LA VIE DOMESTIQUE CHEZ LES ÉOUÉS
BIJOUX DES INDIGENE?.
noire arrivée, la proposition de M. Rey, grand amateur de sport cynégétique, et nous filons en pirogue vers la lagune d'Adjara, située au nord cL'Ewé. Nous tuons des bécassines, des poules d'eau. Deux noirs auxquels nous avions prêté des fusils et de la poudre nous rapportent une biche. C'est tout ce que l'on peut trouver dans le Bas Dahomey, où la faune est pauvre. Comme quadrumanes, des cynocéphales et des macaques. Les carnivores sont représentés par le chat-tigre, le lynx, l'hyène, les civettes et l'once ou genette de Guinée [Genetta pardina) . On aperçoit taupes, belettes, musaraignes, loirs et rats. On mange en salmis un rat musqué d'un goût délicieux. On tire des tourterelles sur le plateau qui domine Grand-Popo à l'ouest et où l'on a construit la caserne des gardes civils et des douaniers.
La région des Popos est très fréquentée par les célibataires en quête de femmes jeunes. Ces dames éoués sont coquettes, et s'habillent de pagnes multicolores. Elles portent des bijoux variés : colliers, bracelets en cuivre ou en argent. Elles sont généralement vêtues d'un léger pantalon et d'une pièce de toile qu'elles enroulent et déroulent au-dessous de la poitrine. Les perles fausses et le corail sont employés à profusion, surtout pour les ceintures nouées autour des hanches. Les peignes sont en bois et verticaux, ils servent à dénouer les cheveux crépus, plutôt qu'à les rendre lisses et réguliers. La coiffure d'une femme est chose longue et compliquée et demande une journée et le concours d'une servante ou d'une amie.
Si j'avais à décerner le prix dans un concours de beautés noires, je le donnerais à la femme mina. Elle règne en souveraine maîtresse sur le littoral guinéen. Son visage gracieux, son allure espiègle, sa petite taille, son nez presque aquilin, ses narines elliptiques et frémissantes, ses lèvres presque point relevées, sa peau luisante comme du satin, ses
mains et ses pieds minuscules en font la Vénus noire. Elle se parfume avec de l'huile de palme fraîche qui laisse une odeur d'iris et de violette, ou avec l'étrange atiké. Elle relève ses cheveux crépus sur le sommet du crâne. Le chignon forme un tronc de cône, le front et la nuque complètement dégagés. Les plus coquettes disposent leur chevelure laineuse en petites tresses ; elles font la raie par devant ou par derrière, ou bien tracent