‹ La France au DahomeyChapitre 82 sur 122 · MISSION ET ÉGLISE CATHOLIQUES D'AGOUÉ · texte numérisé non relu

MISSION ET ÉGLISE CATHOLIQUES D'AGOUÉ

cessions. Une longue file de femmes, jeunes et vieilles, circule dans les rues, annonce la pluie, et prévient de se méfier d'hévioso, génie de la foudre. Si le fétiche est irrité et qu'une case ait été brûlée, les mêmes prêtresses se dévêtissent et procèdent à l'élimination des objets imprégnés du fétiche de la foudre et au transport des cadavres dans le lieu destiné à cet office.

Il est interdit de donner la sépulture aux gens qui meurent endettés. Comme les membres d'une famille sont solidaires les uns des autres, ils payent souvent pour pouvoir enterrer leur parent et faire ses funérailles. L'Éoué pense que le mort revient ennuyer le vivant quand il n'a pas été officiellement enterré. En général, on a une grande vénération pour les défunts. Il y a un embryon de croyance à l'immortalité de l'àme, et même à la métempsycose. Tous les ans, quelle que soit sa position sociale, un noir célèbre la fête des morts. N'aurait-il qu'un pagne, il le vendra pour acheter un peu de poudre et du tafia pour faire boire ses amis. Comme il n'existait pas de cimetière avant l'occupation française, on enterrait dans les maisons et l'on creusait même la fosse dans la chambre où l'individu était décédé. On leur laissait des victuailles la nuit pour manger, et l'on allumait des chandelles ou des écuelles en terre remplies d'huile de palme, qui, au moyen d'une mèche de coton, fournit un excellent élément d'éclairage. Il est aussi d'usage que les plus proches parents restent au moins dix jours à pleurer, dormir, manger, et tirer des coups de fusil. On fait exception à la règle pour des gens qui meurent d'une maladie épidémique ou de mort accidentelle, quoique le suicide soit rare. Je n'ai même jamais entendu dire qu'un noir ait mis fin volontairement à ses jours. Ils tiennent au contraire beaucoup à la vie, et recommandent de mettre des cauris dans leur cercueil pour pouvoir vivre encore dans l'autre monde sans avoir besoin de travailler. J'ai assisté à un bout de l'an chez les Malais d'Agoué. Uhalloufa, le

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