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Colonne de repère de droite, échelle :
Années.
Ncmbre d'objets t/ans.iorté-.
Produits des taxes.
Produit moyen des objets transportés.
millions
D'après les documents publiés par M. Bizartelli, il existe en Fiance 6.819 bureaux de postes; il y a, de plus, 56.800 boîtes à lettres où le public peut jeter sa correspondance à toute heure du jour et de la nuit.
liVagon-peste. — Chaque train « omnibus » ou « direct » (jui part d'une station quelconque de chemin de fer possède un compartiment spécial, consacré au service des postes, afin de prendre et distribuer à chaque station le.s ballots de correspondances.
Les trains « rapides » ou « express » ont des wagons spécialement consacrés au service des postes ; l'intôrieur de ces wagons, qui sont nombre de 386, est aménagé à cet effet.
Grâce au travail fait en cours de voyage, le train peut recevoir des correspondances jusqu'au moment où il s'ébranle. Il draine •ur son passage celles qui sont déposées aux gares interméliaires. A chacune de celles-ci il remet les objets de correspondance à destination des localités qu'il dessert. L'avantage du
1. Les chiffres concernant t^annéc 1886 ne sont pas encore déûnitifs, mais ils se rapprochent sensiblement de la vérité. Nous les devons k robligeancc ùù M. Granet, ancien ministre des postes et télégraphes.
33(3 TROISI^E PARTIE.
wagon-poste est donc de gagner un temps considérable en profitant de la durée du trajet poureffectuer le tri et la manipulation.
Le travail des bureaux ambulants, déjà préparé par les bureaux sédentaires, est encore allégé par les bureaux-gares.
Le service des bureaux ambulants est divisé en huit lignes qui correspondent aux réseaux des chemins de fer de l'Est, d'Orléans, du Nord et du Midi. Les lignes de Lyon et de la Méditerranée suivent les parties nord et sud deréseau; enfin deuxautres lignes se partagent le réseau de l'Ouest.
Depuis 1878 le personnel des bureaux ambulants comprend
8 directeurs,
11 inspecteurs ou sous-inspecteurs, 238 chefs de brigade, 1.132 commis, 3ii gardiens de bureau, 485 courriers convoveurs, 156 chargeurs, 169 entreposeurs en gare, 8 sous-agents du matériel,
La dotation de ce service, pour Tannée 1884, s'élève à plus de 9 millions de francs.
Le nombre des services des bureàuxambulants quotidiens qui s'élevait ;
En 1877 à 50a été porté:
En 1878 à 60
En 1879 à 63
En 1880 à 68
En 1881 à 77
En 1882 à 80
En 1883 à 82
Le parcours quotidien qui était, en 1877, de 30.190 kilomètres, s'est élevé progressivement et atteignait, en 1883, 48.400 kilomètres soit une augmentation de 60 0/0 en six ans.
Personnel. — Le personnel des postes et télégraphes compte envi ron 100.000 employés de toute catégorie.
Le nombre total des facteurs était, en 1877, de 24.610, et de 30.996 au 31 décembre 1883.
Pendant le même intervalle le nombre des commis s'est élevé
Celui des agents et sous-agents du service ambulant de 1.491 à 2.551.
Enfin le nombre des agents etsous-agents qui ne s'élevaitqu'à 38.256 en 1877, était, en 1883, de 53.899, soit une augmentation de 40 0/0 en six ans.
Un service de femmes pour les transmissions télégraphiques, avait été timidement expérimenté en 1877, et il a donné d*excellents résultats. Au début, 2 surveillantes et 66 femmes y étaient mployées; en 1883, leur nombre s'élevait à 737.
Le nombre de celles employées dans les bureaux téléphoniques, caisse, d'épargne postale, etc., était, en 1883, de 243.
Ajoutons que, en dehors des 980 femmes qui remplacent des commis, plus de 4.000 sont chargées de la gestion des recettes des postes et des télégraphes. Le nombre total de femmes employées est donc, sans compter les auxiliaires, de 4.980.
Tous ces employés jouissent d'une retraite proportionnelle aux fonctions qu'ils remplissent et au nombre d'années de service qu'ils comptent dans l'administration.
Le service des lettres qui renferment des valeurs déclarées est très délicat et entraîne de graves responsabilités pour TKlat. Il faut dire que, malgré la faible rétribution accordée aux facteurs, il est très rare qu'il y ait détournement. Ce fait parle tout en faveur de la probité de ces modestes fonctionnaires.
Valeurs. — La circulation des valeurs pa les bureaux de poste atteint un chiffre qui dépasse la somme de 600.000.000 de francs par an. La poste se charge encore, moyennant une commission de 1/2 pour cent, du recouvrement de divers comptes, factures ou traites, ces dernières étant rendues, sans protêt, a leurs propriétaires, en cas de non paiement. Ce service de recouvrement a été organisé en 1879, par M. Cochery à qui l'administration des Postes doit, en France, des réformes importantes qui ont été continuées par les ministres ses successeurs : MM. Sarricn et Granet, et par le directeur général de cette administration. M. Coulon, qui en eut ensuite la charge sous la direction du président du Conseil, ministre Finances, M. Rouvier.
Pendant le second semestre de 1879, époque oCi fut créé le service des encaissements postaux, la somme des recouvrements confiés à la poste s'éleva à 10.000.000 de francs. Aujourd'hui cette somme atteint 200.000.000 de francs, ce qui donne pour la commission que perçoit le Gouvernement le chiffre de 1.000.000 de francs.
Les valeurs perçues par la poste et celles restées impayées sont dans le rapport de 2.5 à 1, proportion très favorable aux premières, si l'on considère que, dans ce cas, l'administration des postes n'emploie aucun moyen coërcitif et qu'elle renonce même à protester les lettres de change non remboursées.
;t32 TROISIÈME PARTIE
Caisses d'épargne postales. — En 1882, M. Cochery établit un service nouveau et intéressant : celui de la caisse d'épargne postale.
Le public peut déposer dans ces caisses, qui existent dans les principaux bureaux de poste, des sommes quelconques, si minimes qu'elles soient, pourvu toutefois qu'elles ne dépassent pas 2.000 francs par personne. L'intérêt que l'Etat paye pour ces dépôts est de 3 0/0 par an.
En 1886, la somme des dépôts effectués dans les caisses d'épargne postales s'est élevée à 185.000.000 de francs, et l'administration des postes avait déjà remboursé au Trésor les avances que celui-ci avait faites pour organiser ce service.
Le chiffre des déposants est de 750.000, ce qui donne une moyenne de 250 francs pour chacun d'eux. L'emploi des sommes déposées dans les caisses d'épargne postale se fait comme suit : les trois quarts sont consacrés à l'achat d»î renies sur TÉtat et le dernier quart, destiné aux comptes-courants, est déposé à la « Caisse de dépôts et consignations ^ qui paye à la caisse d'épargne, pour les sommes qu'elle détient, un intérêt de 3.250/0 Dar an.
En 1884, la caisse d'épargne postale a reçu, pour les sommes qu'elle a placées, des intérêts s'élevant à 3.684.000 francs ; elle a payé aux dépositaires, pour intérêts, une somme de 2.810.000 fr., soit un bénéfice brut de 874.000 francs dont il a fallu défalquer 680.000 francs pour frais de service.
Le bénéfice net s'est donc élevé, pour cette année, à 194.000 fr. sur lesquels 130.000 ont été remis au Gouvernement pour solder l'emprunt primitif que la caisse d'épargne avait contracté ; la différence, s'élevant à 6i.000 francs, a été versée au fond de réserve de cette utile institution.
Recettes départementales. — Les départements français qui fournissent les plus grosses recettes à l'administration des p )stes sont les suivants :
Seine 40.000.000 francs.
Nord 4.500.000
Gironde 4.000.000
Bouches-du-Rhône 3.200.000
Les deux départements, dont les recettes postales donnent les chiffres les plus réduits, sont les Hautes ■Alpes(194.000 francs) et la Lozère (160 000 francs).
La planche XV représente, graphiquement, pour divers pays, le nombre de lettres manuscrites qui circulent annuellement dans les bureaux de poste, en relation avec le nombre d'habitants.
Mouvement des Postes dans les différents Pays
Autour de A B comme ligne de terre on a représenté :
1" Dans la partie supérieure du tableau le nombre de lettres par tête et par au pour chaque pays.
i" Dans la partie inférieure le nombre total de bureaux dias chaque pays.
Les données statistiques complètes nous manquent pour faire figurer sur ce tableau les États-Unis, pays où la correspondance postale a atteint son plus grand développement, grâce à la prodigieuse facilité des communications, au degré élevé de culture intellectuelle de ses habitants et au bas prix deraifranchissoment, inférieur à celui de tout autre pays. D'ailleurs, nombre de sociétés privées, dénommées « express », prennent à leur charge la distribution de la correspondance épislolaire ; mais si elles fournissent ainsi au public des avantages sérieux, nous y trouvons l'inconvénient de ne pouvoir recueillir des chiffres statistiques complets, tant pour la correspondance épistolaire desservie par les bureaux de postes du gouvernement que pour celle distribuée par des entreprises d'ordre privé.
Le directeur de la poste de New- York, M. Pearson, déclare, dans sor\ rapport annuel, que le nombre total des matières postales de toute sorte, qui ont passé pendant l'année 1887, par le bureau de New-York, s'est élevé au chiffre phénoménal de 797.778. 145, ce qui donne une moyenne de 2,424,857 par jour.
Le nombre total des matières postales, lettres, journaux, circulaires, etc., distribuées dans la ville seule pendant Tannée, soit par les facteurs, soit au moyen des boîtes du bureau central, a été de 276.483.580. Au bureau des mandats-poste, il s'est fait en tout pour dollars 82.510.811.74 de transactions, et le total des matières enregistrées qui ont passé par New- York a été de 1.226.900.
Enfin, les receltes de la poste de New- York pendant Tannée 1887 ont été de dollars 1,758,994,68, ce qui constitue un bénéfice net de dollars 3.074.001.67.
L'examen de la planche XV fait voir que la Suisse est le pays où la circulation des lettres est le plus considérable, si Ton tient compte du nombre de ses habitants.
La Suisse, la Belgique, le Danemarck ont un service postal très actif et un chiffre réduit de bureaux, ce qui, d'ailleurs, s'explique facilement par la densité de la population et le grand rapprochement des agglomérations urbaines.
Le Chili et la République-Argentine donnent, proportionnellement, 12, 6 et 8,1 lettres par habitant, et malgré une vaste étendue territoriale, les bureaux de poste ne sont pas nombreux. C'est aux États-Unis où le chiffre des employés est de plus de 100.000 en Angleterre et en Allemagne que les bureaux de poste sont le plus nombreux.
En Autriche-Hongrie, le chiffre moyen de lettres par an et par habitant est exactement la moitié de celui fourni par la France ; et cependant le nombre de bureaux de poste dépasse de 1.289
celui de ce dernier pays. On peut donc dire que le service postal en France est aussi bien organisé que peu dispendieux.
Des documents statistiques font défaut pour quelques nations européennes et de l'Amérique latine, ce qui explique les lacunes du tableau auquel nous nous rapportons.
Les États-Unis mexicains y figurent pour un chiffre réduit de lettres par an et par habitant, tandis que, relativement, le nombre des bureaux de poste est élevé.
Nous devons voir dans ce dernier fait, si nous tenons compte de la réorganisation postale en ce pays, le soin qu'apporte le gouvernement à étendre son réseau et à assurer un service régulier.
Quant au chiffre proportionnel de lettres par habitant, il est établi avec des données antérieures à la construction des grandes voies ferrées et à la réforme du système postal, inaugurée sous le gouvernement du général Manuel Gonzalez et continuée par le président actuel de la République, M. le général Porfîrio Diaz. Avant rétablissement des grandes lignes ferrées qui ont complètement transformé le Mexique, les communications intérieures de ce pays étaient aussi difficiles que coûteuses ; on explique ainsi pourquoi, pendant de longues années, on y a maintenu le tarif de 1 fr. 25 par lettre de 15 grammes pour une distance dépassant 100 kilomètres, mais atteignant parfois 2.400 kilomètres, et celui de 0 fr. 60 pour les lettres de 15 grammes destinées à parcourir une distance moindre de 100 kilomètres. Les voies ferrées dont la construction fut commencée sous la première période présidentielle de M. le général Porfirio Diaz, et terminée, en grande partie, sous le gouvernement de M. le général M. Gonza lez, ont atteint, dans le terme de plus de quatre années, la longueur d'environ 6.000 kilomètres. La correspondance est donc aujourd'hui facilement distribuée sur toute l'étendue du territoire, et non-seulement les communications sont devenues faciles et régulières, mais les prix d'affranchissement ont subi une grande réduction. La circulation postale a augmenté d'autant; et la proportion de lettres par an et par habitant s'est élevée très, sensiblement. La faible proportion fournie par le Mexique, dans ce cas, doit donc être attribuée à la grande étendue du territoire et aux difficultés de communication et non à la faible propagation de l'instruction primaire. Il y existe, en effet, de nombreux établissements scolaires, notamment depuis 1860, époque où prit fin la guerre de la réforme. Une ère nouvelle s'ouvrit a dater de ce jour pour le Mexique, qui tient aujourd'hui un des premiers rangs parmi les nations de l'Amérique latine.
Les limites du tableau graphique de la planche XV n'ont pas permis d'y faire figurer plusieurs pays d'importance moindre re-
lativement aux grandes nations, mais qui cependant possèdent une circulation postale très active proportionnellement au nombre de leurs habitants. C'est ainsi que la Roumanie compte 116 lettres par an et par habitant; la Nouvelle-Zélande 89. Par contre, la Perse ne donne que le chiffre de 1 lettre par an et par 10 habitants.
Dans ce pays la circulation postale est moindre ([ue partout ailleurs.
Subventions. — Le gouvernement français subventionne plusieurs lignes de navigation pour le transport régulier de la correspondance postale.
Voici un état de ces subventions :
Par an.
Ligne de vapeurs entre la France et la Corse. 353.000 fr.
Ligne de la Méditerranée, Brésil et la Plata (Messageries Maritimes 4.382.000
Ligne de Calais à Douvres 100. OOU
Ligne de New-York et des Antilles (Compagnie
Transatlantique) 9.058.000
Ligne de l'Indo-Chine (Messageries Maritimes). . 7.736.000
Ligne entre la France, TAlgérie et la Tunisie. . . 880.000
Ligne entre la France, l'Australie et la Nouvelle- Calédonie (Messageries Maritimes) 3.297.000
Total des subventions pour services maritimes
postaux 22.908.000 fr.
Ces subventions constituent une aide puissante pour les grandes lignes de navigation française.
L'ensemble de ces grandes lignes comporte annuellement 1.129.282 lieues marines.
Le nombre des paquebots est actuellement de 103, représentant une force totale de 41.510 chevaux vapeur d'un tonnage brut de 214.486 tonnes; le nombre d'escales est de 122, dont 49 pourvues d agents ou d'établissements de poste français; le prix moyen de la lieue marine qui était de 33 fr. 60 en 1877 est descendu à 23 fr. 65 en 1883, et il s'abaissera à 23 fr. 13 par l'effet des traités récemment conclus.
Le transport de la correspondance par les chemins de fer . français est gratuite pour le gouvernement, d'après les conventions signées entre celui-ci et les diverses compagnies concessionnaires.