‹ La France au DahomeyChapitre 89 sur 122 · A TRAVERS LES FORÊTS · texte numérisé non relu

A TRAVERS LES FORÊTS

Grâce au vieux Kouakou, qui nous prête une pirogue, nous passons le Mono et nous arrivons à la Résidence à 8 heures. Rude journée! Nous marchions depuis 6 heures du matin. Ce sont des étapes qui comptent sous le chaud soleil des tropiques.

J'arrête là mes souvenirs sur les Éoués, qui sont au demeurant de braves gens absolument inoffensifs. Grâce aux armes françaises, ils sont aujourd'hui libres et pourront, au contact des Européens, se développer un peu. Une superstition grossière et la crainte d'être pris comme esclaves les ont longtemps retenus dans leurs forêts épaisses.

Le climat agit sur les individus, les rend mous, impropres à tout acte de fermeté et de volonté. Ils apportent dans leur moindre geste une lenteur désespérante. La nature leur donne tout ce qui est nécessaire à la vie ; pour les faire sortir de leur apathie naturelle et les mettre dans la voie du progrès, il faut que l'Européen qui vient s'enrichir dans ces contrées prenne pour tâche d'exercer son influence sur le moral autant que sur les goûts et les besoins factices de l'indigène.

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