‹ La France au DahomeyChapitre 30 sur 122 · FACTORERIE FABRE, A PORTO-NOVO · texte numérisé non relu

FACTORERIE FABRE, A PORTO-NOVO

favorisée par le recrutement du bataillon de tirailleurs haoussas, presque tous originaires de l'ibadan, du Yorouba et du Niger. Les José Marcos, Ignatio Paraiso, Lopez, Bakary sont des notables : ils possèdent des factoreries, font un commerce sérieux. La loi du Prophète ne supprime ni la polygamie ni la circoncision. Les imans n'interdisent pas l'usage des alcools : ils donnent les premiers l'exemple de l'intempérance. La couleur du professeur étant la

même que celle de l'élève, les concrètes prescriptions du Coran exercent beaucoup d'attraction sur des esprits simples, dont l'intelligence est éveillée jusqu'à quatorze ou quinze ans.

On compte à Porto-Novo près de 10 000 musulmans, qui vivent en très bonne intelligence avec les fétichistes. Je n'ai jamais entendu dire qu'il y eut des querelles religieuses.

Porto-Novo est un centre commercial important. Tous les produits de l'Ouémé, du Décamé et de l'Adjara y arrivent et sont expédiés en Europe par Lagos et Cotonou. A côté de nos deux grandes factoreries françaises Régis et Fabre, se sont installés de nombreux concurrents étrangers : les Voigt and C°, les Holt et Welsh, les Kœnigsdorf, etc., et près de 200 traitants métis, d'origine brésilienne. Le marché indigène a lieu tous les jours sur la place du palais de Toffa. Mais au coin des rues on trouve des boutiques où se vend la nourriture du jour, les akassas, les akras, les sauces au piment et les poissons frits. Le maïs réduit en farine, cuit à l'eau, puis condensé en boules, forme l'akassa, le pain du noir. On le remplace par des patates, des ignames et de la farine de manioc. L'huile de palme est aussi un aliment de première nécessité. On l'emploie surtout pour la préparation du canalou, ragoût de poulet ou de poisson dans lequel on mélange des herbes aromatiques et des gombos, malvacées qui poussent autour des villages, moitié cultivées, moitié sauvages et dont noirs et créoles sont très friands '.

Les musulmans ont installé des boucheries et débitent chèvres et moutons. Les Nagots, fétichistes, tuent les cochons qui ont été élevés dans les cours des maisons et dans les rues de la ville, sur les tas d'immondices.

Le bœuf vendu à la troupe par Tovalo Quénou, le grand entrepreneur des subsistances militaires, vient du bas Ouémé. C'est une petite race sans grande consistance, semblable aux veaux de la Camargue. Leur robe est noire et tachetée de blanc. Les noirs ne s'occupent pas

Page 1