MADAGASCAR
Victor d'Arminel, comme nous l'avons dit dans le cours de «ce volume, avait appartenu à la station navale de Madagascar. Son journal de bord contenait, sous une forme succincte, •des notes très exactes sur la grande île africaine. Nous -croyons devoir les reproduire ici, car elles sont un utile complément de la France au pays noir.
Le percement de l'isthme de Suez a enlevé une notable partie de son importance, comme point de ravitaillement, à Madagascar. Aujourd'hui, nos navires cle guerre ou nos paquebots ne doublent plus le cap de Bonne-Espérance, si justement surnommé le cap des Tempêtes et par les parages duquel, je puis en porter témoignage, les navires dansent singulièrement, bien qu'ayant diminué leur toile. Néanmoins, la grande île africaine est un joyau qu'il ne serait ni bon ni prudent de laisser à la disposition de nos voisins les Anglais, •car elle sert de poste avancé pour nos possessions asiatiques, et elle est rutile voisine de la Réunion en même temps que le centre de nos possessions insulaires éparpillées le long de :ses côtes.
Je ne veux point, dans cette notice, retracer l'histoire complète d'un pays très connu par les relations des mission-
naires, par les récits des voyageurs et par les rapports officiels. Mais une erreur trop commune en France consiste à supposer que, lorsqu'on parle de Madagascar, il s'agit d'une petite île perdue sur le flanc oriental de l'Afrique, et il se trouve des orateurs pour rabaisser ainsi, par ignorance, le prix des conquêtes d'outre-mer qu'au milieu de ses malheurs notre pays a pu conserver. Madagascar a une longueur de 1,500 kilomètres sur une largeur de 500 kilomètres. Sa superficie est d'environ 591,964 kilomètres carrés, sa population d'environ quatre millions d'habitants. Une chaîne de hautes montagnes partage l'île en deux versants, et les fleuves qui y prennent leur source vont se jeter soit dans le canal de Mozambique, soit dans l'océan Indien.
Le plus long cours d'eau, l'Ipoka, passe à Tananarive, et n'a pas moins de 150 lieues de longueur. Le climat, malsain sur les côtes, est très chaud; mais sur les plateaux, notamment sur celui de l'Imérina, la température est moins élevée, et le froid y fait sentir ses rigueurs relatives pendant l'hiver. La végétation est luxuriante sur le versant oriental ; dans l'intérieur, au contraire, le sol rocailleux se trouve à peu près stérile. La flore et la faune ont fourni d'agréables spécimens aux naturalistes. Le café, l'indigo, l'orseille, le copal, la cire, y sont abondants. Le riz, le froment, le maïs, l'orge, la patate, la canne à sucre, le caoutchouc, y viennent très bien, ainsi que la vigne, le figuier, l'oranger, le citronnier, l'arbre à pain, l'ananas, etc. N'oublions pas le tabac et la soie produite par des cocons qui, dit Le Gentil, atteignent la grosseur de la cuisse d'un homme.
Les bœufs y sont très nombreux; c'est de Madagascar que les îles Maurice et de la Réunion tirent leur provision de viande.
La population se compose d'éléments très divers; mais la
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prépondérance appartient aux Hovas, peuplade d'origine malaise, qui, de sa capitale, prétend gouverner l'île entière. C'est avec elle que nous avons traité, et l'instrument diplo-
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