PRÉFACE. XV
plètement défaut. Vous n'avez que des renseignements très incomplets ou très suspects sur les écoles libres. Même pour les écoles de l'État, les renseignements varient suivant l'époque de l'année où vous les prenez. Dans les pays industriels, 1 école est désertée pour les fabriques ; dans les pays agricoles elles est désertée pendant Télé pour les soins du pâturage.
Autant que j'en puis juger par une lecture rapide, vous avez eu, Monsieur, la main heureuse dans le choix de vos documents, et on peut s'en rapporter à vous avec confiance.
Vous ne vous êtes pas seulement proposé de faire un tableau exact, vous aviez un but, dont, nous autres Français, nous ne saurions vous être trop reconnaissants. Vous vouliez montrer que la France ne s'est pas abandonnée depuis ses malheurs ; que non seulement elle a refait son administration et son armée, mais qu'elle a quintuplé ses dépenses pour l'instruction publique, créé un empire colonial, augmenté le développement de ses chemins de fer, renouvelé la plupart des services publics, embelli ses villes, creusé des ports et des canaux, en un mot, triomphé noblement des infortunes accumulées sur elle depuis vingt années. Vous le dites avec raison : jamais peuple ne fut plus malheureux. Après la guerre désastreuse de 1870, après la capitulation de Bonaparte à Sedan, celle de Bazaine à Metz ; après la fatale insurrection du 18 mars, que nous ayons pu retrouver des soldats et arriver en si peu d'années à opposer à Farmée allemande une armée égale en nombre, en discipline, en science militaire ; c'est assurément une merveille. Elle est due en majeure partie à M. Thiers et à son gouvernement. Si je disais en quel état j'ai trouvé l'instruction publique on verrait que, là aussi, la France est revenue de loin. La résurrection du travail a eu toutes les apparences d'une féerie. On pourrait presque dire qu'elle a été trop rapide. Puis est venu le pliyloxéra qui nous a ravi pour un temps la principale source de nos richesses ; la crise commerciale, la crise monétaire qui ont suivi le Krach ; la crise agricole qui est loin d'être terminée. Nous avons fait face à tout cela avec un courage auquel vous rendez hommage. Je crois. Monsieur, que vos éloges sont mérités ; il nous est très doux de les recevoir. Ce sont des éloges