‹ La France au DahomeyChapitre 86 sur 122 · JEUNE FILLE DE TCUNE · texte numérisé non relu

JEUNE FILLE DE TCUNE

FEMMES EOUES.

simiesques. Les mâles eux-mêmes ont l'air de bêtes; un pagne très court et très sale leur entoure les reins.

Dobo est un grand village. On nous y regarde en sauvages.

Le moindre de nos gestes est curieusement, observé. Les hommes, les femmes, les enfants s'entassent, mais à distance respectueuse, pour nous contempler, et .

à chaque mouvement que nous faisons il se produit dans ce tas un brouhaha, une bousculade du plus haut comique et dont ces gens rient eux-mêmes.

Nous arrivons à Sahoué, résidence du chef de guerre Pobiry, général des Ouatchis, comme disent les interprètes Mensah et Péreira. Hansa Pobiry est un homme de cinquante ans environ; il a l'air intelligent et a cherché pendant la dernière campagne à se rendre utile. Il n'a pu être secondé; ses guerriers, très bruyants, très loquaces en dehors du champ de bataille, se sont montrés pusillanimes dès que M. Audéoud, chef de bataillon d'infanterie de marine, chargé par le général Dodds de faire une diversion dans l'ouest, a voulu les faire marcher à l'ennemi.

Pobiry a un trompette qui souffle dans une corne de bœuf. Il fait toutes sortes de variations ennuyeuses et assourdissantes et ne se tait que quand il est tout à fait épuisé, c'està-dire à la nuit tombante.

Le commandant Audéoud et moi avons assisté le 1 3 septembre 1 892 à un rassemblement de ces fameux guerriers. Dès l'aube, grande animation dans le village. Les Ouatchis arrivaient les uns après les autres, se serrant la main avec frénésie, échangeant le signe de l'amitié : un frottement saccadé de l'index et du médius contre le médius du partenaire, et les saluts d'usage, la kyrielle usitée des génuflexions et des embrassements. Tous ces hommes de guerre avaient chacun leur harnachement complet,: deux kilogrammes d'amulettes sur le corps, des cartouchières, des besaces, une queue de cheval, une dent de panthère, des moustaches de chat-tigre. Au son des pesi et des hong, au bruit des assan, les cours des cases se remplirent et furent vite bondées de visiteurs et de curieux. Le vin de palme coulait à flots, car tous avaient fait beaucoup de chemin et par conséquent devaient

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