‹ La France actuelleChapitre 84 sur 288 · Tonnea · texte numérisé non relu

Tonnea

Nombre proportionnel de tonnes transportées par habitant : 12, 19.

Départements finuiçais qui sont le plus fk^orisés par les chemins de fer. — Les départements qui possèdent une plus grande longueur de voies ferrées sont les suivants :

Noms Voies ferrées d'intérêt Voies ferrées d'intérêt

des départements. général. local.

Nord 1 .000 kilomètres. 5 kilomètres.

Oise 720 — 29 —

Pas-de-Calais.. 790 — 151

Seine-et-Oise.. 700 — 129

Gironde 694 - 232

Soine* 89 —

Mouvement du matériel. — Il part annuellement de toutes les gares et stations de France 3.697.988 trains de petite et de grande vitesse. La proportion entre les premiers et les seconds est comme 916 à 1.171.

Le nombre de trains par jour est de 10.103.

Le parcours kilométrique des trains de grande vitesse est de 136.423.827

Le parcours kilométrique des trains de petite vitesse est de 82.015.308

Total 218.439.135

Chaque locomotive consomme, en moyenne, par kilomètre :

Charbon lOkilog. 6

Eau 99 — 6

Huile 0 — 23

Le chiffre moyen des voitures d'un train de voyageurs est de

9, 6; celui des wagons d'un train de marchandises est de 36.11.

Prix des voyantes et fMts des mapcliandises. —

D'après les conventions passées par les Compagnies avec TEtat le prix des voyages, par kilomètre, est comme suit sur les chemins de fer d'intérêt général :

: VOYAGECRS.

I Prix per<;u par la

Classes. Compagnie. Impôt additionnel. Total.

fr. fr. fr.

1. Ce chiffre, miniinc en apparemce, est considérable si ont tient compte de la faible étendue de ce département.

Frets des marchandises A f^rande vitesse. — Prix par tonne et par kilomètre.

Prix perçu par Impôt.

Classe, la Compagnie, additionnel. Total.

Classe unique . 0 . 36 0 . Oi 0 . 40

Frets des marchandises A petite vitesse. — Par

tonne et par kilomètre :

Classe. Prix unique.

Sur la voie ferrée du Rhône au Mont-Cenis, par concession spéciale, il est perçu 0 fr. 56 par tonne et par kilomètre pour les marchandises transportées à grande vitesse et pour celles transportées à petite vitesse il est perçu 0.20 ; 0.18 et 0.16.

Stations. — Ponts. — Tunnels. — Le nombre de stations ou haltes était en 1884 de 4.229 avec un espacement moyen de 6.324 mètres.

On comptait environ 50.000 ponceaux ou ponts, dont 1.314 ayant plus de 20 mètres de long. Pour les grands ponts le prix de revient était, en moyenne, de 3.024 francs le mètre.

Le nombre de souterrains était de 833.

Vitesse des trains. — La vitesse des trains de chemin de fer a été croissant à mesure que des perfectionnements étaient apportés dans la construction des locomotives. Le tableau suivant met bien en relief ce progrès :

Années. Vitesse à Pheure.

1825 9.650mètres.

1829 Locomotives tubulaires Seguin... 25.130

1868 Locomotive type Campliu 80.000

1887 Locomotive à roue de 2 m. 50 de

diamètre 120.000

Dans Tespace de 62 ans la vitesse des trains a augmenté dans la proportion de 1 à 12.

i«'U TROISIÈME PARTIE.

Angnkeutmtîou do mmtériel Foslmat. — Le matériel roulant H*est accru de 1874 à 1883 dans les proportions suivantes :

longueur Locomo- Voitures Wagons Wagons

AnriC'CK. des tives. de <le irrande de mar-

ligncH. passagers, vitesse. chandises.

Kfi plus

pour.... 1883 7.450 1.164 5.976 2.645 64.213

Caisses de pension. — Les caisses de pension et de retraites des employés des chemins de fer sont établies d'après divers systt^mes, selon les compagnies :

Compaf^edo Nord. — Les fonds de la caisse de pension de cette <*ompagnie s'élevaient au commencement do 1884 à 11 .921 .541 fr.

Allocations de la Compagnie pendant le courant do cette année 955 . 771

Prélèvements faits par la compagnie, sur ses propres fonds, sur les intérêts du fonds de réserves, fonds produit par les amendes 642.181

Total des fonds de pension au 31 décembre

1884 13.529.493fr.

Dépenses :

Pensions de secoui*s 866.820 fr.

Somme versée à la caisse des <lèp6ts et consignations pour assurer le service de 57 retraites 139.991 1 .006.811

Caisse fin décembre 1884 12 512.682 fr.

(«omme on le voit, la Compagnie du Nord fait, de ses deniers, le service de la caisse de pensions. Cependant en dehors de cette «*aisse de pensions de la compagnie, il existe une caisse de retraites pour la vieillesse alimentée par une retenue de 3 0/0 sur le traitement des agents et qui leur appartient en propre. Lorsque le traitement des agents est de 1.500 fr. ou au-dessous, la com|vignie fournit, de ses fonds, la somme équivalente au 3 0/0 de rt'tenue.

1^iiipsg[nir de l*£sl, — l^ caisse des retraites est alimentée : r (vir une retenue obligatoire de 3 0 0 opérée sur le traitement

de chaque agent ; 2» par une allocation de la compagnie montant à 8 0/0 de la somme des traitements soumis à la retenue ; 3° par des allocations variables de la compagnie ; 4* par les intérêts de valeurs en portefeuille ; 5* par le produit de l'encaissement des titres amortis ; 6* par les excédents des recettes de la caisse de prévoyance. Les fonds de la caisse des retraites sont

placés en obligations de la Compagnie ou en rentes sur TEtat.

La caisse possédait au 1" janvier 1884 33.359.472 fr.

Les cotisations des membres ont produit. . 947 . 828

Les allocations de la compagie 2.545.887

Recettes diverses (intérêts des valeurs en portefeuille, versements extraordinaires, etc.) 1 . 743 . 033

Total au 31 décembre 1884 38. 596.220 fr.

Les dépenses se sont élevées :

Pensions de secours 2.254.815

Remboursement de cotisalions, dépenses diverses, etc. . 225.391 2.480.206

Fonds de la caisse de retraites au 31 décembre 1884 3(1.116.014 fr.

Compan^e de l'Ouest. — Les cotisations s'élevant à 4 0/0 des traitements appartiennent en propre aux membres de la caisse; elles sont versées au nom de chacun d'eux directement à la caisse des retraites de la vieillesse administrée par TEtat. L'allocation de la compagnie a été élevée à partir du 1" avril 1884, de 4 0/0 à 5 0/0.

Caisse au 1" janvier 1884 23.653.819

Allocations de la compagnie pendant

Tannée 1.727.672

Recettes diverses 1 . 124.373

Total au 31 décembre 1884 26.505.864

Pensions ou secours et dépenses diverses 1 . 005 . 166

Caisse au 31 décembre 1884 .25.500.698

Le nombre moyen des membres de la caisse est de 21.261.

Le nombre de personnes dotées de pensions ou de secours est de 2.183.

Compa^^ie d'Orléans. — Cette Compagnie n*apas à proprement parler, de caisse de pensions ; elle affecte chaque année sur les bénéfîces de son exploitation, un prélèvement qui varie avec les dividendes distribués à ses actionnaires et qui est réparti entre les employés dans la proportion de leurs traitements. Sur le montant de ce prélèvement, la Compagnie affecte 10 0/0 des traitements à la constitution de pensions de retraite en faveur de ses employés au moyen de versements faits, à leur nom, à la Caisse des retraites pour la vieillesse administrée par TÉtat.

Ces versements se sont élevés pour 1884 à 2.667.653 fr.

Compan^nie de Papis-Iiyon-Médlterpanée. — La dotation de la Caisse des retraites est formée : 1® par une retenue obligatoire de A 0/0 opérée sur le traitement des employés ; 2° par une subvention de la Compagnie égale à 4 0/0 des traitements soumis à la retenue ; 3** par les produits du placement de ces fonds ; 4° par des subventions supplémentaires fournies par la Compagnie dans des cas spéciaux ou éventuels.

Situation iinancière au i'' janvier 1881 . . . 59.950.502 fr.

Cotisation des membres de la Caisse. . . . â. 546.283

Allocations de la Compagnio 3.225.958

Recettes diverses 3.559.642

Total 69.282.385 fr

Pensions ou secours 3.515.493 fr.

Dépenses diverses 374.993

Situation iinancière au 31 décembre 1884... 65.391.899 fr.

Le nombre nioven des membres de la Caisse est de 37.556 et le nombre de personnes dotées de pensions ou de secours est

Compan^nie da Midi. — D'après un règlement qui date du 12 décembre 1882 une retenue de 3 0/0 est faite sur les traitements des employés et versée à la Caisse des retraites pour la vieillesse administrée parTÉtat. La Compagnie donne des allocations prises sur ses recettes. La retenue est obligatoire pour les employés commissionnés et facultative pour les ouvriers à la journée.

Situation financière au i" janvier 1884. . . 17.227.120 fr.

Cotisations des membres 721 . 183

Allocations de la Compagnie 1 .323.506

Recettes diverses 819.035

Total .20.090.844 fr.

Pensions ou secours i'J7.663 Ir.

Dépenses diverses 41 . 142

338.806 Situation financière au 31 décembre 1884... 19.752.038 fr.

Chemins de fer de ceinture. — Il n'y a pas, aux chemins de fer de ceinture de Paris, décaisse de pension proprement dite. Les retenues faites aux agents et la subvention correspondante du syndicat sont versés à la Caisse des retraites pour la vieillesse administrée par l'État.

Réseau de l'État. — Une nouvelle Caisse de retraites a élé instituée en faveur des agents des chemins de fer de l'Etat à partir du 1" janvier 1883. Sa dotation est formée :

1** Par une retenue de 5 0/0 faite mensuellement sur le traitement des agents ;

2° Par une subvention, égale à la retenue ci-dessus, versée par l'administration des chemins de fer de TÉtat ;

3° Par une retenue du premier douzième du traitement des agents lors de la première nomination ;

4° Par une retenue du 1" douzième de toute augmentation de traitement ;

5° Par le versement du reliquat des amendes infligées au personnel et qui n'a pas été distribué en secours dans le courant de Tannée ;

0° Par les produits de placements de fonds.

Situation financière au 1" janvier 1884 630.779 fr.

Les cotisations, allocations de l'administration, recettes diverses, se sont élevées à. 689.048

Total 1.319.817 fr.

Les dépenses diverses montent à 175.712

Situation financière au 31 décembre 1884.. 1.144.105 fr.

Caisses de secours en cas de maladie^ de blessures^ d'infirmités ou de mort. — Quelques Compagnies comptent

à part les caisses de pensions ou de retraites dont nous venons de parler, des caisses de secours en cas de maladie, de blessures, d'infirmité ou de mort.

A la Compagnie de l'Est, il existe une caisse de prévoyance obligatoire pour tous les employés qui participent à la caisse des retraites : elle est alimentée par une retenue de 1 0/0 sur les traitements des employés et d'une cotisation égale versée par la (Compagnie. Cette Société a distribué en d884 une somme de 533.624 fr. en demi-traitements pour cause de maladie, médicaments, visites et soins par des médecins étrangers à la Compagnie, frais funéraires, secours aux agents mis à la réforme, secours extraordinaires pour cause de maladie ou charge de famille, etc.

A la Compagnie de TOuest la participation à la Caisse de secours n'est pas obligatoire. Les adhérents versent 1 1/2 0/0 de leurs traitements et la Compagnie fournit une somme égale.

A la Compagnie du Midi il y a une caisse de prévoyance obligatoire pour tous les employés ou ouvriers ayant, au plus, 3.000 fr. de traitement.

Dans le chemin de fer de TÉtat la Caisse de prévoyance et de secours pour les employés et ouvriers non-commissionnés est alimentée par une retenue de 2 0/0 sur les traitements des participants ; une somme égale est prélevée sur les produits de l'exploitation et versée à la Caisse de la Société.

En 1885 la C" d'Orléans a organisé une « société de secours mutuels et de prévoyance des ouvriers et employés de la Compagnie du chemin de fer d'Orléans » ayant pour but : 1° de venir en aide aux blessés, malades ou infirmes ; 2° assister les veuves et les enfants des membres décédés ; 3*^ d'assurer à ses membres des pensions de retraite. Cette société compte 9,154 participants et son capital au 31 décembre 1884 était de 4,673,751 fr.

On voit, par tout ce qui précède, combien les Compagnies sont soucieuses de venir en aide au nombreux personnel qu'elles occupent et la grande part qu'elles prennent à la création et à la dotation annuelle des caisses de pensions de retraites et de prévoyance. Ces associations contre les risques et la vieillesse sont toutes en progrès, tant par le nombre des participants que par Taugmentation du capital social. Si on songe que leur fondation est relativement de date récente et que déjà leurs bienfaits sont partout reconnus, on peut en espérer les meilleurs résultats dans un avenir prochain. On ne saurait donc trop approuver les conseils d'administration des Compagnies qui se sont imposées volonlairemeln, dans un but d'humanité, des charges assez lourdes pour améliorer le sort de tous les travailleurs qu'elles emploient y compris les plus modestes.

Diminution des prix du tarif des Compa^^es de Ciiemins de fer. — Les prix du tarif en France ont suivi une progression décroissante indiquée par le tableau suivant :

Produit moyen par IVoduit moyen par voyageur et par tonne et par

Année». kilomètre. kilomètre.

18i-2 0*>065 Ofr.113

Soit une différence, en 42 ans, pour les voyageurs de 26 0/0 et pour les marchandises de 49.5 0/0.

SECTION III

ÉTtDE C0.MPARATIVK DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS ET ÉTRANGERS

Le tableau suivant donne le coût moyen kilométrique et h" rendement des lignes de chemin de fer de divers pays :

Produit pour

Coût moyen 100 du

Nations d'un kilomètre capital employ«>

Royaume-Uni 636.000 4.37 «/"

France 409.000 3.60

Autriche -lïongii'.» 391.000 3.60

Suisse 344.000 3.93

Belgique 379.000 4.05

Allemagne 331.000 4.62

Pays-Bays 301.000 3.75

Italie... "^ 297.000 2.30

Espagne» 235.000 5.55

Russie 254.000 5.13

Canada 252.000 1.12

Algérie 215 .000 1 . 12

États-Unis de l'Amérique du Nord. 179.000 4.35

États-Unis Mexicain 150.000 5.50

Brésil 199.000 4.35

Inde Anglaise 175.000 6.85

Relativement au Mexique, nous dirons que pour le chemin de fer de Vera-Cruz à Mexico, le coût moyen du kilomètre a été de 850.000 francs à cause des importantes œuvres d'art exigées par la conformation du terrain et la grande altitude du plateau central. Cette voie ferrée n'a que 400 kilomètres de long, la différence de niveau entre Vera-Cruz et la capitale est de 2.300 mètres et sur son parcours certains points atteignent 3.000 mètres d'altitude. Mais les autres lignes construites postérieurement n'ont coûté qu'un prix variant entre 120.000 et 150.000 francs le kilomètre bien que, pour l'établissement de quelques embranchements, on ait dû employer des rails grevés par un fret de 250 francs la tonne rien que pour le trajet de Vera-Cruz à Mexico. Le bas prix des lignes récemment construites au Mexique doit être attribué surtout aux frais minimes d'expropriation, nombre de propriétaires cédant gratuitement leur terrains aux compagnies afin de faciliter la construction des voies ferrées et de contribuer ainsi à la prospérité du pays.

Longueur des lignes de chemins de fer dans le monde entier,

Europe • 189.500 kil.

Amérique 239.450 —

Asie 20.550 —

Océanie 12.050 —

Afrique 6.550 —

Total 468.100kil.

Ces chiffres concernent Tannée 1885.

Rendement brut des Chemins de fer en divers pays.

Nations. Recettes brutes annuelles.

Etats-Unis 4.200.000.000 fr.

Royaume-Uni 1.775.000.000

France 1.209.000.000

Russie 860.000.000

Autriche-Hongrie 018.000.000

Italie 206.000.000

Espagne 173.000 000

Belgique 162.000.000

Brésil 96.000.000

Suisse 77.000.000

Pays-Bas 54.000.000

Mexique 39.000.000

Portugal 20.000.000

Les documents nous manquent pour établir le rendement des chemins de fer turcs, ainsi que ceux de la République argentine, du Chili, du Pérou et de quelques autres pays d*Asie et d'Afrique. On peut cependant calculer que le rendement brut annuel de tous les chemins de fer en exploitation sur le globe est de 11.200.000.000 de francs et que la France, prise isolément, donne le dixième de ce chiffre.

Dates de l'établissement des chemins de fer à. traction à. vapeur. — Voici quelles sont ces dates pour divers pays :

Angletern» 27 septembre 1825.

Autriche 20 septembre 1828.

France l*"" octobre 1828.

Étals-Unis du Nord 28 décembre 1829.

Belgique 5 mai 1835.

Allemagne 7 décembre 1835.

Ile de Cuba Mars 1837.

Russie 4 avril 1838.

Italie septembre 1839.

Suisse 15 juillet 1844.

Jamaïquv' 21 novembre 1845.

Espagne 24 octobre 1848.

Canada Mai 1850.

Mexique Juin 1850.

Recettes brutes, dépenses et bénéfices nets par kilomètre des chemins de fer de divers pays. — En

comparant les résultats que donne en France l'exploitation de chaque kilomètre de voie ferrée, avec ceux obtenus dans différents pays, j'ai obtenu le tableau suivant :

Recettes brutes Dépenses Bénéfices nets Proportion Nations. kilométriques kilométriques kilométriques des dépenses

fr. fr. fr.

Portugal 13.800 5.700 8.100 41 Vo

Espagne 22.700 10.000 12.700 43 —

Inde anglaise 23.400 11.350 12.050 49 —

Suisse 28.000 14.500 13.500 52 —

Royaume-Uni 59.000 31.200 27.800 53 —

France 38.040 23.300 14.740 54 —

Àutricbe-Hongrie . . . 30.300 16.200 14.100 53 —

Allemagne 34.000 18.700 15.300 55 —

59 Vo

Belgique.... 37.500 22.000

Pays-Bas 27.300 16.000

États-Unis (lu Nord. 21.600 13.800

Russie 37.700 24.700

Italie 21.450 14.450

Canada 11.240 8.600

Algérie et Tunisie.. . 10.250 7.850

L'élévation des dépenses dans l'exploitation des chemins de fer en Algérie et Tunisie vient de ce qu'ils ont été construits dans des régions peu exploitées et que les Compagnies ont adoptée la voie large, alors que la voie étroite plus économique, suffisait amplement aux besoins de ces pays.

En Italie, quelques lignes de chemin de fer, surtout dans le nord, présentent une grande inclinaison ; d'ailleurs l'exploitation y est encore quelque peu défectueuse, ce qui explique le chiffre élevé des dépenses.

Aux États-Unis il a été construit, pendant que la fièvre des chemins de fer y régnait, des lignes d'une très grande étendue, traversant d'immenses déserts et dont les produits seront insuffisants tant que la population de ces régions n'aura pas acquis quelque densité. Le produit moyen des voies ferrées se trouve ainsi diminué, bien que certaines lignes, comme celle de Bufalo à New-York donne des recettes très considérables. Le prix des salaires, très élevé aux États-Unis, vient également augmenter les frais d'exploitation.

Les frais d'exploitation sont plus considérables en Belgique et en Allemagne qu'en Angleterre, en France et en Autriche- Hongrie et c'est là un argument dont s'emparent les partisans des Compagnies contre l'exploitation des chemins de fer par l'État.

En Espagne les voies ferrées sont relativement de construction récente et elles n'exigent pas beaucoup de frais de réparation ; les tarifs y sont très élevés, et l'augmentation de recettes qui en provient diminue, proportionnellement, les frais d'exploitation.

Comparaison entre les longueurs des ' Chemins de fer dans les phncipaax pays.

Kilomètres de lignes par looo k. c.

ii^

Prodoits nets moyens kilométriques les principaux pays

u>w*«LaK« .-Mk».i^,^

État général des Chemins de fer dans le monde entier.

J'ai trouvé dans les Chemins de fer en France et à VÉtranjer, de M. Octave Noël, œuvre nouvellement parue et que j'ai eu à peine le temps de consulter, les données suivantes sur la construction des voies ferrées dans le monde entier :

Le principal effort des gouvernements, en faveur de la création et de Textension des voies ferrées, s'est manifesté dans la période qui s'étend de 1869 à 1885.

Dans les quinze années qui séparent ces deux dates, la longueur des lignes ouvertes au trafic est passée de 210,180 kilomètres à 487,566 kilomètres, augmentant ainsi de 277,386 kilomètres, c'est-à-dire de 132 0/0.

En 1869, le capital employé à l'établissement du réseau total était évalué à 53,200,000,000 de francs, dont 37,600,000,000 pour l'Europe, 12,125,000,000 pourle continent américain, 1,600,000,000 pour l'Asie, 1,475,000,000 pour l'Afrique, 400,000,000 pour l'Australie.

En 1885, les sommes appliquées à l'extension de ces moyens de transport, s'étaient accrues de 129 0/0. Elles n'étaient pas inférieures à 69 milliards pour l'Europe et à 45 milliards pour l'Amérique, dont plus de 39 millions pour les États-Unis seuls. L'Asie avait dépensé à cette même époque, 4 milliards 500 millions, l'Afrique 2 milliards et l'Australie 3 milliards environ ; soit un total de 123 milliards et demi de francs.

Si l'on se reporte aux résultats, exclusivement matériels et immédiats que l'industrie des chemins de fer a retirés de l'emploi de ces énormes stocks de capitaux à l'aide desquels elle a été constituée, on relève les chiffres suivants :

En 1869, le nombre des voyageurs transportés sur l'ensemble des voies ferrées était de 900 millions dont 734 millions pour l'Europe et 145 millions pour le reste du monde : 120 millions afférents aux États-Unis.

La quantité de tonnes de marchandises expédiées en tous sens s'élevait à 566 millions, dont 401 millions pour l'Europe, 150 millions pour les seuls États-Unis et 15 millions pour les autres contrées.

Le produit général de ce trafic était alors évalué à près de 5 milliards de francs, et les dépenses d'ëkploitation s'élevant à

3 milliards 800 millions, laissaient un revenu net de 1,200 millions ou de 2,25 0/0 du capital d'établissement.

En 1883, le réseau entier du globe faisait circuler 2 milliards do voyageurs, dont 1,500 millions en Europe, 312,700,000 aux Étals- Unis et 187 millions et demi, en chiffres ronds, dans les autres parties du monde. Il transportait en outre 1,300 millions de tonnes de marchandises, dont 760 millions en Europe et 540 millions hors de notre continent, sur lesquels la part des États- Unis n'était pas moindre de 401 millions.

Les recettes réalisées se montaient à près de 12 milliards de francs ; dont 6 milliards et demi pour l'Europe et 4 milliards 200 millions pour les États-Unis.

Les frais d'exploitation prélevaient environ 7 milliards ou 58,34 0/0 sur lesquels 3 milliards 600 millions appartenant aux États de l'Europe et 2 milliards 700 millions aux États-Unis d'Amérique.

Enfin le revenu net était de 5 milliards de francs environ, faisant ressortir, relativement au capital de premier établissement, un revenu qui, variant entre 1,26 et 4,85 0/0 dans le monde entier, atteint en moyenne 4,21 0/0 en Europe, et 4,15 0/0 pour l'ensemble des réseaux existant sur le globe.

SECTION IV

CHEMINS DE FER d'iNTÉRÊT LOCAL ET TRAMWAYS.

Au début, le gouvernement avait adopté le principe de laisser la construction des chemins de fer d'intérêt local aux soins des localités intéressées qui, de leurs propres deniers, devaient en poursuivre l'exécution.

Plus tard, l'État vint au secours de quelques lignes qui, d'après le texte de la loi du 12 juillet 1865, peuvent recevoir des subsides des départements et des municipalités sans préjudice de l'appui de l'État. La loi organique des cheminsde fer d'intérêt local est plus libérale que celle de 1842, se rapportant aux chemins de fer d'intérêt général.

La loi de 1865 soumet à l'approbation du gouvernement le tracé de ces lignes et elle en abandonne la propriété perpétuelle aux départements, municipalités ou sociétés particulières qui ont pris la charge de la construction. Seules, les lignes qui reçoivent une subvention directe de l'Etat peuvent être assujetties à des réglementations de tarif et à des réductions dans les prix des places pour certaines catégories de voyageurs.

Les chemins de fer d'intérêt lobai avaient atteint, au 30 juin 1887, une longueur de ii.048 kilomètres, comme on peut s'en assurer par le tableau suivant ;

Résultats comparatils de l'exploitation des chemins de ter d'intérêt locM^l. — Premier semestre des années 1886 et 1887 :

Totaux et moyennes. 1886. 1»87.' Différences.

Longueur exploitée

au 30 juin 1.881 kil. 2.048 kil. +167

Longueur moyenne exploitée pendant le premier semestre 1.825 1.971 kih +146

Dépenses d'établissement au 30 juin. 252.971.648 fr. 268.212.829f.+15.241.181

Résultats de l'exploitation :

Totaux :

Recettes 4.391.280 fr. 4.714.637 fr. + 323.357

Dépenses 4.218.093 4.043.857 — 174.236

Produit net 243.245 256.166 + 12.921

Par kilomètre :

Recettes 2.406 2.392 — 14

Dépenses 2.428 2.260 — 168

Produit net 7 143 +136

Recettes par jour

kilométrique .... 13 13

11 y a donc amélioration dans la situation des chemins de fer d'intérêt local. La longueur moyenne des lignes exploitées a augmentée et les recettes s'en sont ressenties.

Les recettes ont augmentées, tandis que les dépenses diminuaient, ce qui dénote le soin apporté pour réaliser des économies dans l'exploitation de ces lignes.

Lionf^neop des li§^nes. — En 1884, la longueur des lignes définitivement ou éventuellement concédées était de 2.504 kilomètres.

La longueur totale des chemins non concédés 307 —

Total 2.811 kilomètres.

Dépenses d^établlssement. — La dépense totale pour les chemins de fer concédés était de 218.587.686 fr.

La dépenses pour les chemins non concédés 7.355.033

Dépenses totales 225.942.701 fr.

Dépenses faites par les Compagnies, non comprises les subventions de rÉtat ou des Localités 176.460.808 fr.

Subventions de TÉtat ou des LocaUtés. . . 49.481 .593

Part proportionnelle de TÉtat ou des

Localités 21 .9 pour 100.

Part proportionnelle des Compagnies. . . 75.1 —

Capital social. — Jusqu'au 31 décembre 1884 les Compagnies de chemins de fer d'intérêt local avaient émis

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