiitier, (runc vogue extraordinaire motivée d'ailleurs par son rôh» exceptionnel comme

1. Lt's piltis i.'t I)riiyrrog ont riô (»xchis dr» n*ttr ]no[)ort.ion rii c» «[iii ronceniL' la France, mais il n'»'Ti a sans donte pas Hr «Icuu^nieponr les antres pays.

aliment populaire. Sa culture n'a cessé de s'accroître, malgré les terribles épreuves que lui firent subir les deux maladies ^ surtout en 1830 et en 1843. Le tableau suivant fait ressortir cet accroissement :

Années. Production en hectolitres.

Le rendement moyen a été pour Tannée 1883 de 102 hectolitres par hectare et a dû être supérieur en 1884 et en 1885.

Le prix moyen s'est élevé de 3 fr. 42 en 1862 à 5 fv. 90 en 1883 pour retomber à 3 fr. en 1885 ; il est en général soumis à des fluctuations très-considérables.

Au point de vue de la destination, les liO millions d'hectolitres que produit annuellement la France se répartissent de la manière suivante :

Reproduction Environ 14.000.000 hectolitres

Alimentation — 115.000.000 —

Exportation - 1.000.000 —

Féculerie, amidonnerie. — 8.000.000 —

Fabrication de l'alcool.. — 30.000 —

L'importation est insignifiante et n'atteint pas 200.000 quintaux.

La pomme de terre est, avant tout, un aliment soit pour les hommes soit pour les animaux. Son utilisation industrielle est restée stationnaire ; le maïs tend îi lui être substitué dans la féculerie et Talcool de pomme de terre ne peut être produit écono-

1. La première scmhlo due à la prôscuce dans lo tiiherculc d'un champisruon microscopique; la seconde à une cause mal (U'finie, mais d'un caractère «lifférent. — L»'S deux ont diminué et di:*paru d'elles-momes, ce qui est d'autant plus heureux qu'on n'avait dc-couvert aucun moyen de les enrayer.

miquement en France *. Le déveleppement considérable qu'a pris ]a fabrication de ce dernier prodait en AUema^e ne saurait en rien influer sur les décisions d'un gouvernement clairvoyant, car, à prix de revient égal (et ce n'est même pas le cas), il vaut mieux fabriquer Talcool avec une matière première d'une valeur commerciale élevée, comme le maïs, ou riche en sous-produits, comme la betterave, qu'avec la pomme de terre qui, par son extension démesurée avilirait la valeur de la culture, et dont les résidus après distillation n'offrent qu'une importance médiocre.

Les départements qui récoltent le plus la pomme de terre sont :

Saône-et-Loire 6.370.000 hectolitres en 1883.

L'Allier 5.340.000 — —

La Dordogne 4.950.000 — —

L'Ardèche 4.080.000 —

La Sarthe 3.467.000 — —

Ceux qui en récoltent le moins :

Le Calvados 280.t)00 hectolitres en 1883.

L'Orne 221.000 — —

Les Landes 217.000 — —

Les Alpes-Maritimes. . 175.000 — —

La Corse 99.250 — —

Les Basses-Pyrénées. . 57.200 — —

Depuis quelques années un parasite redoutable, la donjphore^ originaire d'Amérique, fait des dommages assez sensibles à la récolte des pommes de terre et une part est réservée à l'enrayement de ce fléau dans le crédit de 2.000.000 fr. dont dispose le gouvernement contre le phylloxéra et les autres ennemis des plantes utiles.

ChUtaif^es. — Les châtaignes entrent pour une large part dans l'alimentation des montagnards de l'Auvergne et de la Corse, et les variétés communes de ce fruit s'utilisent pour engraisser les porcs et les volailles. Elles ne sont d'ailleurs cultivées que dans un petit nombre de départements, généralement pauvres, parmi lesquels il faut signaler :

1. Un hectolitre d'alcool de pomme de terre revient à 67 francs.

AGRICULTURE. il

La Dordogne 76.000 hectares.

L'Ardèche 50.000 —

L'Aveyron 41 .500 —

La Lozère 37 . 500 —

Le Gard 36.390 —

Le Lot 30.000 —

L'ensemble pour toute la France donne les résultats suivants:

Nombre d'hectares 461. 4i9 478.489 477.734 452.306

Production en hectolitres... 6.673.473 6.834.726 6.891.357 6.264.138

Rendement par hectare 14,46 14,28 14,43 13,71

Cette culture a diminué depuis le commencement du siècle et le fait s'explique par Famélioration du régime alimentaire des paysans, et aussi par le peu d'avantages qu'elle présente au point de vue agricole.

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