DANS LA LACUNE DE COTONOU
calme à la côte et permettre la reprise des transactions commerciales, absolument interrompues.
En mars 1892, Behanzin déclare de nouveau la guerre à Toffa et, au mépris de l'arrangement du 3 octobre 1890, pénètre sur le territoire du royaume de Porto-Novo.
Le 27 mars, la chaloupe Topaze, ayant à son bord le lieutenant-gouverneur M. Ballot et le chef de bataillon Riou, est attaquée sans aucune provocation dans l'Ouémé par 400 Dahoméens postés derrière les hautes herbes de Dongoli. Un tirailleur et deux matelots sont grièvement blessés par des balles à tir rapide. Dans la nuit du 29 au 30, les Dahoméens occupent Késounou.
Après les premières mesures de défense prises par M. Ballay, gouverneur, le Ministère de la Marine est chargé de la direction des opérations, et, le 30 avril, le colonel Dodds, de l'infanterie de marine, est désigné pour remplir les fonctions de commandant supérieur du Bénin.
L'arrivée du colonel Dodds sur la Ville-de-Maceio le 28 mai, des navires de guerre et des troupes de renfort rassurent les populations et éloignent l'armée dahoméenne, qui se concentre à Alada.
Le colonel établit le quartier général à Porto-Novo, où sont rassemblées nos troupes.
Le corps d'occupation comptait au 1er juin un effectif de 940 combattants. Au 7 août, il était de 2186 Européens, tirailleurs sénégalais, haoussas et artilleurs. Avec le bataillon de la légion étrangère et les spahis, il atteignait le 1er septembre un total de 3 451 hommes.
Sur les lagunes et dans l'Ouémé circulait la flotte, composée de : chaloupe canonnière Corail (commandant de Fésigny) ; canonnière à roues Opale (La Tourette, enseigne de vaisseau) ; Ambre, Èmeraude et Topaze (commandées par des premiers maîtres).
L'armée dahoméenne, forte d'environ 12 000 hommes, occupait les positions suivantes : un groupe à Alada, sous les ordres directs de Behanzin; un groupe entre Godomey et le Nokoué; un groupe sur la rive gauche de l'Ouémé, échelonné de Zagnanado à Dogla, dans le Décamé.
Les chemins étaient fermés partout. Le service des renseignements fonctionnait difficilement. Malgré ces difficultés d'ordre matériel, l'époque des tergiversations était passée. — Nous marchions en avant.