‹ La France au DahomeyChapitre 70 sur 122 · FÊTES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

FÊTES PUBLIQUES

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lé mbo - dji ndo

toum - bé - le toum-bé - lé

gui.som-bo

111 Les prêtresses de Dangbé entonnèrent un hymne

spécial :

« Alo Cotopa oulé alo Djimé booulé, Adanguia Ouélo Djenelal danguia oué aguia Iwhoho nousano amoua alo Cotopa oulé alo Djimé booulé.

— Nous remercions le général d'avoir brûlé Cotopa et Djimé, etc. »

La complainte finit par des injures à Behanzin booulé, requin, qui s'est sauvé en criant :« Qu'estce que c'est? Je suis perdu. »

Les indigènes expliquent nos succès d'une manière simple : « Le fétiche des Français a été meilleur que celui des Dahoméens ». Ils croient que les blancs sont en relations plus suivies avec Maou, parce que nous n'avons pas de génies malfaisants, qui interceptent la correspondance avec l'Être suprême.

Tout est prétexte à fête, les décès, les mariages, les naissances. Les nègres chantent et dansent à tout propos. Ils font tam-tam. Ce terme ne désigne pas, comme on pourrait le croire, la bruyante mélodie, les mouvements chorégraphiques, ou l'instrument. Le tam-tam est l'ensemble de la représentation à laquelle il faut quatre éléments : des danseurs, des musiciens, des choristes et un public. Il y a des professionnels, les ahanjito, sorte de griots, poètes et virtuoses; mais ils sont rares, car les noirs apprennent dès l'enfance à frapper comme des sourds sur des peaux de bouc et l'art de faire des contorsions et des grimaces.

Le soir, au clair de lune, on balaye la cour, on aligne des bancs, ou des chaises pour les invités, sur une table on amasse des bouteilles pleines. Si la qualité fait défaut, en revanche rien à dire sur la quantité. A côté des genièvres, des liqueurs douces, des anisados et des limonades, un baril de tafia. On sert aussi des volailles rôties et même brûlées, des cochons, des pigeons. L'amphitryon est désolé si vous refusez de vous gaver. On a des verres, des fourchettes et des couteaux pour les blancs chez le plus humble petit traitant. Ils mettent ,.,,,., .,,,

beaucoup d'amour-propre à nous faire honneur, se livrent à des dépenses énormes. La danse commence par un mouvement d'ensemble lent et pondéré, les mains se tournent et se retournent à droite, à gauche. Femmes et hommes s'avancent en se dandinant. Les instrumentistes accompagnent avec les pési (tambour rond), les hong (tambour allongé), lésassent (calebasse pleine, recouverte d'un filet piqué de cauris aux points de jonction des mailles), des alounh (corne en ivoire) ; une voix s'élève, c'est le solo, l'air principal, la poésie; dès que la chanteuse se tait, le chœur reprend au refrain avec des battements de mains. Acteurs et spectateurs s'animent, les groupes s'échauffent. Pendant que les uns piquent des cavaliers seuls, on voit se dessiner des pas fantastiques, des danses de ventres et de reins, des attitudes lascives. A un moment, c'est de la frénésie, tout le monde hurle et saute ; les vieux aphones tressaillent sur leurs tabourets, les petits enfants s'agitent dans les coins. La séance se termine par de vastes libations, et chacun rentre chez soi et s'endort complètement ivre. Ces soirées d'allégresse se répètent fréquemment durant les nuits silencieuses, pendant que dans la nature se continue le sourd travail des forces et que le malheureux Européen, énervé de tant de bruit, ne peut s'endormir qu'au milieu de rêves incohérents.

MESSAGE DES EETICHEUH5.

CRAND-POl'O.

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