LE GENERAL DODDS
i. Le colonel Dodds a été promu général de brigade le 9 novembre.
Le 16 au matin, la colonne reprenait la marche en avant. On se dirige vers Abomey, mais on ne suit pas la route ordinaire, pour éviter les embuscades. On couche à Djébé, premier palais. Une patrouille de cavalerie pousse jusqu'à Goho et à l'entrée d'Abomey. Behanzin s'est enfui sur Yindouté avec sa famille et ses trésors. Le soir une immense lueur éclaire l'horizon. Avant d'abandonner la demeure de ses pères, le roi a mis le feu à ses palais pour ne livrer à l'ennemi que des murailles calcinées . On peut compter très distinctement trois immenses foyers. Sur une longue étendue de 3 kilomètres on ne voit que des flammes. Les faubourgs eux-mêmes ont été incendiés.
Le 17, la colonne se porte sur Bécon, deuxième palais, et vers 3 heures entre dans Abomey même; le général Dodds malade est porté en hamac. Bivouac sur la place de Simbodji, en face du palais de Glé-Glé. A l'angle est de cet immense caravansérail rempli de toitures fumantes, peuplé d'animaux domestiques qui courent effarés dé tous côtés, on remarque une maison à étage : c'est la terrasse où l'on précipitait pendant la fête des Coutumes, ou sacrifices humains, les victimes égorgées en l'honneur des aïeux.
Le 18, une proclamation est lancée aux peuplades indigènes.