CHAPITRE III
Evénements antérieurs à 1892 (suite). — Expédition de 1890. — Arrestation des cabécères de Cotonou. — Nos compatriotes otages à Abomey. — Le commandant Terrillon. — Stoïcisme d'un décapité. — Escarmouches et combats. — Nous restons l'arme au pied. — Arrangement du 3 octobre 1890. — Année 1891. — Construction du wharf et du blockhaus de Cotonou. — Introduction d'armes à tir rapide. — La mission Audéoud à Abomey. — Rapport de l'enseigne de vaisseau d'Ambrières. — Incursions des Dahoméens. — Attaque de la Topaze (27 mars 1892). — Le colonel Dodds est nommé commandant supérieur.
15 janvier 1890. — Colonies à Lieutenant-Gouverneur, Cotonou : a Conseil des ministres peu favorable à expédition pouvant entraîner intervention du Parlement. Câblez ce que jugez nécessaire pour assurer protection nationaux, défendre comptoirs européens de la côte et de l'intérieur. »
Ce télégramme fut le prélude des hostilités. Dès le début,
quelque chose de vague et d'irrésolu flotte sur les conciliabules
que l'on tient dans la salle à manger de la factorerie Régis. On
ne savait pas exactement ce qui s'était passé à Abomey. On
ignore les intentions du gouvernement.
Le 15 février, après l'arrivée sur rade du Sané, commandant Fournier, on apprend que la flotte ne nous prêtera que son concours maritime, ne débarquera (quoi qu'il arrive) aucun fusilier, pas même un marmiton, dit un officier de vaisseau. Des pouvoirs rétifs, ombrageux, égoïstes vont se trouver en présence et se contrecarrer mutuellement. Sous l'action d'un