‹ La France au DahomeyChapitre 83 sur 122 · BOUT DE LAN CHEZ LES MALAIS DAGOUE · texte numérisé non relu

BOUT DE LAN CHEZ LES MALAIS DAGOUE

seigneur Adriano cla Gloria (sic), se tenait au centre d'un groupe d'éphèbes qui récitaient à voix basse des versets du Coran et la prière des morts. Derrière i les acteurs, sur des piquets, les chapeaux et les pagnes préférés des défunts qui sont censés revivre et assister à la cérémonie. Cette sorte d'évocation des habitants d'outre-tombe est saisissante par sa simplicité.

L'halloufa interroge les âmes : Avez-vous de quoi manger là-bas? Ètes-vous heureux? Que vous faut-il? On raconte ensuite aux vieux parents tous les événements qui se sont produits depuis l'an dernier, on les tient au courant des mouvements dans le personnel de la maison, achat, évasion ou décès d'esclaves, mariages et naissances des gens libres, chiffres d'affaires, etc. Et après la cérémonie sérieuse, le tam-tam reprend, accompagné de coups de fusil' et de libations copieuses, même chez les musulmans.

L'islamisme en Guinée est toujours entaché d'un peu de fétichisme. Les noirs n'adoptent jamais complètement une religion. Ils l'approprient à leurs habitudes, immuables malgré les événements politiques et la fréquentation des Européens.

Dans les rues, comme on travaille peu, hommes et femmes jouent à Yayo à douze trous. La partie se fait à deux. Les joueurs ont vingt-quatre graines qui tiennent lieu de jetons; ils les répartissent par quatre dans les trous, de chaque côté; puis, comme au trictrac, chacun joue avec les graines du vis-à-vis et les porte une à une de gauche à droite. Lorsque les jetons du premier joueur rencontrent ceux du second par deux ou un, il y a prise et le jeu se continue jusqu'à ce que l'un des partenaires n'ait plus de munitions. Autour des joueurs se tiennent des parieurs, des conseillers, des spectateurs oisifs qui suivent attentivement la partie, poussent des exclamations gutturales, font des contorsions des

plus expressives.

A Agoué, le châtiment infligé aux criminels, les pénalités sont très sévères. Quand il y a eu flagrant délit, on empale le condamné. Après un jugement sommaire, on le brûle vif,

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