REPAS ET RÉJOUISSANCES
successivement les grands cabécères, quelques chefs de guerre autorisés à entrer dans le palais, les ministres et les gardiens, les princes au nombre de vingt, les princesses au nombre de quarante et les amazones. Ces différents groupes nous saluent du cri de « Adeo » ; nous nous levons et rendons leur salut.
« Tous ces gens, sauf les guerriers, entrent en rampant.
« Samedi 7. — Après avoir déjeuné légèrement, nous partons à 12 h. 15 pour le palais de Djébé, où nous n'entrons qu'à 3 heures.
Le roi nous fait attabler tout de suite.
Nous avons devant nous des monceaux de viande. Au centre de la table, cinq ou six cabris entiers, entourés d'une couronne d'une vingtaine de poulets; puis une quarantaine de plats entre lesquels on a jeté des pains, du biscuit, des oranges et des bananes. A côté, une autre table, où je compte plus de trois cents bouteilles assorties. Nous restons assis deux heures environ. Pendant ce temps, les amazones viennent danser et chanter devant nous; les femmes artilleurs et les chefs des tueuses d'éléphants tirent des coups de fusil sans discontinuer. Les amazones nous font un cadeau de treize cabris, seize poules, des ignames, des oranges. A ce moment, on nous fait lever et mettre par rang d'ancienneté devant le roi. Celui-ci nous présente quatre pagnes, quatre enfants dont deux garçons et deux filles, et un parasol en soie pour M. Carnot. Puis il donne à chacun de nous un pagne et deux enfants, un garçon et une fille. On nous fait revêtir un pagne et c'est dans ce costume que nous sortons du palais avec le roi. Il nous reconduit pendant cinq minutes et, au moment de nous séparer, il fait tirer des salves par ses gardes du corps, au nombre, de cinq cents. Comme leurs fusils sont chargés jusqu'à la bouche et qu'il fait presque nuit, l'effet est saisissant et très beau. En même temps, on tire plusieurs coups de canon. Nous prenons alors congé du roi, que nous ne reverrons plus. »
La mission rentre à Cotonou et le chef de bataillon Audéoud, commandant des troupes, rend compte au Ministre de la Marine qu'il y a lieu de détruire le Dahomey, pour rétablir le