EN AMÉRIQUE
Les États-Unis traversent à notre époque une période de force et de prospérité générale. Toutes les nations européennes, particulièrement TAngleterre à cause du Canada, recherchent leur alliance et s'efforcent d'entretenir avec eux les relations les plus cordiales. Mais il ne faut pas oublier que la soif d'annexer vient en annexant, surtout quand on peut le faire sans frais, sans effort, et qu'un État tend à acquérir des ambitions sans limites contre ceux qui sont incapables de le maîtriser. Aussi, il serait bien imprudent à nous de croire à l'amitié éternelle des deux républiques sœurs, à l'impossibilité de complications entre elles, même si on oubliait que, deux fois dans le courant du siècle dernier, la première fois au sujet de la Louisiane en 1803, la seconde au sujet du Mexique en 1867, le gouvernement des États-Unis nous a mis en demeure, sous menace de guerre, de nous retirer d'Amérique, et" qu'en 1898 il s'est emparé des colonies espagnoles en arguant d'un prétendu droit de prépotence par lequel a tout État en qui la vie politique fait défaillance est incorporé par un voisin en qui réside la force n .
Ces précédents ne nous permettent pas de penser que nous soyions pour toujours à l'abri de conflits avec les États-Unis, au 'sujet de nos possessions des Antilles et du Pacifique.