‹ La France au DahomeyChapitre 71 sur 122 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

En route pour Grand-Popo. — Le chemin de Ouidah-plage. — Kahadacou. — Les lagunes. — Pluies et saisons. — La Bocca de Rio. — Grand-Popo. — Le marché. — La vie domestique chez les Éoués. — Agoué. — La mission catholique. — Métempsycose et immortalité de l'âme. — La rivière Mono, le Tado. — Les guerriers ouatchis en 1892.

|Our se rendre de Ouidah à Grand-Popo, il faut d'abord, soit en hamac, soit à pied, rejoindre la grande lagune située à 3 kilomètres au sud. Lorsque l'on a quitté la terre argileuse et rouge, on descend rapidement par un chemin sablonneux vers la plaine marécageuse qui entoure Simbodji, village de cinquante cases enfouies sous les cocotiers et les palmiers, et formant un îlot isolé de terre végétale au milieu des herbes hautes et des roseaux stériles. Là habite encore un vieillard décrépit, le Kafcadacou, ex-fonctionnaire dahoméen qui avait un rôle sérieux dans la hiérarchie du royaume. Il commandait aux soldats préposés à la garde de la plage et des décimères ou postes de douane. Il se contente aujourd'hui du modeste emploi de fournisseur de pirogues et de canotiers pour le commissariat. Les maisons de commerce ont sur le bord de la mer des entrepôts pour l'embarquement de leurs produits et le débarquement des marchandises. Sous le régime dahoméen, les agents des factoreries devaient, par ordre supérieur, rentrer en ville au coucher du soleil. Le roi se chargeait de faire garder par ses employés les magasins de ses amis les blancs. Chose digne de remarque, les vols étaient rares; le respect de la personne et des biens de l'Européen, absolu. Il n'en

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