‹ La France au DahomeyChapitre 63 sur 122 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le fort portugais. — La famille du chacha. — Coup d'œil sur les institutions et les fétiches. ■ — Ophiolàtrie, magie, spiritisme. — Les gunguns. — Fêtes publiques. — La musique et la danse.

LEGn.V ANDROGYNE.

semaine,

une portée de fusil vers l'est, dans le quartier Docomé, se trouve l'établissement connu sous le nom de Fort San Jào-Baptisto d'Aiuda, dépendance administrative de la colonie de San Thomé, qui y entretient encore une garnison de quinze miliciens , originaires de Saint-Paul de Loanda. Ce presidio est gouverné par un capitaine, M. Vicente da Rosa Rolim. Quoiqu'il n'y ait plus aucun intérêt commercial, le gouvernement portugais maintient son pavillon sur ce réduit de 100 mètres de côté, dont les murs délabrés arrêtent l'œil du voyageur et évoquent le souvenir d'une ancienne splendeur. Depuis le xv° siècle, les voiliers partant de Lisbonne, et plus tard du Brésil, ont certainement visité tous les points de la côté de Guinée, échangeant les marchandises d'Europe contre de l'or, de l'ivoire et des esclaves. La langue de Camoëns s'est répandue jusqu'aux bouches du Niger; elle est fréquemment parlée encore à Porto-Novo, à Ouidah etàAgoué, et a fourni beaucoup de mots aux dialectes Éoués. De nombreux métis, affranchis et fils d'affranchis revenus sur la terre natale après avoir habité les plantations de l'Amérique, circulent paresseusement dans les rues, vêtus de la « camisa fresca » ' en ou de la redingote noire le dimanche. Chrétiens ou à peu près, ils se consi-

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