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LA VIE DOMESTIQUE CHEZ LES ÉOUÉS

pas de les convier aux fêtes cl festins, aux joies de la maison, aux lams-tams, dont elles sont le plus bel ornement. Chacune à son tour et par semaine prépare les aliments de l'époux. Elles y apportent tous leurs soins. Lorsque des événements graves se produisent, elles sont consultées.

Les épouses légitimes tolèrent les concubines, qu'elles se contentent de nommer alomaivilisi ', mot à mot, femmes de mains non jointes. Le bâtard est désigné par le terme alomàioilivi (enfant produit par une femme de mains non jointes). Ce mot explique la cérémonie du mariage, alowilinu, alliance (mot à mot, action de joindre les mains), ou alowiliwili, poignée de mains, mariage (mot à mot, union de mains); alowilivi, enfant légitime, enfant de mains jointes.

Avant de célébrer le mariage on consulte un azento, qui interroge Fa, le destin, et Akicagi, génie de l'enfantement. La femme la plus âgée du village donne aussi son avis, prend la future sous son patronage et lui enseigne ses devoirs d'épouse.

Si c'est une jeune vierge, on la désigne sous le nom de calebasse, courge pleine. L'homme, qui a eu le temps de voir sa fiancée, apporte, après le palabre où il a demandé la main, les cadeaux d'usage, caisses de genièvre, pièces de tissus, bijoux et la dot, 125 francs. Le futur seul figure au

contrat verbal pour un apport en numéraire. On a donné à cette coutume, très correcte en somme, le nom d'achat; grave erreur. Des anciens m'ont dit que le mari devait montrer de l'argent pour prouver qu'il était capable d'en gagner et par conséquent de nourrir sa femme. Si par hasard il est obligé de la répudier ou s'il y a divorce pour vice rédhibitoire, on lui restitue la dot, qui reste entre les mains des parents tant que dure l'union. L'Éoué est libre de répudier la femme qui ne lui donne pas d'enfants.

L'homme peut prendre autant de femmes qu'il peut en entretenir. Nul ne doit se défaire des enfants nés dans sa maison, ni les séparer de leur mère. Les concubines ne sont pas des esclaves. La polygamie ne m'a pas paru une institution contraire au bon fonctionnement de la société indigène. Bien au contraire, elle m'a semblé une nécessité de l'existence dans ces régions, où la richesse consiste à avoir beaucoup de femmes, beaucoup d'esclaves, beau-

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