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Devant les maîtres de la mer rhomme qui a eu au plus haut degré la soif des conquêtes et le génie des batailles, « Napoléon I" » , s'est trouvé dans la nécessité d'abandonner des possessions lointaines, comme les rois ses prédécesseurs avaient été réduits à se laisser enlever TAcadie, le Canada et les Indes.
Au moment de la rupture de la paix d'Amiens, en 1803, Bonaparte ne pouvait penser à tenir tète sur mer aux flottes anglaises. La France avait acquis de l'Espagne ces immenses territoires qui, sous le nom de Louisiane, comprenaient toute la rive droite du Mississipi avec la Nouvelle-Orléans, la vallée du Jilissouri et celle de l'Arkansas, la côte du Pacifique depuis le sud de l'ile de Vancouver jusqu'au 42" degré de latitude nord, c'est-àdire un territoire six fois grand comme la France, six fois grand comme la Louisiane d'aujourd'hui.
Le Premier Consul ne pouvait douter que, dès le début de la guerre, une des premières opérations des Anglais serait de s'emparer de ces richissimes contrées. Il n'était pas assez puissant pour les défendre. Il ne l'essaya point. Il préféra avant même la déclaration de guerre se défaire
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de ces magfnifiques territoires au profit des Américains. Il les leur vendit pour 80 millions de francs. « Cette cession de territoire, écrivait-il, affermit pour toujours la puissance des États-Unis, et je viens de donner à TAngleterre une rivale maritime qui, tôt ou tard, abaissera son orgueil. » On ne peut pas encore dire si le grand empereur n'a pas justement présagé !
Sur ces 80 millions de francs, 20 millions devaient être retenus pour des indemnités à payer aux citoyens américains victimes de spoliations de corsaires français. Ce fut donc pour la somme dérisoire de 60 millions que la France se débarrassa des immenses régions qui sont aujourd'hui une des plus riches parties de la puissante République américaine.
C'était un si splendide cadeau que, tout d'abord, aux États-Unis, on ne voulut pas croire à une telle magnanimité.
Du moins pourrait-on penser que lorsque Bonaparte conclut ce marché avec la République américaine, son gouvernement entretenait avec les États-Unis des rapports cordiaux ou tout au moins qu'il n'était pas menacé directement par eux. Il en était tout autrement. Quand cette cession fut faite, les relations étaient des plus tendues entre la France et l'Amérique. Le Premier Consul n'y consentit que le couteau sous la gorge, que sous la menace d'une guerre.
En 1799, à la suite des prises faites par les corsaires français, l'animosité était déjà devenue telle que le Congrès américain avait proclamé la suspension de tout commerce avec la France, la dénonciation de tous les traités avec notre pays, l'autorisation de capturer tous les navires français dans les mers américaines.
Dans le sein même du Congrès, une fraction très active travaillait sourdement à faire déclarer la guerre à la France. M. Linvingstone, ministre des États-Unis à