ASSISTANCE PUBLIQUE
dont les victimes sont chaque jour plus nombreuses. A ce point de vue, toute entrave apportée à la production des alcools et à leur vente doit être considérée comme une mesure humanitaire.
La moyenne des aliénés ou idiots que recueillent les asiles chaque année est de 13 à 14,000. Parmi ces malheureux, il n'en est que 51 sur 1,000 qui, apr..s un séjour dans l'asile, arrivent à une guérison complète. Sur ces guérisons, 84 pour 100 sont obtenues dès la première année de leur entrée à l'asile.
La folie sénile, l'idiotisme, la démence paralytique ne fournissent aucun contingent à ces guérisons obtenues seulement dans le cas de folie simple.
Par l'éducation intellectuelle, graduelle et progressive des idiots — quand il n'existe pas de graves lésions cérébrales — on a obtenu des résultais très remarquables dans quelques établissements, notamment à la Salpétrière . — Nous avons pu y observer» personnellement, combien les soins intellectuels, habilement dirigés, peuvent apporter de soulagement dans Tétat de ces malheureux.
Les malades reçus dans les asiles pendant Tannée 1883 ont été ainsi classés :
Folie simple 70.7 pour cent.
Folie paralytique 13.5 —
Folie sénile 11 —
Divers 4.8 —
La moyenne de la mortalité des aliénés et idiots dans les asiles est de 89 pour 1.000.
Les premiers temps qui suivent l'entrée du malade à l'asile sont critiques. En effet, sur les 89 pour 1.000 qui expirent, plus de la moitié sont des nouveaux qui ne comptent pas une année de résidence dans Tasilc.
La grande majorité des aliénés soignés dans les asiles — 78 0/0 — est à la charge de l'assistance publique. Pour les autres, soit 22 0/0, leurs frais sont couverts par les familles.
Quant aux causes qui produisent l'aliénation mentale, nous devons les rechercher surtout dans l'abus des spiritueux. Sur les 14.000 malades qui entrent chaque année dans les asiles, plus de la moitié, 7 ou 8.000 y sont amenés par l'alcoolisme.
Bureaux de Bienfaisance. — Dans tous les centres de quelque importance, il existe un bureau de bienfaisance administré par une commission chargée de recueillir les revenus du bureau, subvenlionsdela municipalité, dons des particuliers, et?'., et de les distribuer aux pauvres de la région.
358 quatkième: partie.
Le nombre des bureaux était en 1871 de 13.367 et dans ce nombre 644 ne fonctionnaient pas faute de fonds.
En 1883, le nombre de bureaux en activité était de 14.485» soit 1,2 par 30 municipalités
Ces bureaux ont distribué des secours à 1.405,552 personnes, soit le 6 1/2 du chiffre de la population des municipalités où ils sont installés.
Ils ont disposé d'unesommede 50.582.581 francs, sur lesquels les quêtes et dons volontaires ne figurent que pour un dixième. Les revenus des propriétés appartenant aux bureaux de la subvention des municipalités fournissent le 50 pour 100 des ressources totales.
Les dépenses se sont élevées à 33.616.590 fr., sur lesquels 28.154.257 fr. ont été distribués en secours, le solde ayant été absorbé par la gestion des biens et les frais d'administration.
La moyenne des secours a été de 20 fr. par personne ; 47 0/0 de ces secours sont donnes, dans le département de la Seine, en argent, 27,8 0/0 en aliments et le reste sous diverses formes. Dans les départements, les aliments distribués entrent pour la totalité des secours, dans une proportion de 54 0/0.