AVENEMENT DU ROI TOFFA
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E. Giffault.de
Le dernier souverain d'Ardres mourut en 1610 :
ses trois fils ne pouvant s'entendre pour le gouvernement de la contrée se séparèrent. Pendant que ïacodonou allait au nord de la Lama fonder Abomey, et que Méji, l'aîné, était laissé près de la source de Ahoutégoudou ' pour garder le terrain fétiche, YAdJa, et y continuer les sacrifices quotidiens de poules et de canards, Atéagbalin traversa la rivière de Sô et l'Ouémé. 11 fonda Adja-ché entre Ekpé et Bécon ou Aklou, faubourgs actuels de Porto-Novo. Ayant obtenu le droit de faire des cultures, il aida les aborigènes de ses conseils et de son expérience. Grâce à son activité, le pays se développa rapidement. Il eut six fils, dont cinq régnèrent successivement après lui. Tous firent la guerre aux peuples voisins, agrandissant leur domaine, vendant leurs esclaves à Badagry, comptoir de traite très fréquenté, situé à l'embouchure de l'Addo.
Le dernier descendant d' Atéagbalin, Soudji, mourut le 3 février 1864. Son fils, Dassy, ne fut pas élu, à cause de sa sympathie pour la France. Les chefs, séduits par les gratifications des traitants de Lagos, poussèrent au pouvoir un Nagot, le prince Mecpon, ennemi de notre influence. Mési succéda à Mecpon le 4 juin 1872. Mais comme ce roi ne sortait jamais de son palais, où il vivait dans un état d'ivresse continuelle, les négociants français, parmi lesquels il convient de citer M. Colonna de Lecca, directeur de la maison Régis, réussirent à faire revenir sur le trône, en février 1875, Dassy, qui prit le nom de Toffa et signa le 25 juillet 1883 un traité de protectorat rétablissant d'une manière définitive les relations diplomatiques interrompues depuis le départ de l'amiral Lafont de Labédat.
L'islamisme a pris depuis une dizaine d'années un grand développement à Porto-Novo. Les HattQufas (nom sous lequel on désigne les adeptes du Coran) sont très estimés; ils ont une mosquée et font de la propagande. Cette infiltration va sans cesse en grossissant. Elle a été