INDUSTRIES DU CUIR
Tannerie et Corroierie. — La tannerie, la corroieric et les industries qu'elles alimentent sont éminemment prospères en France où leur activité n'a fait que s'accroître depuis vingt ans. Il me suffît de citer, à l'appui de cette assertion, les chiffres comparatifs suivants :
Importation de peaux brutes : ^
Année 1869 104.000.000 fr.
Exportation des peaux préparées et ouvrages en peau :
Années Peaux préparées Ou\Tages en peau Total
1869 68.000.000 fr. 94.000.000 fr. 162.000.000 fr.
Quant à la consommation intérieure, il est indéniable qu'elle s'est prodigieusement accrue, mais les renseignements exacts font défaut sur ce point. Toutefois, j'estime qu'il n'y aurait aucune exagération à évaluer la production annuelle totale (cordonnerie, ganterie, maroquinerie, etc.) à 900.000.000 fr.
Cordonnerie. — Quelques mots sur chacune des branches de l'industrie du cuir, en commençant par la cordonnerie qui est
1 . Ces chiffres sont ceux de Timportatiou et «le l'exportation nettes.
de beaucoup la plus importante et aussi celle qui s'est développée le plus notablement, car elle a suivi tous les progrès du bienêtre. Les gens de la campagne considéraient, il y a peu de temps encore, les chaussures de cuir comme un véritable luxe; ils s'habituent maintenant à en faire un usage journalier, car les prix sont devenus abordables pour tous.
On fabrique actuellement en France pour environ 700.000.000 francs de chaussures, somme considérable par elle-même et bien plus digne encore d'attention si l'on ajoute que la moyenne des prix de vente a diminué d'au moins 20 0/0 depuis 25 ans.
La main-d'œuvre représente environ 180 000.000 fr. répartis entre 150.000 ouvriers.
La journée qui, en 1853, ne dépassait pas 1 fr. 68, atteignait 2 fr. 76 en 1877 et 3 fr. en 1883. Ce dernier chiffre est très-élevé, car il faut bien remarquer que le métier de cordonnier est l'un de ceux qui exigent le moins d'apprentissage.
L'exportation des chaussures a triplé et au-delà depuis 30 ans : 20.000.000 fr. en 1860 et 70.000.000 fr. environ par an depuis 1875. L'importation faible encore (3.600.000 fr. en 1886), tend à augmenter grâce au bon marché excessif de la main-d'œuvre en Belgique et en Angleterre, et malgré un droit d'entrée de 1 fr. 25 par paire. 11 est toutefois certain que jamais l'étranger ne fera une concurrence bien sérieuse à la production française, pour les besoin locaux tout au moins.
11 est à peu près impossible de chiffrer l'importance de la cordonnerie dans les divers pays. Je crois seulement que les États- Unis occupent le premier rang.
Ganterie. — La France est le premier pays du monde pour l'industrie des gants qui y occupe 70.000 personnes parmi lesquelles 50.000 femmes. La production annuelle, dont la moitié environ est destinée à l'exportation, représente une valeur de 80.000.000 fr.Les demandes de l'étranger se sont un peu ralenties depuis que cette industrie, jadis toute spéciale à la France, s'est répandue dans les autres pays, mais l'accroissement de la consommation locale a largement compensé cette diminution.
Sellerie. — La France rivalise avec l'Angleterre au point de vue de la qualité des articles de sellerie et de harnachement. Mal- heureusement, l'exportation* de ces objets est entravée par les droits considérables que leur imposent la plupart des pays étrangers.
Le salaire moyen d'un ouvrier sellier était de 2 fr. 14 en 1883 de 3 fr. en 1877; aujourd'hui, il atteint 3 fr. 50.
1. L'exportation n'a pas dépassé 2.000.000 fr. en 1886 ; rimportation est insignifiante (250.000 ftr. environ).
{^"i DEUXIÈME PARTIE.
Maroquinerie. — La maroquinerie est une industrie tout à fait parisienne. En province, elle n'existe pour ainsi dire pas. La production annuelle peut être évaluée à 30 ou 40 millions de francs. Le nombre des personnes employées ne dépasse pas 10.000, parmi lesquelles beaucoup de femmes.
Les échanges de maroquinerie indiquent une situation favorable pour la France : 7.000.000 fr. d'exportation; 3.000.000 fr. d'importation.